Pardon, grand Dieu, pardon
L'indiscrélion du zèle oulrageroit la vérité de voire parole. Elle nous ius-
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Iruil: c'en est assez. Et que pourroit, auprès de ceux qui n'y sont pas soumis, la vue d'un de ces malheureux que punit votre justice? De leurs sens, ils en appelleroient encore à leur raison; ils suspecteroient le témoignage de leurs yeux, pour les fermer toujours à une vérité qu'ils redoutent ; et , selon votre oracle, ils n'en croiroient point un IVÎort ressuscité, ceux que vos Prophètes trouvent indociles, Neque si quis ex mortuis resurrexerit credent. [ Ibid. 5i.]. Ne demandez donc pas, Pécheurs aveuglés, comment nous savons ce qui se passe dans les Enfers; quel est celui qui en est venu pour nous en instruire? Question insensée que forment l'audace de l'ignorance et le délire de l'aveuglement! Ah!
c'est parce que personne n'en sort ,
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qu'il est si terrible. C'est du Dieu qui règne dans l'éternité comme dans le temps, du Dieu qui en a scellé à jamais les portes, que nous avons appris à le connoitre. Ce que nous racontons de ses redoutables vengeances, c'est son infaillible vérité qui nous l'a tracé.
Mais comment nous l'a-t il tracé?
D'une manière à ne nous laisser aucun doute , par la vive clarté de son formidable arrêt j et, en même temps, d'une manière à ne pas pouvoir nous laisser atteindre ce que renferment de terreur les châtimens qui en sont si clairement exprimés.
Car , dites - moi ce qu'est Dieu en lui - même. Sans cela , comment puis -je vous dire quel est le malheur de le peixlre? Dlscedite a me.
Dites -moi ce qu'est la justice de Dieu. Sans cela, comment puis -je
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vous dire la nature des feux qu'elle a allumés? In ignem. Dites moi ce que c'est que F Eternité. Sans cela, comment puis-je vous faire concevoir la durée des tourmens? JEier^ num. [Math. xxv. 4i. ]. Et cependant, en trois mots, voilà, d'api'ès la parole expresse de Jésus Christ, voilà r Enfer.
Séparation de Dieu. Aujourd'hui vous n'en concevez pas la rigueur.
Pourquoi ? Parce que vous êtes aujourd'hui séparés de Dieu par les objets sensibles, qui, quoique destinés à vous le faire connoître, servent le plus souvent à vous distraire de cette connoissance , à la dérober à vos regards. Et, parce que tout imparfaits que sont ces alimens d'un cœur séduit et déréglé, ils l'occupent cependant et le partagent pendant cette vie. De là,
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il arrive que sur la Terre l'homme ne sent que l'inquiétude de ses désirs, sans en démêler encore assez distinctement la cause, la nature et la profondeur. Il faut un vide total , pour lui en marquer toute rétendue; il faut que rien ne lui reste, pour qu'il aperçoive ce qui lui mancjue ; il faut qu'une disetie absolue réveille dans lui cette faim insatiable de Dieu, dont la perle doit à jamais faire son tourment.
Or, c'est dans l'Enfer que le Pécheur le trouve cet abandon , ce délaissement, ce dépouillement universel, en conséquence duquel se ranime, s'irrite et s'épuise le désir de Dieu, de son unique objet; parce cpi'alors il n'est plus d'objet pour remplacer Dieu.
Non alors: Plus de biens sensi-
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bles, puisque la main du Seigneur a brisé les idoles du temps, et terminé la scène du Monde. Plus de péché, puisqu'il n'est plus ni douceur, ni satisfaction, ni plaisir du péché. Plus de Dieu, puisqu'il n'est plus auprès de lui ni espérance, ni ressource , ni consolation. Disons mieux , mes chers Auditeurs. Dépouillé de tous les biens sensibles, et réduit uniquement à lui-même, le Réprouvé trouve tout ensemble dans lui Dieu et le péché; il retrouve Dieu, mais comment?
Dans ces traits de grandeur que Dieu avoit gravés dans son ame ; dans cet attrait puissant qui entraîne invinciblement vers lui; dans le souvenir ineffaçable des perfections qui foiTuent son être 3 dans Tinexpriin^b^ fureur des désirs qu'elles allument, dans la vive et désespé-
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rante idée du parfait et ravissant bonheur de ceux qui le possèdent.
Et dans le sein de ces transports également ardents et nécessaires, qui le portent vers Dieu; en même temps que la Divinité investit le Réprouvé, elle lui échappe. Au moment où en brillent à ses veux les charmes; les traits de sa vengeance étincellent à ses regards.
