LA. MORT PAR ADAM ET
par un seul homme le péché est venu dans le monde^ et par le péché ^ la mort; ainsi la mort est venue sur tous les hommes, parce que tous ont péché. Non! mais l'homme n'a jamais consenti à croire que tous finissait à la mort, que la tombe engloutissait toute son existence et n'en rendait rien, et que créé pour le peu de temps que nous appelons la vie, il n^avait rien à espérer ni à craindre audelà. L'homme, au contraire, a toujours voulu se persuader qu'il était immortel; il a toujours pris la fm de cette vie pour le commencement d'une vie nouvelle; il a toujours pensé que la nuit du tombeau devait, comme les nuits ordinaires, être suivie d'une aurore; en vain il n'a vu autour de lui que cadavres, pourriture, sépulcre, deuil, en vain tout semblait lui dire que la mort n'était qu'un anéantissement; il l'a toujours regardée comme un sommeil, un sommeil profond, si vous voulez, long et froid; peu importe; car l'idée de sommeil emporte une autre idée avec elle, et dire qu'un homme s'est endormi avec ses pères, c'est dire qu'un jour il se réveillera. Aussi, c'est peut-être par des doctrines d'immortalité que la philosophie et la religion ont commencé sur la terre. Quand on remonte les siècles, quand on plonge un regard attentif dans la nuit de l'antiquité, quand on interroge les traces que les premiers hommes, les premières nations, les premiers cultes ont laissé de leur passage, on y trouve des doctrines, des images, des espérances d'immortalité. Cette désespérante
LA. VIE PAR CHRIST. l6'J
doctrine qui nie la vie future, et cette mondanité profonde qui la fait oublier, n'ont commencé sur la terre que beaucoup plus tard. Dans les siècles les plus reculés où l'homme se souvenait mieux que Dieu l'avait créé droit, il croyait sans peine à son immortalité, et ne l'a niée qu'après avoir cherché beaucoup de discours. Enfin, le christianisme est venu, et a présenté sous un nouveau jour cette attente, sans laquelle il vaudrait mieux être une brute qu'un homme, cette attente sans laquelle le christianisme même ne vaudrait rien. La vie et l'immortalité ont été mises en éi^idence, et la tombe de Jésus a été laissée ouverte sur la terre, pour que chacun put y voir combien la mort est peu de chose. Oui, l'Évangile, M. F., est l'école de l'immortalité, école où peuvent s'asseoir, confondus aux mêmes bancs, les plus sages et les plus simples. Il y a bien des systèmes de philosophie humaine, dont on pourrait retrancher l'immortalité, et il resterait encore quelque chose; si vous retranchez l'immortalité de l'Evangile, il n'y reste rien; c'est un livre qui n'a plus de sens; le lien qui nous unit à Christ est brisé; il n'est rien pour nous, et nous ne sommes rien pour lui. Ces simples réflexions suffiraient pour vous montrer combien il importe à notre foi de voir clairement tout ce qu'il y a d'immortalité dans l'Évangile; et ce qui achève de le montrer, c'est que souvent vous entendez l'incrédule vous dire, qu'ai-je besoin de l'Évangile pour reconnaître l'immortalité? Cette doctrine est ineffaçable dans l'es-