LA VIE PAR CHRIST
vie... et vous savez quel est dans tout l'Évangile le sens de ce mot; vous savez que l'Évangile ne daigne pas donner le nom de vie à ce peu de jours incertains, rapides, souvent misérables, souvent mauvais que nous passons ici-bas, pressés entre un berceau où tout est fragilité et un sépulcre où tout est pourriture. Non, vivre selon l'Évangile, c'est exister avec une sécurité entière, c'est pouvoir compter sur sa vie; vivre, c'est savoir, c'est jouir, c'est régner, c'est adorer, c'est aimer, c'est croître en toute bonne chose, c'est se mettre en marche vers la perfection, et ne plus s'arrêter, c'est tendre à devenir parfait, comme notre Père qui est au ciel est parfait. Eh bien! M. F., sorti du tombeau, le Christ est le Prince de la vie; voyez-le dans les quarante jours qui ont suivi sa résurrection; comme il se montre vraiment le Fils unique du Père céleste, l'image empreinte de sa gloire; comme il règne sur le monde qu'il a sauvé; comme il y dispose de tout, des fruits de son oeuvre; Âllez^ dit-il à ses apôtres, toute puissance m est donnée au ciel et sur la terre; des siècles de l'avenir: Voici, je suis avec vous jusqu'à la fin du monde; de l'instruction du genre humain: Annoncez l'Evangile à toute créature vivante; il dispose de tout, au point qu'il prend un peu d'eau, et en fait d'âge en âge, pour tous les fidèles, le signe du salut éternel; Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit. Voilà ses dernières paroles; M. F., toutes sont des paroles de vie. Et voyez-le dans son ascen-
l'JO. LA MORT PA.R ADAM £T
sion; comme il sait dire adieu à la poudre terrestre; comme il sait bien le chemin du ciel, comme il y rentre en maître et en vainqueur, comme on reconnaît clairement alors que le ciel lui appartient! Faites un dernier effort; élevez plus haut vos regards; voyez-le où l'ont vu les Paul à leur conversion, et les Etienne à leur mort; voyez-le rentré dans le sein de Dieu, reprenant dans la gloire sa place qu'il a occupée dès les temps éternels, dès avant que notre terre habitable fût faite, dès le commencement dont parlent et Moïse et S^ Jean; OM.F., comme le Christ représente bien l'immortalité, dont nous étions déchus et où il nous replace. Oui, il est le même, aujourd'hui, hier, éternellement, il est le vainqueur de la mort et le Prince de la vie; il est le véritable garant de notre inmiortalité.
Il y a là tout le christianisme; cette vie, la seule véritable, le Christ ne l'a déployée en sa personne à nos regards que pour nous la donner, pour nous y admettre, pour en graver le désir en nos âmes, pour nous offrir de la partager avec lui. Il y a donc là tout le christianisme. Otez la foi en la résurrection positive et réelle du Fils de Dieu, ôtez cette foi, il ne reste rien, et ces doctrines célestes tombent, et ces divins enseignemens ne sont plus pour vous que l'airain qui résonne et la cymbale qui retentit, et la mort ressaisit son aiguillon un moment] émoussé. Il faut croire en la résurrection de Jésus pour croire en sa parole,, pour croire en l'immortalité sous sa garantie; car sans la résurrection,
LA V{£ PAR CHRIST. StS
l'autorité de garantir une si grande chose lui manque. Rien ne peut donc remplacer ici la foi, et sans elle, de tous ces trésors, vous n'avez rien, sans elle vous mourrez en Adam , mais vous ne revivrez pas en Christ. Et vous ne pouvez rien mettre à la place de cette foi, ni l'expérience, ni la morale, ni la philosophie. L'expérience?... comment vous parlera-t-elle de l'avenir? Elle est une chose du passé; comment vous promettra-t-elle l'immortalité, elle qui ne connaît que la mort, et qui n'a pas sous la face du ciel un seul tombeau vide à nous montrer, si ce n'est les vains simulacres de sépulcres que l'on consacre aux cadavres absens? La morale?... comment vous assurera-t-elle que toute puissance est donnée à Christ au ciel et sur la terre, lorsque nous voyons l'ivraie partout mêlée au bon grain; l'iniquité si souvent triomphante et s'agitant si doucement dans l'opulence; l'intégrité quelquefois manquant de pain et le demandant de porte en porte sans en recevoir; le deuil enfin frappant coup sur coup au sein de pieuses familles qu'on admire, tandis que des méchans qu'on méprise dans leur décrépitude sont épargnés et continuent d'avoir l'insolence de vivre? Qu'opposerezvous à ces choses, si ce n'est la foi? Que jetterezvous pour contre-poids dans cette balance, si ce n'est la croix et la tombe du Seigneur?... Et la philosophie si emportée à promettre et si malhabile à tenir, la philosophie qui a commencé tant de choses et en a si peu fmi, la philosophie qui a un