POUR LE VENDREDI
DE LA TROISIEME SEMAINE
DE CARÊME
l'existence de la loi de dieu C^).
Spirttus est DeuSj et eos qui adorant eum in spirilu et veritale oportet adorare.
Dieu est Esprit , et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité. Evang, de ce four. S. Jean, Cil, IV.
V^'est sur la nature même de Dieu que Jésus -Christ fonde les carac-
(*) Quoique ce Sermon présente quelques rapports avec celui sur la Sagesse de la Loi de Dieu {vol. m , pag. 476 et suiv.); nous avons cru devoir le conserver en entier, à cause des différences importantes qui s'y rencontrent.
tères de l'acloralion qui lui est due.
En annonçant le culte parfait qui doit sanctifier la Terre, il le distingue par ces deux traits : Culte spirituel, culte vrai. Culte spirituel qui a son principe dans l'ame , et qui anime le culte extérieur dont il l'accompagne. Culte vrai que la sincérité dirige, et qui a le vrai Dieu pour objet. Culte spirituel qui succède aux* ombres et aux figures matérielles de la Religion des Juifs qu'il abolit; culte vrai qui dissipe les erreurs et rejette les faux dogmes du Samaritain qu'il réprouve, In spiriiu et veritate.
A ce mot de culte, sourit dédaigneusement ou blasphème avec audace l'Impie qui , même en avouant que Dieu est l'auteur du Monde, voudroit délivrer le Monde de toute obligation envers Dieu et
la loi de Dieu; voilà, pour quelques hommes , un premier mystère ; c'est celui qu'ils commencent à attaquer, pour décréditer plus opiniâtrement tous les autres. Cje n'est pas seulement contre la sévérité de cette loi qu'ils s'élèvent, ni les preuves de cette loi qu'ils combattent, Par une méthode plus abrégée, ils veulent renverser d'un seul coup l'existence de toute loi religieuse. A quoi bon, nous disentils, faire intervenir Dieu comme Législateur? Il est trop gran 1 pour s'abaisser à donner une loi aux hommes. L^es hommes sont trop peu de chose pour être l'objet d'une loi divine. Raisonnement qui, tout foible et tout vain qu'il est, fait quelquefois impression sur des esprits foibles et vains eux-racmes, faciles à surprendre , parce que diiTicilement ils s'appliquent à ré-
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fléchir. Pour détruire c6 premier obstacle qu'on oppose k la Religion, je me propose d'en faire, dans ce Discours, un examen clair et sensible. C'est dans le raisonnement même de nos adversaires que jjen puiserai la réfutation ; c'est-à-dire l'idée de Dieu, l'idée de l'homme; voilà le double principe d'où nous allons faire ressortir l'existence de la loi. Il est évidemment digne de Dieu de donner des lois aux hommes ; ce sera la première Partie : il est évidemment convenable au caractère de l'homme d'être soumis aux lois de Dieu; seconde Partie. Si ce Discours est moins nécessaire à la piélé des Fidèles qui m'écouient, peut elle ne pas entendre volontiers le développement des premières idées sur lesquelles s'appuye l'idée même de la Religion? Ave Maria,