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MM. Loir et Drion ont liquéfié le cyanogène en le faisant passer dans un tube entouré d’éther que l’on évaporait rapidement aumoyen d’une insufflation d'air; le gaz passait à l’état liquide d’après MM. Loir et Drion à la température de 22%. Suivant A. W. Hoffmann cette liquéfaction a lieu à 21°. (Berichte der deutschen chem. Gessellsch, 1870, p. 663.)
Cyanogène solide. — Si l’on continue à abaisser la température du cyanogèneliquide, on le voit passer rapidement à l'état solide. Il se présente alors sous la forme d'une masse radiée ayantune apparence cristalline et fondant à — 340,4.
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Action de l’étincelle électrique.— Lorsque l’on fait passer des étincelles électriques dans une éprouvette remplie decyanogène, en employant le dispositif si commode de M. Berthelot, il se produit une vive lueur, le carbone se précipite sur les parois de l’éprouvette, et il reste de l’azote.
Si l'expérience dure environ quinze minutes, la décomposition est complète et le gaz n’a pas changé de vo- Jume. (Andrews et Tait. Journ. of the chem. Soc.,t. XIV, p. 361 et Ann. de chim, et de phys., t. LXII, p. 110.)
Lorsque l'on opère, non plus sur du cyanogène pur, mais sur un mélange d'hydrogène et de cyanogène, il se forme par l’action de l’étincelle électrique de l'acide cyanhydrique que l’on peut caractériser en le transformant en bleu de Prusse.
C’est au moyen de cette réaction importante que M. Berthelot a pu reconnaître dans l’analyse des gaz tous les composés azotés. Si l’azote pur se trouve en présence d’un carbure d'hydrogène, ce carbure fournira sous l’action de l'étincelle électrique de l’acétylène qui s’unira à l’azote pour donner de l'acide cyanhydrique. Si l'azote est à l’état de combinaison carbonée volatile, il fournira encore, en présence de l'hydrogène, par combustion incomplète, une certaine quantité d'acide cyanhydrique. Nous avons indiqué plus haut, à propos de la synthèse du cyanogène, les précautions employées par M. Berthelot pour déceler des traces d’acide cyanhydrique.
L’effluve à forte tension transforme le cyanogène en paracyanogène, ainsi que l’a observé M. Berthelot. (Essai de mécanique chimique, t. IT, p.373.)
Action de lachaleur.— Ie cyanogène doit être porté à une température très élevée pour se décomposer. MM. Buff et Hofmann, en maintenant un fil de fer rougi par un cou-
rant électrique dans 50 centimètres cubes de gaz cyanogène, sont arrivés dans l’espace d’une demi-heure à décomposer ce corpsen ses éléments. (Ann. der chem. und pharm., t. CXIII, p. 129.) Cette action se produit du reste beaucoup mieux par la haute température que fournit l’étincelle électrique, ainsi que nous l’avons vu plus haut.
Paracyanogène. — Mais il est une transformation polymère produite par l’action d’une chaleur modérée sur le gaz cyanogène, transformation curieuse sur laquelle nous croyons devoir insister.
Le cyanogène, comme la plupart des composés de la série cyanique, se polymérise avec la plus grande facilité.
Lorsque Gay-Lussac découvrit le cyanogène en dédoublant le cyanure de mercure par la chaleur, ilfit mention d'une matière couleur de suie, aussi légère que du noir de fumée, qui restait comme résidu.Son poids pourune quantité de cyanure de mercure qui avait donné 3 litres de gaz était d'environ 0 gr. 25, Brûlée avec de l’oxyde de cuivre, cette substance a fourni de l’azote et de l’acide carbonique dans des proportions qui se rapprochent du rapport en volume de 1 à 2. (Loc. cit., p. 182.)
Gay-Lussac ne poursuit pas plus loin cette étude; il semble qu'il ait pressenti la difficulté de cette question à une époque où elle était encore presque impossible à résoudre, et il continue l'étude des composés de l'acide cyanhydrique en y apportant ses vues claires et savantes.
Johnston (Ann. der chem. und pharm., t. XII, p. 280.) reprend cette étude du paracyanogène, montre qu'il n’est ni fusible, ni volatil, qu’il se dissout dans les acides concentrès d’où l’eau peut le précipiter, qu’il brûle à l'air à haute température et il croit trouver, au milieu de cette substance noire et amorphe, plusieurs corps déterminés.
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= Brown (Traité de chimie de Berzélius, 2°édition française 1845, t. I, p. 321.), opère la décomposition du cyanure de
mercure au rouge sombre,sous une forte pression, dans un
canon de fusil obstrué par un tampon de plâtre. Dans ces
conditions, la vapeur mercurielle traversait la masse po-
reuse de plâtre et le paracyanogène restait dans le tube.
Brown a prétendu que ce cyanogène chauffé au rouge blanc dans un vase donnant issue au nitrogène, sans qu’il puisse y avoir renouvellement d’air, se racornissait et abandonnait du nitrogène en laissant à là fin une masse noirâtre agglomérée, qui, après le refroidissement, n'était plus du charbon, mais du silicium.Et Berzéliusajoute: jusqu’à présent la métamorphose de ce charbon dans le radical de l’acide silicique n’a réussi à aucun autre chimiste.
Thaulow (Journ. fur prakt.chem., t. XX XI, p. 226.) obtintle paracyanogène par la décomposition du cyanure “d'argent par la chaleur. Il admit que la moitié seulement du cyanogène se dégageait et que le gaz ainsi obtenu était un isomère du cyanogène de Gay-Lussac et avait des propriétés physiques et chimiques différentes.
Comme on peut le voir, à mesure que l’on s'éloigne du mémoire de Gay-Lussac,la question se complique et devient de moins en moins claire. Nous laisserons de côté les recherches de Liebig, de Rammelsberg, de Delbruck, de Spencer, et nous arriverons à l'important mémoire de MM. Troost et Hautefeuille sur ce sujet (Annales de l'École normale, 2° série,t. II, p. 253, année 1873).
Pour préparer le paracyanogène, MM. Troost et Hautefeuille chauffent du cyanure de mercure pendant vingtquatre heures en tubes scellés à la tempèrature de 440°. Les 40/100 environ du cyanogène passent à l'état de paracyanogène.Puis, pour débarrasser ce corps du mercure qui s’y trouve intimement mélangé, ilsle chauffent 440°dans un
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courant de gaz cyanogène. Ce mode depurification du paracyanogène par voie sèche, et à une température peu élevée est préférable au procédéordinairede purification par l’acide sulfurique.et calcination au rougesombre, car le paracyanogène.est un corps poreux et très hygrométriqne qui retient énergiquement tous les réactifs avec lesquels on le met en contact.
Ce paracyanogène est soumis à l’action de la chaleur dans des tubes en verre de Bohême que l’on met à l’aide de tubes capillaires de cuivre et d'un robinet trois voies, en communication avec un manomètre et une machine pneumatique de Geissler. Cette disposition permet de mesurer la pression du cyanogène, de faire le vide au début de l'expérience, et d'extraire le gaz produit pour en constater la pureté.
Si dans cet appareil on porte le paracyanogène à la température de 440°, la pression ne varie pas sensiblement, mais aussitôt que l’on dépasse 500°, on voit pour chaque températurelemanomètreindiquer une pression constante. Cette pression va en croissant avec la température. Ce fait est mis en évidence par les chiffres suivants, tirés du mémoire de MM. Troost et Hautefeuille.