Vous avez un rang; eh bien
soutenez -en les prérogatives, vous le pouvez. Quel que puisse être voire rang, vous y portez la qualité de Chrétien; voilà votre premier litre, voilà le titre que toujours et par dessus tout vous avez à soutenir; c'est à vous que Jésus- Christ commande, Ego aufeni dico vobis. f Ib. 59.].
Il en l'ésultera donc une plus grande facilité à me nuire? Votre propre sûreté: second prétexte qui, à vous entendre, feroit soupçonner la Religion de servir de bouclier aux méchans, et de favoriser leur
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méchanceté. Or, sans m'arréter à vous dire que la patience seroit peut-être pour vous la défense la plus sûre 3 sans vous faire remarquer, avec le Sage, que la douceur est la digue la plus forte contre le torrent de la colère 3 sans m'appuyer de l'expérience , pour vous convaincre, que la bonté a pacifié plus de coeurs, que la vengeance n'en a désarmés ; quoi de plus facile que de confondre la fausse conséquence que vous tirez de la loi, pour en colorer l'infraction? Ecoutez, je vous prie.
Je vous conseille, il est vrai (c'est simplement un conseil), de porter la générosité jusqu'à ne vous venger d'une injure, que par la disposition à en pardonner une nouvelle 3 conseil dont la perfection s'est réalisée plus d'une fois à la gloire du Christianisme j conseil, par la perfection
DES INJURES. 3lJ
duquel on a vu des Saints arriver promptement à celle de toutes les Tertus; conseil qui, suivi dans toute sa perfection, seroit capable de faire tomber à vos pieds l'ennemi le plus dangereux , pour peu qu'il lui reste encore dans le coeur de généreux sentimens. Mais, parce qu'il est des hommes qui sont le fléau et l'opprobre de l'humanité; des hommes ^n qui la noirceur de leur propres vues paroît ne plus laisser d'entrée aux impressions des plus éclatantes vertus d'autrui ; parce qu'il est des ennemis auxquels on ne peut échapper que par la supériorité de la résistance, la Religion ne vous défend pas de vous prémunir pour assurer vos droits; mais elle vous interdit l'animosité qui corrompt la légitimité de vos défenses. Elle n'exige pas que vous renonciez à vos justes pré-
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lentions; mais elle veut vous arraeher à la haine qui les exagère.
Elle ne \ous fliit pas un précepte de céder tout à celui qui veut tout ravir j mais elle vous fait une loi de la modération qui doit prGc;ider à la sûreté de vos possessions. Elle vous permet de vous mettre à l'abri des pièges et des insultes d'un ennemi, mais elle vous défend de haïr sa personne; et si, par une supposition que je ne fais ici que pour vous marquer plus clairement vos devoirs-, il pouvoit arriver que vos intérêts temporels ne pussent se soutenir qu'en détruisant, dans vous, les sentimens de la Charité, la Charité devroit l'emporter, et, à ce grand bien, faire céder tous les autres.
Eh ! que ne peuvent ces maximes, tout- à -la- fois si raisonnables et si saintes , diriger l'éclaircisseraent
de toutes les contes talions ! On ne veiToit pas (comme on gémit tous les jours d'en être témoin ) les coeurs aliénés aussitôt que les intérêts sont différens. Mais on verroit des Frères , en soutenir le titre , en même temps qu'ils font examiner paisiblement celui qui décide de l'héritage; des Citoyens, demeurer unis, lors même que leurs droits sont opposés. On défêndroit sa cause, sans que l'aigreur vînt à son appui. L'autorité des Juges régleroit les biens j l'autorité de Dieu régleroit les cœurs.
Je vous préviens, Chrétiens auditeurs, vous avez déjà pardonné plus d'une fois; qu'en est-il arrivé? Votre ennemi a su tourner contre vous les effets même de votre bonté.
