LE TROISIÈME DIMANCHE
DU CARÊME
SUR LA. SEVERITE DES OBLIGATIONS QU*lMPOSE LA RELIGION (*).
Qui non coUigit mecum , dispergit.
Celui qui n'amasse pas avec moi, dissipe. Evang, de ce jour. S, Jean, Cliap. II.
Jésus-Christ aroit chassé du corps d'un malade un Démon qui
(*) Nota. Ce Sermon fait suite à celui intitulé: Modération raisonnable des Devoirs qu'impose le Christianisme , dans le Tome IV, pag. 'àc)'d.
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le rendoit muet. Ce prodige excite radmiration des uns, les murmures des autres. Encore aujourd'hui , même diversité dans les jugemens portés par les Chrétiens, sinon sur sa personne, du moins sur sa doctrine. On admire les prodiges qui ont rendu un témoignage irréfragable à sa Divinité. On ne conteste plus, du moins dans notre société chrétienne, les preuves triomphantes qui appuyent l'établissement, le règne et la durée de sa Eeligion ; car, ceux qui cherchent encore . à répandre des nuages sur la certitude de sa vérité , on peut les regarder comme s'étant exclus d'eux-mêmes de la famille, et n'ayant plus rien de Chrétien. Ce n'est pas contre cette sorte d'adversaires que je me propose aujourdlmi de parler. Quels que puissent être et leurs efforts et
DES OBLIGATIONS, CtC. l3f>
leurs espérances , quelque vaste et profonde que soit la conjuration qu'ils ont ourdie contre le Christianisme ; le Christianisme est vainqueur; il triomphe, il triomphera éternellement. Les portes de l'Enfer n'ont point prévalu , et ne prévaudront jamais contre la vérité chrétienne, Portœ Inferi non prœvalebunt adversùs eam. [Math. XVI. 18.].
Mais nous avons à combattre d'autres ennemis domestiques plus formidables peut - être j dont l'esprit se soumet, mais dont le cœur murmure 3 rendant hommage à la certitude de l'Evangile , mais toujours tentés d'^en blâmer les lois, ils obéissent , et ils se plaignent 3 ils applaudissent, quand il ne faut que croire; ils éclatent en reproches, quand il faut agir. Us conviennent
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que le Christianisme a Dieu pour auteur, et Tolonliers ils accuseroient Dieu de nous avoir révélé une Religion si sévère, comme s'il étoit aussi indifférent en soi-même qu'elle fût austère ou qu'elle ne le fût pas, et comme s'il n'y avoil d'autre motif de son austérité que son austérité même. Plus volontiers encore, ils supposeroient que ce sont ses INlinistres qui ont ajouté à ses rigueurs , et qui se plaisent à aggraver un joug que l'on sait bien pourtant retomber avec plus de poids sur les Ministres eux - mêmes , que sur toute autre classe de la société chrétienne , puisqu'ils auront à rendre un compte rigoureux , non - seulement de leurs propres âmes, mais de toutes celles qui leur sont confiées.
Pour justifier, à la fois, et l'Evan-
DES OBLIGATIONS, etc. iS"]
gîte Et notre ministère , il nous suffit (le les ramener à celte parole de Jésus — Christ : Qui n'est pas pour moi est contre moi, et quicciK{ue n'amasse pas avec moi , dissipe. Qui non cal/igit rnecuni , cîisperf^it. De cette parole méditée avec attrntion . nous conclurons sans peine (|uc l'austérité que nous prêchons est une austérité nécessaire. Proposition unique dont ce Discours nous donnera le développement. AiJà M(trla.