La même voix qui l'appelle sans cesse par l'empressement de tendi'e à sa fia , le confond toujours par l'assurance de n'y arriver jamais.
DiscecUte.
Retombant donc alors , pour parler ainsi, sur lui-même, qu'y aperçoit le Réprouvé? Le péché; mais comment? Le péché tel qu'il est aux yeux de Dieu; le péché revêtu de ce noir caractère dç réprobation qu'il porte avec Wti |e péché avec la briève durée de ses
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agrémens, la triste stérilité de ses avantages, la suite funeste de ses effets, la honte effrayante de ses excès ; Je péché comme un monstre que l'ame a conçu, qui la dévore, et qui ne peut plus se séparer d'elle ; comme un poids énorme qui ne lui laisse plus de mouvement que c'elui d'un penchant inutile, mais inévitable vers le Dieu qui la rejette; comme une insurmontable barrière cpii lui ferme à jamais l'entrée de la béatitude.
Discedite.
Et voilà , Chrétiens , voilà ce glaive qui, selon la parole de Jérémie, parvient jusqu'à l'ame, Ecce peruenit gladius usquè ad animnm, [Jer. IV. lo.]. Glaive à deux iranchans qui la partage entre la bonté du Dieu qui la fuit, et l'horreur du péché qui l'obsède; entre les regrets forcés de son inclination pour le Dieu
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son véritable maître, et l'ardeur Je la juste haine pour le péché qui en est devenu le tyran et l'usurpateur 3 entre la violence des désirs qui la rongent, et le désespoir des remords qui l'accablent; entre le sentiment du bien infini qu'elle perd, et l'impression des maux immenses qu'elle éprouve. Discedite.
Et que peut - il lui rester après avoir perdu Dieu, l'unique source où elle devoit puiser son bonheur?
Hélas! il n'est plus son Dieu. Non, Chrétiens, et c'est pour cela qu'elle ne peut plus l'appaiser: Mais il est toujours Dieu; elle ne pourra jamais l'oublier. liC Ciel est la demeure dé Dieu; et c'est pour cela qu'il lui est fermé : Mais cette cité glorieuse est toujours sa patrie ; elle ne peut modérer ni surprendre l'impétueux désir de l'habiter.
Dieu n'est plus pour elle; et c'est
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pour cela qu'elle u'a plus rien à en espérer: Mais Dieu est toujours présent à elle; et c'est cette présence qui ne cessera jamais de la tourmenter. Elle connoît les infinies perfections : quelle affreuse lumière , dès qu'elle ne pourra jamais les posséder! Elle sait qu'il est souverainement aimable : quelle vue , dès qu'elle ne pourra jamais l'aimer! Elle sent qu'il est souverainement équitable : quelle conviction, dès que sa justice l'a condamnée! Elle se rappelle qu'il fut pour elle souvei\ainement tendre :
quel souvenir, dès qu'elle l'aperçoit toujours irrité ! Elle se peint la sublimité des droits qu'il lui donna à sa propre félicité: quelle chute, dès qu'elle ne pourra jamais se réaliser!
Elle voit sur elle-même des traces de son amour; il y fut gravé cet amour en traits de sang ; elle est teinte
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encore de celui du Fils de Dieu, qui , à ce prix , voulut la sauver :
Quel' excès de douleur, dès qu'elle ne pourra jamais ni profiter des marques de cette honte, ni les effacer ! Qu'ils la déchirent donc à Tenvi, je ne m'en étonne pas, ces cris perçans et soutenus de la conscience qui sans cesse lui fait entendre: Il est juste que le Dieu, dont tu rendis vaines les tendres poursuites , rende les tiennes sans efTct; qu'il te refuse à jamais un pardon que lu refusas de lui demander; qu'il te livre aux coups de sa colère, lui qui mit tout en oeuvre pour t'aitircr par les invitations de sa clémence; qu'il t'enlève tous les ohjets trompeurs que que tu as eu l'aveugle audace de lui préférer; qu'il venge ses propres hien faits sur le cœur ingrat qu'ils n'ont pu gagner. Appelle,
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appelle à ton secours toutes les créatures : Il n'en est plus que d'ennemies } les larmes de la pénitence: Il n'en coule plus que de désespoir 3 la miséricorde de ton Sauveur: Il n'est plus aujourd'hui que ton Juge; les foudres de sa vengeance : Elles t'épargnent pour te punir; la mort: Elle se refuse à te^ voeux; le néant: Ce seroit te dùve grâce que de l'anéantir. Invoque le Ciel, mais tu frémis à la seule idée du bonheur qui y règne; soulève l'Enfer, mais tu en réunis seul toutes les impuissantes fureurs; arme- toi contre Dieu, mais il ne peut cesser d'éire , et tu ne peux cesser de désirer qu'il ne soit plus; reproche lui tes malheurs, mais ils ne sont que ton ouvrage. Deviens?
donc ta propre victime; fais sans?
cesse retombet ser toi les malc- 5. 5
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dictions, les imprécations, les anathèmes, et renferme ainsi tout l'Enfer dans ton coeur, et par l'impétuosité des mouvemens qui le consument , et par l'immensité des regrets qui les excitent, et par la profonde impression du Dieu dont tu es séparé pour toujours, Discedite.