Eh bien ! il dépend de vous de faire .servir. à votre avantage sa propre malignité, en même temps qu'il
VOUS est permis de vous précauîionner efficacement contre elle; et Dieu, qui ne vous autorise point à compter pour mettre des bornes à l'accomplissement de vos devoirs , ne sera que plus touché de votre fidélité et de votre constance à les remplir. Que cet ennemi vous paroisse donc indisne de tonte erâce, et qu'à parler humainement il n'en mérite en effet aucune: car, c'est ici le troisième prétexte que j'attaque; que vous n'aperceviez dans lui ni changement ni retour; il n'en est pas moins vrai que la loi du pardon vous oblige toujours et vous presse.
Ah ! sans doute vous pardonneriez sans peine à celui en qui vous verriez d'une manière distincte le sincère désaveu de la conduite cpi vous irrite, et qui vous le témoignei'oit humblement. Et, sur ce
point, c'est à vos coeurs que je m'en rapporte, seroient - ils humains, si la douleur ne pouvoit pas les fléchir, si la compassion ne pouvoit pas y trouver accès , si la fureur ne pouvoit pas s'y éteindre? Et faudroit-il l'ordre exprès du Christianisme, où suffiroit seule la voix de l'humanité? Mais si vous ne lisez pas dans le cœur de votre ennemi ce qui seroit capable de toucher le vôtre; vous lisez dans le coeur de Dieu ce qui doit vous déterminer. Votre ennemi ne mérite rien; mais Dieu mérite tout ! C'est par l'ordre de Dieu , et c'est en vue de Dieu qu'il faut pardonner.
Et c'est ainsi, Chrétiens, que je réponds en deux mots au dernier prétexte que vous fournit l'excès de vos répugnances. Qu'il soit ordinaire de les éprouver, qu'il en 5. 14^
3Ci2 SUR LE PÀRDOîf
coûte pour les vaincre , qu'il faille des eflbrts et de grands efforts pour les surmonter, je ne le dissimulerai pas: Mais je ne dirai pas, comme vous^ qu'elles sont plus fortes que vous. Ah! Chrétiens, qui nous tenez ce langage,, auriez vous donc oublié que vous professez la Religion d'un Dieu sacrifié pour vous , et qu'elle doit être par conséquent de votre pari une Religion de sacrifices; qu'une de ses premières maximes , c'eil qu'il ne fiut soutenir la noblesse dans vous que par la grandeur des victoires qne vous remportez sur vous; que, pour arriver au terme souverainement heureux , auquel elle vous appelle, c'est sur les débris de vos passions que vcus devez vous en frayer la route; que ce qui fait la matière de vos phis grands combats, est aussi celle de
vos plus grands mérites; qu'il est évident, par les lumières de la Foi et même de la raison, que, quand Dieu vous prescrit un devoir, il vous donne les forces nécessaires pour les accomplir; et qu'il n'est aucun prétexte légitime qui vous en dispense.
Eloignez encore les coupables réserves avec lesquelles le devoir ne sauroif; compatir.
Il faut pardonner , telle est la loi expresse du Christianisme. Ce n'est pas tout. Par une juste conséquence qui nous reste à approfondir, il faut donc pardonner selon l'esprit et les règles du Christianisme , c'est - à - dire selon l'esprit et les uègles de la Charité.
Ne perdez pas Tiustruction de ce court détail.
Y eus pardonnez ; mes chers Au»
diteurs : vous le dites quelquefois. Mais, au ton même dont vous le prononcez , on reconnoit ou une fierté qui dédaigne, ou un orgueil qui méprise celui dont vous consentez à ne pas vous venger. C'estàdire que vous vous vengez, déjà, en aflectant de le regarder comme indigne de votre vengeance. Pardon fastueux qui devient lui-même une insulte ; pardon tel qu*ont pu l'accorder les Philosophes de la profane antiquité, et qui consiste surtout, comme l'ont enseigné quelques-uns d'entre eux, à ne pas avouer le sentiment de votre douleur par celui de votre courroux; à humilier votre ennemi, en ne partageant p^s ses torts avec lui; à ne pas lui donner la satisfaction d'avoir pu exciter votre colère. Pardon qui peut donc, tout
au plus, convenir à un Sage selon le Monde, parce que la sagesse du Monde n'est que vanité. Aussi, mes chers Auditeurs , n*ai-je pas voulu dans ce Discours m'appuyer des maximes des sages Mondains sur le pardon des injures. Pourquoi? Parce qu'à mesure qu'ils paroissent en établir la gloire, ils en détruisent le mérite; parce qu'en préconisant cette vertn, ils en méconnoissent le vrai principe; parce que , dans la vaine ostentation de leur morale, je ne retrouve point les motifs sublimes qui peuvent seuls la faire adopter; parce qu'il est visible qu'en ne pardonnant que selon les orgueilleuses idées du Monde, on ne pardonne pas conformément aux devoirs du Christianisme.
