POUR LE LUNDI
PE LA TROISIEME SEMAINE
DE CARÊME
LA. FAUSSE CONSCIEIVCE (*).
Cura le . ipsum.
Commence par te guérir loi • même. Evang. de ce jour. S, Luc* Ch. 4.
ADAME,
Autant nous sommes clairvoyans et rigoureux sur les défauts d'autrui,
(^*) Serniou prêché devant la Reine.
autant nous sommes aveugles et indulgens pour les nôtres. C'étoit là le vice ordinaire des Pharisiens et de' ces faux zélateurs de la loi, toujours armés d'une sévérité implacaMe contre ce qui n'étoit pas leur ouvrage, .toujours s'admirant eux mêmes avec la plus afiectueuse complaisance, aimant à se tromper eux-mêmes, et croyant vivre selon les règles de la justice , quand ils violoient la première de toutes , celle de se connoilre soi-même.
S'il est dangereux de marcher dans les ténèbres, parce que, selon l'expression de Jésus -Christ , on ne sait où l'on va , Qui ambulat in tenebris f nesc't quo vadat , [Jo.
XII. 35.]; à plus forte raison sontelles redoutables , ces ténèbres volontaires, à la faveur desquelles on se dissimule ses propres égare mens! Et ce sont, mes chers Au-
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diteiirs, les ténèbres afifectées de la fausse Conscience, que tant de Pécheurs opposent aux lumières d'une Conscience droite , et qui leur dérobent la vue eflVayante de l'éternel abîme auquel ils vont aboutir Mais, si c'est là un malheur bien déplorable , il n'en est pas moins vrai qu'il est des plus communs. On est quelquefois étonné de voir si peu de rapport entre les sentiraens et la conduite; de voir des hommes qui, d'une part, font profession de Christianisme, et qui, de l'autre , se permettent un genre de vie si peu chrétien; de voir les préceptes généraux de la Religion ouvertement reconnus par plusieurs, et par ceux-là même les difféi*entes règles de la Peligion si peu suivies. Et ce qu'il y a de singulièrement étrange en cela, c'est
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qu'on ne pense point à se le reprocher; c'est qu'au lieu de se le reprocher , on l'autorise , on le justifie, on l'approuve. C'est qu'on se fait sur cela son plan de vie, son système , ses principes ; c'est qu'on ne met pas au nombre des erreurs, celles qu'on goûte, qu'on adopte, et qu'on soutient. D'où peut venir cette contradiction ? C'est qu'on croit répondre à tout , en disant : ma Conscience est tranquille. Comme s'il n'y avoit pas une fausse tranquillité, ainsi qu'il y a une fausse Conscience; comme si le châtiment le plus terrible de la fausse Conscience n'étoit pas cette malheureuse route dont parle l'Ecriture, qui paroît droite aux veux des hommes , tandis qu'elle conduit k la mort , Est via cjaœ videiur homin'hus recia ; novissi'
ma aufem ejus ducunt ad mor~ iem. [Prov. XVI. 2.5.]. Puisse - je contribuer à prévenir un si funeste égarement , en vous exposant d'abord coramenl se forme la fausse Conscience j première Partie : en vous montrant ensuite combien il est essentiel de réformer la fausse Conscience j seconde Partie. A^^e Maria.