‹ Sermons (volume 2)Chapitre 41 sur 60 · SERMON SUR 1 CORINTHIENS XV · texte numérisé non relu

SERMON SUR 1 CORINTHIENS XV

Comme tous meurent par Adam , de même tous revivront par Christ.

Mes Frères i

De tous les évènemens de notre destinée, de tous les phénomènes de notre existence, de toutes les choses de ce monde, il y en a une surtout qui semble inexpUcable, c'est la mort. Il est vrai que de toutes les choses de ce monde, c'est celle peutêtre dont nous avons le plus l'expérience, celle que la science a le plus étudiée, celle qui frappe le plus souvent nos regards , celle qui a le plus fait réfléchir. La mort ici-bas est partout présente; nous vivons au milieu d'elle, nous passons à travers des tombeaux pour aller chercher le nôtre, et la poufhe soulevée par nos pas n'est que la poudre des vieux sépulcres que le temps a rendue plus légère.

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Cependant la mort est presque inconnue et garde encore des secrets qu^elle n'a communiqués à personne. Il est facile sans doute de dire qu'un corps comme le nôtre n'est pas fait pour durer, qu'il porte en lui-même le germe de sa destruction future, et que sa naissance n'est que le premier moment de sa mort. Ces explications dont nos sages quelquefois se contentent, n'expliquent que le fait matériel, n'expliquent que la dissolution, et non la mort; c'est nous dire comment l'édifice tombe; et non pourquoi il doit tomber; et bien avant nos sages, Moïse et Salomon avaient dit en termes qui valent les leurs : La poudre retourne en poudre. La difficulté n'est pas là; elle est ailleurs; elle est plus haut; elle n'est pas sur la terre; elle est au ciel pour ainsi dire; et ce qui empêche de la voir, c'est que nous sommes accoutumés à la mort; nous sommes familiarisés avec elle, et nous négligeons, nous oublions d'y penser, comme à tant d'autres choses qui reviennent sans cesse, comme à la verdure qui revient chaque année, comme à la lumière qui revient chaque jour. Mais faisons un moment exception de notre habitude ou de' notre crainte; supposons que nous sommes ici désintéressés; supposons que nous sommes tout-à-fait immortels et que la mort ne nous regarde pas; alors, voici comment la question se présente. Dieu crée un être nommé l'homme, être formé à son image, couronné de gloire et d'honneur, fait un peu moindre que les anges; et il l'installe roi d'un monde magnifique

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qu'il lui donne à régir et à étudier, et il lui accorde la raison que Salomon à nommée une lampe de V Éternel; il lui accorde la liberté qui l'élève au rang d'être moral et responsable; il lui accorde une imagination, faculté immense qui lui soumet tout ce qui est possible; et il rend cet être sensible; il grave dans son âme un ardent besoin et un plaisir ineffable à aimer des créatures semblables à lui; et de l'ensemble de ces dons sublimes, il résulte que cet être éprouve un vif amour de la vie, une profonde horreur à l'idée de voir sa vie ou s'interrompre ou cesser. Eh bien! ce Dieu, à tous ces dons, en joint un qui les empoisonne tous; des trésors si précieux sont déposés dans un vase de terre; cette magnifique existence doit aboutir à un peu de pourriture où des vers se promèneront, et cette âme glorieuse est renfermée dans une prison de chair d'où elle ne sort que par un supplice. Voilà, Chrétiens, voilà notre sort! Est-il concevable que l'auteur de la vie l'ait exposée gratuitement à cette sorte de destruction dite la mort!... O sagesse humaine! Il est vrai! la poudre doit retourner en poudre. Mais ce mot là n'explique rien. Il ressemble à ces épitaphes à moitié effacées qui annoncent un décès dont l'histoire est perdue.

Notre histoire ne l'est pas, et le mot de cette grande énigme est écrit aux premières pages de la révélation. Tant que vous considérez la mort seulement comme un fait naturel, elle demeure un mystère incompréhensible pour quiconque croit en

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un Créateur tout-puissant, tout sage et tout bon; car il fallait que notre poudre fût autrement organisée, ou que le passage de cette existence à une autre fut paisible, facile, resplendissant, au lieu d'être une lutte, une douleur, une nuit. Mais dès que, sans refuser d'écouter la science, vous écoutez aussi la foi, dès que vous considérez la mort comme un fait religieux, alors tout change, et l'obscurité de la tombe est dissipée. Alors à quoi se réduit ce grand mystère? à ce simple événement, qui n'a rien de contraire aux perfections divines, que, fils d'im mortel, nous sommes tous mortels comme lui, et que, selon l'expression du texte, tous nous mourrons en Adam. Chef de notre race, averti que le péché empoisonnerait et sa vie et sa fin, menacé de voir la mort, telle que le péché l'a faite, telle que nous la connaissons aujourd'hui, s'introduire sur cette terre dont il était roi, s'il y introduisait le mal, il est tombé, et nous sommes tombés après lui; héritiers naturels de notre premier père, nous avons reçu de lui et ses biens et ces maux; sa place est la nôtre; sa tombe est la nôtre aussi, et personne n'a pu répudier cet héritage; Adam est devenu pécheur, mais il n'est point tombé dans une impénitence désespérée; il est devenu pécheur, et non pas démon; voilà où nous en sommes tous. Adam a pleuré et s'est réjoui en sa vie, et qui de nous n'a eu de bons et de mauvais jours? Adam est mort, et tous nous mourrons comme lui. Il n'a pu nous laisser que ce qu'il avait de reste, et ce

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qu'il avait, c'est le péché, le malheur et le trépas. Ne me demandez point ce que nous serions devenus, si Adam avait gardé son rang dans l'échelle des êtres. Dieu seul le sait. La vie et la mort seraient différentes toutes deux, voilà ce que nous savons. En demandant plus, vous changeriez de mystère, et vous m'entraîneriez sur un terrain où aucune révélation ne conduit, où je ne dois point vous suivre; c'est de foi qu'il s'agit ici, non de curiosité, et la foi nous apprend que la mort est un mal. Où donc en est le remède?.,. Peuple de Christ, voici, voici le remède si désiré. Tous meurent en Adam, ainsi nous parle la mort; mais tous revivront en Christ, ainsi répond la foi. M. F., laissons donc Adam, venons à Jésus. Dieu veuille m'accorder d'affermir en lui votre confiance, et de vous montrer que Jésus est le garant de notre immortalité!

Depuis que l'homme est mortel, depuis le premier tombeau sur lequel il a pleuré, depuis que le trépas est entré dans ce monde, l'a touché de son aiguillon, et a dit: ce monde est à moi! en un mot, depuis que l'homme est mortel, il ne s'est jamais résigné à l'être. Ce n'est pas qu'il ait murmuré contre Dieu, et reproché à la Providence d'avoir sans motif envoyé la mort sur la terre; ce n'est pas qu'il ait appelé de la sentence, et considéré la mort comme une injustice ; ce n'est pas qu'il ait refusé de reconnaître avec St. Paul, dont je viens de vous rappeler la doctrine, que, comme

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