C'est donc, ô mon Dieu, c'est
uniquement dans votre Religion que je trouve Tidée parfaite des vertus que je dois prêcher à votre Peuple. Et, quand je parle à des Chrétiens, je leur dis de votre part et en votre nom : Pardonnez à vos ennemis, ils sont vos frères. Dieu, "voti^e Père commun , vous défend de les haïr jamais. Ils sont créés à son image; quelque défigurée qu'elle puisse être dans eux, vous devez la respecter. Ils sont l'objet des soins , des recherches , de la charité de Jésus -Christ , ils doivent être celui de votre amour.
Ce n'est donc pas assez de pardonner, conclurai -je aussitôt avec Jésus-Christ lui-mcme. L'amour de vos ennemis est renfermé dans le précepte, Diligite inimicos vestros.
Précepte que vous remplissez mal, ou plutôt que vous ne remplissez
pas, si, de la générosité du pardon, vous séparez la disposition de la Charité. Obligation chimérique , vous écrierez-vous ! Loi désespérante et impraticable ! Pourquoi ?
Parce que constamment se réveille dans vous l'impression de l'injure que vous a faite un ennemi qui ne se présente à vous que sous des traits * odieux profondément gravés dans vos âmes par l'injure même; parce que la i^ivacité d'un ressentiment qui vous poursuit, vous en persuade aisément la justice, et ne tend qu'à en irriter l'aigreur j parce qu'à ne consulter que le cri de la nature , à l'efiort d'un pardon que la Religion lui arrache, elle ne sauroit ajouter l'affection d'un cœur qui, malgré lui même, démenliroit le langage de la paix et de l'union. Faites cesser vos murmures, et couuoissez l'objet de la
328 SUR LE PABBON
loi. Ce qui vous est ordonné, ce n'est pas d'avoir pour un ennemi un amour naluiei et •v.nsibîe, il ne dépend pas de vo'.: ; ce qui vous est défendu, ce n'est pas le sentiment des maux cpaMl vous cause, la sensibilité est involontaire; mais ce qui vous est prescrit, c'est de ne pas agir en conséquence de ce sentiment, de -ne point nourrir votre haine par l'amertume de ce sentiment; c'est de combattre, de vaincre et d'étouffer en vous, autant qu'il se peut, ce qui entretient le fiel de ce sentiment, Diligite iriimicos vestros.
Aimez vos ennemis, c'est -k-dire, et voici le point absolument essentiel , aimez - les d'un amour véritable , qui , aux mouvemens de la haine , oppose la résistance de la Charité; d'un amour généreux qui ne s'alTlige point de la prospérité d'un
ennemi, qui ne triomphe point de ses adversités ; d'un amour efficace , qui désire non-seulement . à un ennemi les biens éternels auxquels il doit aspirer , mais qui soit prêt à lui offrir dans le temps nécessaire les secours qui peuvent lui manquer ; d'un amour fraternel, qui n'exclue point votre ennemi des prières et des voeux que vous formez en commun pour tous vos frères , ni des marques générales de Cliarité que vous leur donnez: Tel est le précepte de l'amour chrétien que Jésus- Christ vous a imposé, Dili' gite inimicos vestros.
