TROISIÈME PARTIE
Ces monstres que la nature désavoue, et qui, dans leur cruauté sanguinaire, en outragent les premiers senlimens, Homicidis; ces
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odieux TMinistres d'une malice plus qu'humaine qui en emplovent les détestables artifices, J^impficis ^ ces cœurs vendus à tous les vices et à ce qu'ils ont de plus noir, Execratis; ces adorateurs insensés qui prostituent leur encens à des idoles, Jdolatn's; ces hommes de mauvaise foi, fourbes, calomniateurs, parjures, hvpocrites, faux Prophètes, Omnibus mendacihus : Tels sont, selon la parole de S. Jean, ceux dont le sort sera d'être jetés dans TEnfer, Pars illorum erit in stagna ardentiigne et suîphure. Assemblage affreux qui nous représente l'Enfer comme les prisons du Monde cil se trouvent réuni tout ce c[u'il y eut d'abominable sur la Terre , d'assassins, de brigands et de scélérats; qui nous annonce sensiblement les blasphèmes dont il retentit 3 et qui me fait rentier, comme
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malgré moi , dans le détail de ses supplices par l'idée même de ceux qui l'habitent. En voilà l'horreur, mes Frères : en voici le danger.
Il est des hommes lâches que le crainte du Monde rend infidèles à Dieu, Tiinidis. Il est des esprits Tains et indociles qui refusent de se soumettre aux vérités que la Foi révèle, IncreduUs. Il est des âmes dominées par l'empire des sens, et qui se dégradent en cherchant à les satisfaire, Foriûcatorihus. Et voilà ceux auxquels l'oracle de l'Esprit saint nous apprend que l'Enfer est aussi réservé , Pars illorum erit in stagno ardentl igné et sulphure. [ Apoc, XXI. 8. ]. Us n'entreront pas dans le royaume des Cieux , poursuit S. Paul , ceux qui cèdent aux criminels désirs, à une avare cupidité; qui se livrent aux désordres de
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l'intempérance, qui s'arment des traits de la médisance, et qui franchissent les bornes de la justice.
Ils en sont exclus, ceux qui sont abreuvés ou du fiel de la haine, ou du poison de la volupté, [i. Cor.
VI. g. et seq.]. En un mot, la Foi nous apprend que, pour précipiter une ame dans les Enfers, il ne faut qu'un seul de ces péchés qui lui donnent la mort.
Et, dès-lors, vous n'êtes digne que de nos mépris , téméraire langage de l'impiété , qui, sous le prétexte éblouissant *• de quelques prérogatives , voudroit essayer de persuader que Dieu ae peut pas punir comme coupables des hommes que le Monde a admirés comme grands. Eh! suivez au moins quelques principes » vous qui voudrez les inventer tous. Ce fut pour le servir et pour l'honorer que Dieu
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créa l'homme. Dieu soumit Thomme à ses lois, et sans cloute Dieu méritoit cet hommage de la part de rhomme. Si l'homme fefuse cet hommage à Dieu; que peut être, aux yeux de Dieu, le Héros brave et généreux, le cœur bienfaisant et pacifique, l'homme libéral et compatissant? Ce n'est après tout, envers Dieu, qu'un rebelle assez récompensé sur la Terre de quelques vertus morales par le suffrage des hommes ; il est juste qu'il trouve enfin , dans l'Eternité , le Dieu vengeur- que dans le temps il a bravé. Et comment des actions brillantes , <les talens multipliés , l'éclat d'une gloire humaine qui ne couvriroient pas même aux" yeux des hommes la honteuse noirceur de la rébellion d'un sujet contre son Souverain, pourroient-ils soustraire aux droits du Créateur et à
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la sévérité de ses chàtimens , la révolte de ses créatures ?
