XVI
Effrayante et funeste sécurité dans laquelle un Péclieur s'endort pendant la vie , et avec laijuelle il arrive au dernier moment! Cette même Conscience, que Dieu lui avoit donnée pour le garantir de l'abîme , le voile à ses yeux , et concourt à l'y précipiter. Ah ! quand il touche au fatal instant qui va l'ouvrir, quelle redoutable lumière ! Les ombres de la mort produisent un effet bien différent de celui des ténèbres de la Conscience. Alors la vérité la frappe, elle brille dans tout son éclat, elle reprend tous ses droits. Mais qu'il est terrible de ne se réveiller qu'au bruit de la Justice divine , et de ne découvrir ses
erreurs qu'au grand jour de l'Eter* nité î
Prévenez ce malheur, mes Frères , et que le fruit solide de ce Discours soit de rectifier votre Conscience. A l'exemple du Prophète , méditez la loi dans vos cœurs, sondez tous les replis de votre ame. Rapprochez vos âmes des préceptes du Seigneur, examinez-en les motifs, et, selon le conseil de S. Chrysostôme, qu'elles soient journellement écrites dans votre Conscience , pour être habituellement sous vos yeux. N'ajoutez pas à la loi par l'excès de vos frayeurs; mais méfiez-vous de tout . intérêt de passion qui veut affoiblir la loi. Puisqu'on l'enfreint par la négligence à s'en instruire, que la connoissance exacte de vos Revoirs vous dispose à les remplir,
Dans roLligatioii detre juste aux yeux du Seigneur est visiblement renfermée celle d'étudier les voies de la justice chrétienne. Vous trouverez aisément, dans les conseils d'autrui , de quoi aider vos propres lumières et fixer vos incertitudes. Cherchez , avec franchise, la vérité auprès de ceux qui renseignent. Qui viam Dei in veriiate doces. [Math. xxn. 6.].
Seuls ils méritent votre confiance.
Cherchez la vérité avec cette générosité qui ne désire de l'entendre que pour la suivre , Si erravl, doce me [Job. xxxiv. 52.]. Loin de vous celte témérité qui se rassure sans motif, et qui n'a pour motif que la déplorable envie de se rassurer, A l'exemple de Job, craignez toutes vos actions , non par une scrupuleuse timidité que
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tcul alaniie, mais par une sage circonspeclion qui se précautionue.
Il est des doutes qui font partie de la science du salut. La prudence les forme, la discrétion les pèse, l'humilité en demande la décision. Malheur à ceux en qui la seule audace les résout î Si l'exemple peut vous régler, que ce soit l'exemple de ceux qui ont pour règle la vertu; et si, comme il arrive quelquefois, la vertu se dément, souvenez-vous que ses principes ne varient jamais; et que des écarts , produits par la foiblesse dés hommes , ne sauroient auto-n riser ceux que condamne la sainteté de la Religion.
Réunissons tout en un seul mot:
Formez , pendant la vie , votre Conscience telle que vous voudriez la trouver à la mort. Jugez-vous,
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pendant la vie, comme vous vous jugerez à ce moment terrible où.
il n'y a plus d'illusion, où le Juste lui-même s'inquiète de ne l'avoir pas été assez ; où le Pécheur regrette bien davantage tant de momens perdus pour la pénitence et pour l'Eternité.
Compliment à la Reine,