Combien peut-être s'applaudissent en ce moment, de remplir tous ces devoirs ! Et quoi de plus ordinaire que d'entendre dire dans le Monde:
Je lui pardonne, je ne lui veux aucun mal, je lui rendrois volontiers service? Beaux dehors^ belles protesta-
33o SUR LE PARDON
lions. Mais qu'on vous propose, (je tie dis pas une liaison étroite et particulière avec celle personne, dont je suppose qu'aucun danger pour vous, aucun titre n'autorisent la séparation); mais de ne pas le fuir constamment, de consentir à le voir, à lui parier, de ne pas en refuser l'occasion : A cette seule proposition, votre haine se trahit. Car, enfin, si vous êtes vraiment réconcilié dans le coeur, pourquoi ne donner extérieurement aucune marque de réconciliation? Pourquoi en dérober aux hommes l'édifiant spectacle, et la gloire à la Religion f Vous les leur devez. Pourquoi laisser subsister, dans le public, les apparences d'une division contre laquelle vous prolestez sans succès par vos paroles, dès qu'elles ne sont pas soutenues par vos actions. Eh! ditesmoi. Chrétiens auditeurs, n'est-ce pas là l'excès d'une indifférence que
condamne la Charité? N'y a-l-il pas même plus que de l'indifférence?
Car, quel est l'homme indifférent que vous affectiez d'éviter ainsi?
N'est-ce pas à dessein de mieux témoigner cette indifférence, que vous persistez à vous éloigner? Or, une conduite si propre à entretenir Tinimitié dans vous et clans votre ennemi , comment la concilier avec l'esprit de la Charité ?
J'en ai dit assez pour vous faire connoître vos devoirs. Donnez, Seigneur, donnez à vos paroles cette force qui engage à les accomplir, cette onction cjui les adoucisse, cette vivacité qui en exprime énergiquement les motifs. Faites, grand Dieu , faites paroître ce que peut encore, sur les hommes, la sainteté de votre loi, l'autorité de vos commandemens , l'efficacité de votre grâce.
332 SUR LE PÂBDON
Que le Monde coniioisse que s'il est toujours des passions dans les hommes , il est toujours dans le Christianisme une vertu divine qui en triomphe ; que s'il est des inimitiés qui scandalisent , il est des traits de Chal'ité qui édifient. Puisse - je vous y engager, mes chers Auditeurs!
Je m'adresse directement à vous, et je finis.
Vous haïssez vos ennemis, et vous êtes Chrétiens ! Pourquoi donc disputer avec Dieu et avec vousmêmes, sur les premières démarches d'une réconciliation , sans laquelle vous ne voudriez pas mourir? Pourquoi donc ne pas y ti^availler dès aujourd'hui ; puisque vous savez qu'un jour elle sera absolument nécessaire ? Pourquoi la renvoyer à un temps qui peut-être ne viendra jamais pour vous ? Pourquoi refuser
cle vivre en paix avec les hommes; puisque c'est dans la paix du Seigneur que vous voulez terminer vos jours?
.Vous haïssez vos ennemis, et vous* êtes Chiétieus! Ah! dans cet état d'une inimitié funeste, oserez-vous vous présenter k la table du Dieu de la plus ardente Charité? Comment lui offrirez - vous l'encens de vos vœux , en lui refusant le sacrifice de vos coeurs ? Espérez - vous d^attirer sur vous ses grâces , si l'on ne peut pas obtenir grâce de vous?
Vous haïssez vos ennemis, et vous êtes Chrétiens ! Ignorez - vous , que ne pas renoncer à votre haine, c'est renoncer au séjour de la gloire? Que vouloir nuire à un ennemi dans le temps, c'est creuser sous vos pieds l'abîme malheureux de l'éternité?
Que vous faites plus contre vous que l'ennemi le plus furieux ne peut désirer lui - même ; et , qu'en le suppo-
sant aussi acharné à votre perle que les Démons; si vous ne lui pardonnez pas, vous iui tnénagez l'infernale satisfaction de vous voir partager un jour leurs tortures? Haine étrangement aveugle, que celle qui vous damne pour l'assouvir !
