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EMPLOI MÉDICAL DE L'ACIDE CYANHYDRIQUE

L’acide cyanhydrique et les cyanures sont assez souvent employés en médecine. Les formes pharmaceutiques sous lesquelles on administre l'acide cyanhydrique sont très nombreuses. La forme type est l’acide cyanhydrique dit médicinal. Cet acide est préparé de façon à contenir une partie d’acide anhydre pour neuf parties d’eau. Le sirop

cyanhydrique du codex renferme pour 199 grammes de sirop du sucre À gramme de cet acide médicinal. Une cuillerée à bouche de 20 grammes contient donc À décigramme d’acide médicinal ou À centigramme d’acide anhydre. Le sirop cyanhydrique de l’ancien codex renfermait une quantité d’acidecyanhydrique beaucoup plus considérable; 10 grammes renfermaient 1 gramme d’acide médicinal, proportion évidemment trop forte.

L’acide médicinai s’administre aussi en potion ; on commence alors, en général, par une dose de 3 ou 4 gouttes. Cet acide est d’une conservation difficile, lorsque l’on n'a pas employé les précautions indiquées par M. Gautier, et sur lesquelles nous avons insisté précédemment. S'il est ancien, on doit s'assurer de son titrage exact, en suivant un des procédés décrits dans cette thèse.

On emploie souvent, au lieu de l’acide cyanhydrique médicinal, l’eau distillée d'amandes amères, et surtout l’eau distillée de laurier-cerise. Cette dernière préparation, plus facile à obtenir que l’acide cyanhydrique, a l'inconvénient d’être d’un dosage beaucoup moins exact. [l est bon, pour faciliter sa conservation, d’ajouter une goutte d’acide sulfurique par 50 grammes environ.

La dose usuelle est de 4 grammes.

Les huiles essentielles de laurier-cerise, d'amandes amères, sont d’un emploi moins fréquent.

Leur activité est beaucoup plus grande; elle varie, du reste, beaucoup suivant les échantillons; on a trouvé dans l'huile essentielle d'amandes amères de 8,5 (Schræder) à 14,33 p.100 (Goppert) d'acide cyanhydrique.

Les feuilles de laurier-cerise, les amandes amères, sont

parfois données à l’état frais. Pius rarement on les donne

sous forme de poudre, d'extraits ; ces deux préparations

sont, du reste, fort défectueuses et ne présentent aucune constance.

Les amandes amères servent aussi à faire des cataplasmes, des pâtes; elles entrent dans la composition des loochs et du sirop d’orgeat. Nous avons insisté déjà sur le dédoublement de l'amygdaline.

Parmi les cyanures, le plus employé est le cyanure de potassium. On le donne à l’intérieur à la dose de 0 gr. 05, A l’extérieur, on l’a souvent employé en solution alcoolique, pour imbiber des compresses que l’on applique directement sur la peau. Dans certains cas, on l’a mis aussi en contact à l’état pulvérulent, avec le derme dénudé; son emploi est alors dangereux, car il produit de véritables eschares.

Le cyanure de zinc, le cyanure de mercure, le bleu de Prusse, sont d’un usage beaucoup plus rare. On les a aujourd’hui presque entièrement abandonnés.

L’acide cyanhydrique a été essayé dans beaucoup de maladies. On l’a préconisé contre les maladies incurables, mais le résultat n'a pas répondu aux espérances que faisait naître l'énergie de son action physiologique. Dans la rage, l’épilepsie, le tétanos, le cancer, la phthisie, il a absolument échoué. [l n’en a pas moins une utilitéréelle comme sédateur du système nerveux dans un certain nombre d’affections.

Chez les aliénés, particulièrement chez ceux qui sont atteints de manie aiguë, il domine la surexcitation et facilite le sommeil. Il calme la toux, d’origine nerveuse, comme celle de la coqueluche et celle de l’hystérie. Il combatutilement les vomissements nerveux. On l’a conseillé surtout contre;les névralgies. L'application decompresses imbibées de cyanure de potassium en solution alcoolique, paraît avoir donné de bons résultats. Trousseau

rapporteavoir guéri unesciatique en se servant de cyanure en poudre.

L’acide cyanhydrique, employé localement, exerce égalem:nt une action calmante sur les douleurs qui accompagnent certaines maladies de la vue, entre autres le glaucome et l’iritis. Il apaise les démangeaisons qui rendent si pénibles beaucoup d’affections cutanées ; c’est un des meilleurs remèdes contre le prurit vulvaire. Il aurait même pu faire disparaître , suivant certains auteurs, les douleurs occasionnées pal un cancer.

Quant aux autres emplois de lacide cyanhydrique, comme anthelminthique, etc ….; à l'emploi du bleu de Prusse comme fébrifuge, nous ne croyons pas devoir nous y ar-

rêter.

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