‹ SermonsChapitre 14 sur 24 · MADAME · texte numérisé non relu

MADAME

C'est en soutenant vous - même la vérité de ces grands principes , par l'efficacité de l'édification , que Votre Majesté répondra aux grands desseins du Seigneur sur vous. Le Dieu , qui rapporte tout à sa gloire, verra avec complaisance que vous fassiez seryir à l'empire de la vertu celui

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que vous avez acquis sur les sentimens de la Nation.

Vous y êtes venue , Madame , associer la gloire du troue des Césars aux splendeurs de la plu»

florissante couronne du Monde. Vous avez cimenté l'alliance heureuse qui, par les nœuds de la paix , remplaçoit déjà les eflbrts de la puissance.

La France s'applaudit de voir dans vous la digne héritière de l'auguste Souveraine , qui sut mériter la tendresse de ses sujets , et l'admiration de ses ennemis, réunir aujourd'hui tous les droits aux sentimens de son respect et de son amour. Vous relevez à ses yeux le prix de la grandeur , par la bonté qui en tempère l'éclat; et il seroit difficile de peindre celui dont vous avez frappé les peuples, quand ils vous ont vue, dans di-

Terses circonstances, si généreusement attendrie , aussitôt que par* venoit jusqu'à vous la voix des malheureux.

Celte sensibilité touchante que vous avez placée avec vous sur le trône, celle noble affabilité qui en facilite l'accès , cette libéralité naturelle qui veut en faire la source des bienlaits , voilà. Madame, dans les qualités personnelles que Votre Majesté ajoute aux prérogatives de la royauté , le titre des devoirs pressans que la Providence vous impose, et l'étendue des moyens qu'elle vous fournit de contribuer au salut, et par là au vrai bonheur d'une Nation, qui se félicite de vous posséder.

Non, Madame, vous n'aurez pas seulement le droit de commander la vertu, vous y réunirez le pri-

vllége de la faire aimer. Aussi puissante cjue l'autorité qui exige, la persuasion invitera à marcher sur vos traces, et l'expression vive de rempressemeut avec lequel on met sa gloire à les suivre , annonce k Votre Majesté, l'impression forte que ses exemples feront sur ses Peuples.

Tl est donc bien digne de vous , Madame, d'être toujours animée de cet esprit de Religion et de piété , qui dirigea vos augustes a jeux , et de montrer au Monde , selon les vues de Dieu, com^ ment du sein même des grandeurs dont il fait jouir sur la Terre, on peut et l'on doit aspirer au bonheur dont il couronne dans le Ciel.

C'est dans la vue de la mort qu'on puise la véritable science de

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