ACIDE CYANHYDRIQUE
C?AzH. — Ce composé qui semble avoir été connu dans l'antiquité a été en réalité découvert par Scheele en 1780 (Scheele, Opuscula, ‘‘t. AT, p. 148). Il Fut étudié par Berthollet (Annales de chimie, t. I, p. 30), qui prouva qu'il ne contient pas d'oxygène, ensuite par Proust et Itner (Proust, Annales de chimie, t. LX, p. 185 et 225. — [tner, Beïîtrage zur Geschichte der Blausaure, 1809); mais c’est Gay-Lussac qui, en 1811, l’obtint le premier anhydre, donna sa composition et en fit connaître les propriétés. (Gay-Lussac, Ann. chim. (2), t. LX XVII, p.128).
Préparation. — Gay-Lussac a indiqué le procédé suivant pour obtenir l’acide cyanhydrique. Au col d’une cornue tubulée, destinée à recevoir un mélange de cyanure de mercure et d’acide chlorhydrique, est adapté ua tube horizontal d'environ six décimètresde longueur.et d’un centimètre et demi de diamètre intérieur. Le premier tiers du tube tenant au col de la cornue est rempli de petits morceaux de marbre blanc, pour retenir l’acide chlorhydrique qui pourrait se dégager, mais qu’il faut tâcher d’éviter : les deux autres tiers contiennent du chlorure de cal-
ON — cium fondu égalementen petits morceaux,afin de condenser l’eau qui pourrait être mêlée avecla vapeur d’acide cyanhydrique. À l'extrémité de ce tube est adapté le petit récipient, destiné à recueillir l’acide. Il est nécessaire. de l’entourer d'un mélange frigorifique ou au moins de glace, pour qu’il en échappe moins à la condensation.
L’acide cyanhydrique se dépose ordinairement dans la première portion du tube sur le marbre: mais, avec une chaleur modérée, on peut lui faire parcourir successivement toute la longueur du tube, le laisser plus ou moins de temps en contact avec le chlorure de calcium, et enfin le faire passer dans le récipient. Il faut employer l’acide chlorhydrique concentré eten quantité inférieure à celle qui serait nécessaire pour décomposer tout le prussiate de mercure ; on peut utiliser le résidu en y ajoutant une nouvelle quantité d'acide chlorhydrique pour préparer une solution aqueuse d’acide cyanhydrique.
L'étude de cette préparationaété reprisepar MM. Bussyet Buignet, qui ont proposé d’ajouter un équivalent de chlorhydrate d’ammoniaque au cyanure de mercure. Cette addition a pour but de former avec le sublimé corrosif produit une combinaison stable qui en isolant le bichlorure de mercure l’empêche de fixer une portion de l’acide cyanhydrique produit (Journal de pharmacie et de chimie t. XLV, p. 292, et Ann. chim., 4e s., t. TITI, p. 233).
L’acide ainsi obtenu n’est pas complètement pur;M. Arm. Gautier a démontré que le produit préparé par la méthode de Gay-Lussac ne renfermait que 99,10 à 99,20 pour cent d’acide anhydre (Des nitriles des acides gras, par M. Arm. Gautier. Annales dechimieet de physique. 4°série, t. XVII, p. 203. 1869).
On peut encore obtenir l'acide cyanhydrique anhydre en décomposant le cyanure de mercure ou mieux le cyanure
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d'argent parfaitement desséché par un courant d'hydrogène sulfuré.
Le meilleur procédé consiste à traiter le ferrocyanure de potassium par l'acide sulfurique. Voici les précautions que l’on doit prendre dans cette préparation. Dans une cornue tubulée munie d’un tube desûreté on place : sable siliceux, 4 parties; cyanure jaune en poudre, 10 parties ; eau 44 parties préalablement mélangées à 8 parties d’acide sulfurique ordinaire. Un long et large tube incliné, adapté au col de la cornue, permet à l’acide cyanhydrique de se dégager, tandis qu'il laisse s’écouler sans cesse dans la cornue les parties moins volatiles. L’acide est reçu ersuite sur une longue colonne verticale de chlorure de calcium, et vient se rendre dans un récipient à deux tubulures, placé dans l’eau tiède, contenant lui-même un peu de chlorure de calcium fondu. Enfin un dernier tube le conduit dans le récipient placé dans la glace. Il est bon de chauffer à la fin de l'opération toute la colonne de chlorure de calcium : elle retient une notable quantité de gazcyanhydrique qui semble contracter avec lui une combinaison instable que l’eau et la chaleur détruisent. On s'arrête quand le haut de la colonne à chlorure de calcium commence à s’hydrater. On obtient ainsi 18 parties d’acide anhydre pour 100 de cyanure jaune employé (Arm. Gautier).
Synthèse.— Clouet (Ann. de chimie, 1re sér., t. XI. p. 30) réalisa le premier la synthèse de l’acide cyanhydrique en dirigeant an courant d’ammoniaque sur du charbon porté au rouge. |
C'+2Az H°=—C'AzH, Az H'HH!,
Nous sommes entrés du reste dans les détails de la synthèse de l'acide cyanhydrique à propos de celle du cyanogène (voir page 12).
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Analyse. — Ia composition de l’acide cyanhydrique a été déterminée par Gay-Lussac au moyeu de l’eudiomètre en se servant d’un mélange maintenu vers 25° d'oxygène et de vapeurs d'acide cyanhydrique. Ce mélange détone sous l’action de l'étincelle électrique.
On peut aussi faire passer un poids connu de vapeur cyanhydrique sur de l’oxyde de cuivre porté au rouge. Le charbon donne de l’acide carbonique, l'hydrogène de l’eau et le gaz azote est recueilli. Du poids de ces différents corps on déduit la composition représentée par la formule CiAZH.
La considération des densités montre que l’acide cyanhydrique est composé de volumes égaux de cyanogène et d'hydrogène unis sans condensation. Si l’on ajoute en effet.
à la demi-densité du cyanogène. . . . . . 0,9030 la demi-densité de l'hydrogène. . . . . . . 0,0346 OAI NE OO RC is rat ren nc cr 0.9376
qui diffère peu de la densité trouvée pour l'acide cyanhydrique.
Propriétés.— L'acide cyanhydrique pur cristalli se â—14 et bout à 26°,1 ; c’est un liquide incolore, d’une odeur d’amandes amères, inaltérable à l’air et à la lumière; ses cristaux sont nacrés, translucides ou transparents, comme cireux ; ils se tordent sans casser, à la façon d’une feuille d’étain. On peut obtenir des cristaux de 3 à 4 centimètres de longueur enchevêtrés comme les cristaux de bisulfite de soude.M. Gautier pense qu'ils appartiennent au système du prisme droit à base rhombe.
À 7°, la tension de vapeur de l’acide cyanhydrique anhy-