E BUT
et quelque inexact qu'il soit de transporter dans l'éternité les notions de passé, de présent et d'avenir Au commencement Dieu créa le ciel et la
terre: vous reconnaissez tous cette vérité, mais avant ce commencement, qu'est-ce qui existait? Rien, excepté Dieu; seul, il remplissait la profonde solitude de l'immensité, et le nier, c'est nier Dieu ou la création. Car si alors quelque chose existait déjà avec lui, l'époque dont parle Moïse n'est pas le commencement, et Dieu ne peut plus dire, dans le magnifique langage d'Esaie: Moi^ l'Eternel, je suis le premier! Vous ne me demanderez pas jusqu'où remontent ces origines de toutes choses; ce n'est pas l'être d'un jour qui peut compter ce que l'Écriture nomme les âges éternels. Accumulez ici nombres sur nombres; reculez ce moment aussi loin que votre imagination et votre foi plongent dans les abîmes du passé; il importe peu; un jour est pour Dieu comme mille ans, et mille ans comme un jour; et quand vous passeriez en quelque sorte votre vie entière à remonter en idée les ans écoulés, vous verriez fuir devant vous ce moment insaisissable où Dieu est sorti de son repos et a commencé de créer. Cependant, vous serez toujours forcés de convenir que Moïse a dit vrai; il y a eu un commencement!
Ces pensées sont hautes et ces méditations sont difficiles. Mais poser ces principes était indispensable pour arriver aux conséquences heureuses qui nous attendent. Continuons à traverser ces clartés