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RECHERCHE DE L’ACIDE URIQUE

On peut reconnaître l’acide urique soitau moyen du microscope, soit par l'analyse chimique. La recherche au moyen du microscope est assez délicate.

La forme fondamentale des cristaux est le prisme droit, facile à reconnaître; mais souvent ces prismes se groupant entre eux donnent des formes dérivées, arrondies,ellipsoïdes, cylindriques, qu'il est presque impossible de rapporter autype primitif. C’est surtout dans les urines très chargées d’urobiline, de pigment biliaire, que cette difficulté se rencontre. Les cristaux se présentent alors sous Îles aspects les plusbizarres, lames d'épées, gerbes, rosaces, etc. Parmi ces aspects anormaux il en est deux qui sont au point de vue clinique intéressants à connsître. Lorsque les cristaux sont en longues tiges fines déliées, on peut soupçonner l'existence de la diathèse goutteuse; lorsqu'ils ont la forme de clous, de stalactites, d’épines, il est fort à craindre que la personne dont on examine le sédiment urinaire soit affectée de gravelle urique.

La couleur des cristaux peut varier comme leur forme; ils sont en général plus ou moins colorés en brun par la matière colorante de l’urine et ne perdentcette teinte brune que très difficilement. Mais parfois, surtout en été et dans les urines de densité faible, ils peuvent être parfaitement incolores ou transparents.

Dans les cas où, par suite de la forme anormale des cris-

taux, on serait embarrassé pour reconnaitre r’acide urique, Neubauer (Neubauer et Vogel. De l'urine et des sédiments urinaires, trad. de L -A. Gautier, Paris, 1877) recommande Je procédé suivant. On dissout, au moyen d'une goutte de potasse, la petite quantité de matière placée sur l’objectif. On précipite de nouveau par une très faible quantité d’acide chlorhydrique. Les cristaux se montrent alors sous la forme typique de tables ou de fuseaux.

Ce procédé est très ingénieux, mais la réaction caractéristique de l’acide urique est si simple que nous croyons que l’on devra y recourir toutes les fois que la forme cristalline ne sera pas absoiument nette.

Cette réaction a été indiquée pour la première fois par Scheëèle (Scheèle. Mém. de chymie, t.1,p.201, Dijon, 1785). Pour l'obtenir, on chauffe dans un verre de montre une petite quantité de la substance à examiner avec de l'acide azotique étendu de son volume d’eau. À mesure que l’acide s’évapore, on voit le mélange prendre une coloration jaune clair, puis rouge-minium, qui est déjà une indication pour un œil exercé. Si alors on soumet le résidu à l’action des vapeurs ammoniacales, il se produit une coloration pourpre caractéristique. Cette coloration est due à la murexide qui se forme par suite de l’action de l’ammouiaque sur l’alloxane formée elle-même par l’ébullition de l’acide urique avec l'acide azotique.

Pendant longtemps on a cru cette réaction particulière à l’acide urique. On sait aujourd’hui que la cholestérine et la caféine peuvent dans les mêmes conditions donner une réaction à peu près analogue. Un moyen très simple permettra d'éviter toute erreur, En traitant le résidu de l’évaporation non plus par les vapeurs d’ammoniaque, mais par lä potasse ou la soude, on a avec l’acide urique une coloration bleue. Il ne se produirait au contraire aucun change-

ment de coloration, si la matière traitée par l'acide azotique étaif formée de cholestérine ou de caféine. La cystine portée à l’ébullition avec l'acide azotique prend aussi une ‘couleur rouge brun, mais cette couleur n’est pas modifiée par l’action des vapeurs ammoniacales; iln'y a donc aucune erreur à craindre de ce côté.

Dans ces dernières années, M. Hardy (Comptes rendus de l'Académie des sciences, LVIIT, p. 911) a montré que J’on pouvait au lieu d’acide azotique employer, pour pro= duire l’alloxane, le chlore, le brome ou l’iode, mais cette substitution n'aurait aucun avantage pratique. Avec le procédé ordinaire, on arrivera toujours à de bonsrésultats. On ne peut se trouver embarrassé que lorsque l’acide urique est très impur, contient beaucoupdepusetde matières organiques. Mais,même dans ce cas, il suffit de laver, avec un peu d’eau acidulée d’acide acétique, la matière à examiner, d'employer un peu plus d’acide azotique pour que Ta coloration se produise avec la même netteté.

Si la coloration pourpre reste un peu douteuse, on peut recourir aux réactions propres à la murexide, Cette substance prend avec le bichlorure de mercure une teinte fleur de pêcher; avec l'azotate d’argent une teinte violet foncé.

Il faut pour bien obtenir ces deux teintes chasser soigneusement l’ammoniaque en excès.

Une fois que l’on a constaté la présence de l’acide urique,on peut rechercher si cet acide urique est à l’état libre ou s’il est combiné avec une base, et dans ce cas quelle est cette base. .

Pour distinguer les urates de l’acide urique, il suffit de les traiter par l’eau bouillante; ils s’y dissolvent tandis que l'acide urique y est à peu près insoluble. Pour déterminer la base, on a recours aux procédés chimiques habituels.

Nous ferons d’ailleurs remarquer qu’au point de vue clinique, cette recherche n'offre que peu d'intérêt. Il est nécessaire de distinguer la gravelle urique de la gravelle phosphatique et oxalique, parce que chacune de ces maladies a une étiologie particulière et nécessite un traitement différent.Ilimporteau contraire fort peu au médecin desavoir si l’acide urique est libre ou combiné.Ajoutons que presque toujours les calculs et les sédiments sont formés à la fois d'acide urique et d’urates, ce qui contribue encore à rendre la détermination inutile.

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