Vous vous rassurez, sans doute, sur la foibles'îe de mes exprès^ sions, mes chers Auditeurs; vous êtes légèrement alarmés d'une perte que vous sentez peu, et que je ne puis vous dépeindre, puisqu'on ne peut en mesurer la grandeur, dit S.
Bernard , que sur la grandeur même de Dieu, Tanta pœna quantus ille.
Il faut donc, à des coeurs charnels, un autre langage; il faut, à k des liommes esclaves des sens , d'autres punitions j il faut à leur^
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yeux la vue effrayante que nous offre l'Ecriture , quand elle nous parle de l'Enfer, sous les noms de Lac de colère, de Puits de l'abime, d'Etang embrasé, Lacus irœ , Pu" teus abyssi, Stagnum ardens. Ce sont les propres expressions des Livres saints; quelle autorité! Il faut que, comme autrefois Abraham, jetant les yeux sur les tristes restes de ces villes abominables, qui avoient fait monter , jusqu'au trône de Dieu, le cri de leur* désordres, et n'y voyant plus que des parties enflammées qui s'éle- Toient de la Terre, je vous découvre, selon la parole de Saint Jean , les indices de ce feu qui doit durer dans les siècles des siècles , Fumus torinentorum eorwn ascendet in sœcula soeculorum»
[ ApOC. XIV. 12. ].
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Et, quand je parle du feu de l'Enfer; sans prétendre, sans oser, sans pouvoir en expliquer la nature, je me borne à rapporter ce que nous annoncent les divers oracles de Jésus-Christ, Or, quoi de plus expi^essif que la comparaison qu'il fait des médians mêlés avec les bons, comme l'ivraie l'est avec le bon grain, et qui, comme cellelà , doivent èti^ jetés dans le feu? Quoi de plus expresjsif que ce qu'il nous dit du sort de ceux qui, étant séparés de lui, comme les branches de la vigne séjjarées de l^ur cep,' sont. ensuite livrés au feu? Quoi de plus expressif que les plaintes qu il. met dans la bouche 4u mauvais Riche : Je suis tourmenté dajos celte flamme ? Quoi de plus expressif que le détail que nous lisous de.s sup-
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plices fies Réprouvés ? Le feu qui les brûle ne s'éteint point.
f Marc, va 45. ]. Quoi , enfin , de plus expressif, en un mot, que les termes de Tarrêt même qui condamne à l'Enfer : Allez dans le feu» In ignem
Ici, mes cliers Frères, ne donnant rien aux incertitudes de l'imagination, où suffit le simple langage de la vérité; je m'abstiens d'examiner ce que doit être un feu destiné à être le minisire de la vengeance, à en juger pir celui qui est k présent pour nous un don de sa bonté; ce que doit être un feu que l'Ecriture appelle le torrent de la colère divine , à considérer les effets terribles d'un feu dont le Seigneur a quelquefois puni les hommes; et qui, selon l'expression des Livres saints, n'étoit que
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comme une gouiie du calice de sa fureur. Je ne vous retrace pas, avec les Docteurs, les étonnantes propriétés du feu de l'Enfer qui environne sans éclairer, qui agit sans détruire, qui conserve sans épargner. Ah ! Chrétiens, je vous laisse augurer ce qu'il doit être, parce qu'il n'est pas possible de vous dire ûe qu'il est. Et, si je parois vous dire peu dans un sujet de cette nature; c'est que le sujet dit tout par lui-même. A la seule idée des châtimens dont je voudrois vous instruire, la frayeur me saisit, la parole expire sur mes-^èvres , le spectacle de ces lieux où tous les tourmens sont réunis , Locum iormentorum [ Luc. xvi. «28. ] ; oii l'horreur des ténèbres fixe sa demeure, In tenebras exteriores [Math. XXII. i3. ]j où les pleurs,
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les cris, les gémissemens, les sanglots retentissent de toutes parts , Fletus et stridor dentium [ Math.
