EN ISRAËL
et de ses misères, et dites si elle semble avoir été décimée par la mort! Il n'y paraît pas; comme en un jour de bataillé, la place vide a été aussitôt remplie; les rangs se sont un moment ouverts, le moment après ils se sont fermés, et la mort a passé silencieuse, invisible, sans presque laisser de trace de ses coups, si ce n'est dans les familles même qui pleurent encore. Mais pour elles aussi, quelle consolation imposante et sublime de penser que le Seigneur a compté tous ces deuils, que le Seigneiu' a entendu tous ces adieux, que le Seigneur a recueilli tous ses pleurs, et il faut bien que chaque trépas lui soit connu, pour qu'il puisse dédommager justement de toutes ces séparations douloureuses, et réunir tous ceux qui restent, à ceux qui sont déjà partis. Il y a eu beaucoup d'orphelins, mais Dieu a compté toutes ces morts, et il n'abandonnera point ces jeunes enfans, et il leur préparera dans sa bonté des ressources dont la charité la plus ingénieuse n'aurait pas eu l'idée, et selon sa parole il en prendra soin. U y a eu beaucoup de veuves; mais Dieu a compté toutes ces morts, et il se montrera au sein de notre peuple l'époux de la i>euve autant que le père de P orphelin; il sait qu'aucun deuil sur la terre n'est aussi terrible que le leur, et il proportionnera ses secours à leur infortune , et selon sa parole il en prendra soin. Il y a eu aussi beaucoup de pères et de mères dont les cheveux blancs descendent avec douleur vers leurs erifans au sépulcre, mais Dieu a compté toutes ces