Tirons donc, mes Frôres, une , conséquence plus juste et plus naturelle; et, puisque le péché conduit, dans l'Enfer, d'autres coupables que ceux que le Mon le a chargés le premier de ses anathêmes; puisqu'il y a des coupables que le Monde paroissoit honorer; puisque l'Evangile nous parle d'un Riche vêtu de pourpre et de soie qui fut enseveli dans les flammes; ne les regardez donc pas comme le supplice destiné unic]uement à ces hommes que vous regarder vous-mêmes comme l'opprobre de l'humanité. Je m'adresse à vous, Chrétiens; à vous, qui êtes exempts de reproche de la part du Monde; à vous, qu'il respecte et qu'il eslime ; à vous, que le Monde appelle Gens d'honneur. Et, me denaan-
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dant à moi - même , en votre présence, pour qui est l'Enfer; je crains que "vos consciences ne répondent qu'il en est peut être ici plusieurs qu'un fil de vie suspend sur les feux de l'Eternité. Car, il est un Enfer pour ces Esprits audacieusement superbes qui s'en assurent les rigueurs par là même qu'ils en combattent la réalité j pour ces hommes criminellement dissipés, que plus particulièrement il menace , à mesure que plus habituellement ils l'oublient; et pour ces femmes dont la passion générale est l'amour du Monde, et dans qui un coupable amour du Monde entretient des passions particulières; et pour ces Riches qui brillent aux yeux du Monde par le fastueux usage de leurs biens, et qui se perdent devant Dieu par le refus de la portion qu'ils doivent aux
Pauvres; et pour ces araes fières qui croyent prouver leur grandeur par celle de leurs resseutimens et de leurs vengeances. Il est pour vous, cet Enfer, pour vous, qui nourrissez dans votre coeur une passion illégitime, pour vous qu'à ce moment accuse intérieurement le souvenir d'un péché que vous eûtes la foiblesse de com/nettre, et qu'au tribunal de la pénitence vous avez eu la témérité sacrilège de déguiser; pour vous que l'Eglise trouve rebelles à ses décisions ou à ses préceptes. Dépouillant ici toute idée humaine, ne prenant pour règles que celles de Dieu, ne vous jugeaut que sur la foi que vous lui devez, et voyant du même oeil que lui toutes les distinctions passagères, tous les titres de gloire , toutes les qualités personnelles, tout l'éclat du mérite qui peut vous décorer . dans le
]llonde; j'aperçois dans vous les justes victimes de Dieu, dès que j'y recoimcis le péché. Et, comme il n'est aucun Pécheur que la mort à chaque instant ne puisse surprendre; il n'est donc aucun Pé-, cheur qu'à chaque instant l'Enfer ne puisse engloutir.
La croyez- vous, cette vérité, et en comprenez-voiii. l'étendue, de* mande Jésus-Christ à ses Apôtres, après les avoir instruits, Intellexis' 4is hœc omnia. [Math. xin. 5i.]?
Tous nous forcez à en douter.
Quoi! vous laissez vos jours s'écouler sans effroi, vous vous confiez tranquillement au sommeil; et il n'y aura peut-être pour vous d'au»
tre réveil que dans les flammes!
Vous êtes tout occupés de l'objet de vos péchés; et déjà sont allumés les feux qui doivent les punir!
Vous vous livrez aux charmes de
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la vie; et vous êtes sur lo bord d'une malheureuse Eternité ! Ah !
11c vous dites donc plus que l'Enfer présente une vérité terrible, puisqu'elle ne peut pas vous alarmer sur vos dangers : que c'est une vérité désespérante, puisque, persévérant dans vos déréglemens, vous vous flattez encore que l' Enfer ne sera pas voti^ partage ; que cette vérité vous trouble, puisqu'elle ne dissipe pas le calme trompeur qui vous rassure daus vos désordre^. Elle a pu, cette vérité, peupler les solitudes, y produire des miracles de pénitence; et dans vous elle n'opère pas un changement! Elle a fait trembler des Justes sans cesse appliqués à en prévenir les efl'ets ; et votre indolence s'endort an moment même de les éprouver !
Elle a enflamme le zèle des Apô-
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très qui, saintement prodigues de leurs travaux et de leur vie , se sont portés jusques aux extrémités de la Terre , pour sauver des âmes; et le nôtre vous importune, quand il vous rappelle les idées de l'Enfer pour le salut de la vôtre ! Faut-il ménager votre pernicieuse tranquillité , pour consommer votre perte? Serions-nous, je ne dis pas seulement de vrais Ministres de Jésus - Christ ; mais serions-nous vos frères , si , vous voyant prêts à tomber dans les gouffres de la colère divine , nous ne faisions pas servir jusques à l'idée de vos malheurs, pour vous en garantir ? Refusez de croire cette vérité : Est-ce donc votre créance qui en décide la certitude?
Et désarmerez - vous le bras de Dieu , en affectant de ne pas le redouter? Faut -il donc faire ces-
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Ser la voix des vengeances, pour en laisser plus librement exercer* sur vous les rigueurs? Non, mes Frères, vos maux sont trop pressans, la charité trop vivej nous ne vous abandonnons pas à votre aveuglement. Ah! Seigneur, s'il nous est permis de vous demander quelque consolation dans ce saint ministère ; s'il nous convenoit , comme à Moïse, d'exprimer notre ardeur pour le salut de votre Peuple, jusqu'à en paroitre aussi touché que du nôtre; à quel prix solliciterai -je ici la conversion de ceux qui peut-être entendent parler pour la dernière fois de l'Enfer, et qui n'apprendront à le craindre que quand ils ne pourront plus lui échapper! Ah! Chrétiens, dans quelles dispositions je vous laisse?
Dieu vous tend encore une main secourable; mais quand la maia
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de Qieu se sera appesantie sur vous, vous réclamerez sans ressource le secours que de sa part nous vous offrons aujourd'hui sans succès. Si la Foi vous éclaire encore en son nom et par ses lumières ; au nom du Sauveur, et par sa tendresse, eii votre nom , et par vos intérêts , pensez à vous. La vie et la mort sont à votre choix; le Ciel ou l'Enfer, voilk votre sort; décidez-vous et décidez - vous bien. Qu'une prompte et sincère pénitence vous ferme TEnfer, que la (irâce vous ouvre le Giel, que la persévérance vous y conduise. Je vous le souhaite, etc. '