VIII. 12.]; ce spectacle, dis-je, ne me laisse ici d'autre ressource que la terreur, le frémissement et le silence.
Tout ce que je dois ajouter pour votre instruction 5 c'est que, comme le feu de l'Enfer est le ministre d'un Dieu qui punit; et que , comme le Dieu qui punit est un Dieu juste , un Dieu puissant, un Dieu irrité; le feu de ses vengeances est donc tout-àla - fois dirigé par sa justice, appliqué par sa puissance, enflammé par son courroux. De ce que la justice de Dieu le dirige, concluez, avec les saints Docleurs , qu'd discerne les divers crimes, leurs divers degrés de malice, leur divers nombre ) qu'à
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chaque péché, répond le supplice ; à 1 enormité de chaque péché, le poids de la douleur; à la multitude des péchés , celle des tourmens. De ce que la puissance de Dieu l'applique, apprenez qu'il ne vous appartient pas de connoître la manière dont il agit, bien moins encore à moi d'expliquer les miracles de terreur qu'il opère; et, puisque son courroux ]'en£lamme , mesurez - en , s'il se peut, les effets sur la haine que le Dieu saint porte nécessairement au péché. C'en est assez; respectons l'impénétrable profondeur de ces justes trésors de colère qui ne sont connus que de Dieu , Hœc concilia sunt apud me, et signala in thesauris meis.
[Deuter. xxxii. 24. ].
Voilà donc, le voilà cet Enfer
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que je voulois vous faire conuoître.
Non , mes chers Frères , nou , je n'aurois rieu dit encore, si je n'ajoutois pas ce mot décisif qui « comme l'inscription gravée par la main vengeresse de Dieu, sur cette demeure de malédiction, peut seuje Toffrir toute entière à vos regards. C'est le nom , c'est le redoutable nom de l'Eternité , j^ternum. Mais, qu'ai- je dit!
Loin de pouvoir fixer vos idées , elles se perdent dans cet Océan d'une durée sans borne. Qu'on y fasse une fois naufrage , il n'est plus ni bord ni rivage qui y présente du secours. Dès qu'on entre dans l'immensité de s«s gouffres, il n'est plus d'issue qui puisse ouvrir un passage à celui qui veut sans cesse échapper. Pourquoi m'étendre sur une idée <^{ue rien
BS SUR L*ENFER.
ne rend, que tont énerve? Non, rien ne répond à ce seul mol:
Toujours des maux, jamais, jamais de fin ; voiîà l'Eternité. Mais en estce là toute ridée? Non, non, Chrétiens. J'en vois naître uue plus accablante encore; c'est qu'il n'y aura donc jamais d'espérance. L'espérance détruiroit en quelque sorte l'Enfer, si elle pouvoit un seul instant y pénétrer. Il faut, pour la consommation des tourmens du Réprouvé , que , comme il se voit plongé dans l'Eternité, il retrouve toute l'Eternité dans cette vue; c'est- à dire que comme on soufifre, dès que l'on sait devoir souffrir; que, comme la vue de la douleur en anticipe les impressions; que, comme elle cherche un soulagement en cherchant à prévoir un terme, elle est à son comble dans
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celui qui, à chaque point de l'Elernité , l'a sous les yeux toute ealière, et semble souffrir ainsi l'Eternité de l'Eternité même. Une voix forte et lugubre, c'est celle du désespoir, ne cesse de répéter: Ce que tu souffres , tu le souffriras toujours. Une justice aveugle ne décide pas de ton sort; une justice immuable ne consentira pas à le changer. Ton péché est ineffaçable tes chàtimens ne sauroient se terminer.
Ainsi donc, à l'instant aucpiel s'ouvre l'Enfer, pour recevoir un Pécheur 3 c'est-à-dire, au moment auquel l'Enfer l'a surpris dans le péché, comme nous l'apprend expressément l'Eglise; en même temps qu'il tombe, et qu'il y est enseveli, il y trouve l'éternel arrêt qui l'y condamne, les éternels liens qui l'y attachent , réiernelle torture qui
Go sui\ l'enfep..
l'y punit» Etcrnilé de remords, éternité de regrets, éternité de pleurs , éternité de ténèbres , éternité de douleurs, éternité qui est tout-à-la- fois et le mur impénétrable qui le renferme, et le point immobile qui le fixe^ et le poids invincible qui l'accable. Ah ! Chrétiens ! Ne mettons point à le cou" noitre le temps qu'il faut employer à l'éviter. Si vous êtes Pécheurs, ii n'est, entre vous et cette Eternité, qu'un moment de distance.
Car, pour qui est l'Enfer? Je le propose, eu deux mots, à vos réflexions, comme le fruit de ce Discours.