Vous haïssez vos ennemis, et vous êtes Chrétiens ! A l'exemple du Dieu, auteur du Christianisme, apprenez à tirer le bien du mal. La nature frémit au souvenir de celui qu'on vous a causé; mais, si vous pardonnez, la Foi y découvre le gage du plus grand des biens. Ce pardon est un des si* gncs les plus marqués , qu'on vit de l'esprit de Dieu; qu'on aura part à ses récompenses ; qu'en possédera son royaume. Hélas ! mon cher Auditeur, c'est votre ennemi luimême qui a travaillé à vous l'ouvrir.
Jusqu'ici , vous le regardiez comme l'instrument de votre perte : Com-
mencez à l'aimer; il devient l'instrument de votre salut.
Vous haïssez vos ennemis, et vous êtes Chrétiens! Eh! mes Frères, des hommes puissans ou des amis obtiendroient de vous, par leur autorité ou par leurs instances , votre réconciliation avec ceux en faveur des»
quels ils employeroient leur crédit.
Vous consentiriez qu'on en ménageât l'occasion , et qu'on en préparât les circonstances ; qu'on en facilitât la consommation. Pour des hommes, vous le feriez sans mérite; et îous ne voulez pas le faire , avec le plus grand mérite, pour Jésus-Christ! Ce qui ne vous paroîtroit pas luiniiliant en Vue des hommes, vous ne vou-»
lez pfis connoîtfe combien il est glo»
rieux de le faire en vue de Jésus^ Christ ! Vous n'oseriez pas refuser la médiation des hommes; vous refusez la médiation de Jésus-Chî^iill
Venez , venez , mes Frères , je le sens , c'est aux pieds de sa croix qu'il faut vous conduire; et c'est là que je vous appelle. Venez , coeurs emportés et vindicatifs, coeurs dédaigneux et superbes, coeurs froids et indifférens , cœurs ennemis et irréconciliables, cœurs cruels et sanguinaires: Mais arrêtez auparavant. Dites-moi : S'il est parmi vous, si l'on peut même supposer dans l'Univers, des Frères assez irrités l'un contre l'autre , pour environner, de concert, le lit de mort de leur Père , en recevoir la dernière bénédiction , en entendre les dernières volontés; et refuser en même temps à sa tendresse cette union entre eux, qu'il exige comme une dernière marque de reconnoissance , comme le prix de son a^our , comme l'héritage précieux qu'il veut leur transmettre,
en leur disant : aimez-vous ; yivez comme Frères ; c'est votre père mourant qui vous le demande. Chrétiens, vos cœurs m^'eu répondent, ils sont bons et sensibles ; vous en faites gloire; vous le reconiioissez : Vous êtes tous Frères.
Venez donc aux pieds de Jésus- Christ, c'est lui qui vous a donné par son sang, la vie de la grâce; c'est ce père tendre , qui eu expirant sur la croix , vous fit naître pour le Ciel. Contemplezle sur cette croix ; entendez les dernières paroles , la dernière prière qu'il adresse à Dieu pour ses persécuteurs et ses bourreaux:
Pardonnez - leur , Dimitte illis, [Luc. xxrii. 34.]. Quoi! il demande grâce à Dieu pour ses ennemis ; et il ne l'obtiendra pas de vous pour les vôtres ! Il ap»
paise le courroux du Ciel, et il 5. i5
338 SUR LE PARDON , ClC.
ne pourra éteindre les inimitiés de la Terre! Il sollicite, auprès de Dieu, le pardon des pécheurs; il sollicite le vôtre. Ennemis obstinés : La violence de votre haine résistera-t-elle à la tendre éloquence de son amour? Dimitte ilUs.
Ah! Chrétiens, que votre prompte
et sincère réconciliation devienne
donc , dès aujourd'hui , le juste
hommage de votre reconnoissance.
Que Jésus Christ s'applaudisse de
cette conquête; que sa Religion
en soit glorifiée j que les Fidèles
en soient édifiés; que ceux qui sont
chrétiennement vos amis, en soyeuC
consolés ; que vos coeurs soyent
tranquillisés, que votre conscience
soit rassurée, que vos péchés vous
soyent pardonnes! Dieu vous fais
espérer cette grâce. Je vous fe
souhaite.
rOUR LE MERCREDI
DE LA TROISIEME SEMAINE
DE CARÊME