SERMON SUR 1 TIMOTHÉE III
Sans contredit, le mystère de la piété est grand.
JIKes Frères,
Sans contredit, le mystère de la piété est grand! Voilà un de ces traits auxquels vous reconnaîtrez à la fois le génie d'un grand homme et l'humilité d'un vrai croyant. Le mot du texte n'est pas une de ces confessions de foi incertaines et vagues, où, tout en s'humiliant, la raison s'irrite de devoir s'humilier, entre en contestation avec Dieu, et lui demande plus de lumière; la raison ici se contente de ce qu'elle sait et ne demande rien de plus; aussi 1 apôtre ne déclare pas faiblement que la religion qu'il annonce est çà et là obscure et difficile ; il va plus loin; il monte plus haut; il tranche la question; il déclare que sans contredit, ce mystère est grand... M. F. est-ce que nous qui oserons le contredire? Nous!... Remarquez d'abord à qui St. Paul fait cet aveu. Cette épître n'est point adressée à
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une église entière, dont l'intérêt même du christianisme naissant obligeait.de ménager la foi mal affermie ; elle n'est pas une lettre circulaire adressée à tous les fidèles d'une cité , à toiis les prosélytes d'une province; vous y chercheriez vainement un traité raisonné et suivi sur l'ensemble des vérités chrétiennes; ce n'est pas aux Romains ou aux Galates que parle ici l'apôtre; vous auriez pu dire que, s'adressant à la foule, écrivant pour la multitude des fidèles, pour les simples autant que pour les sages, pour les ignorans autant que pour les doctes, il fallait bien leur présenter comme un grand mystère ce qui était au-dessus de leur petite intelligence, et leur montrer la religion nouvelle comme très-élevée pour mieux les consoler de ne pouvoir y atteindre. Ici, vous ne voyez qu'un ami écrivant à un intime ami; un maitre plein de confiance écrivant au plus cher de ses disciples ; c'est un échange de pensées, de conseils et d'expérience fait sous le sceau de l'amitié. En un mot, ce n'est pas tant l'illustre apôtre des gentils, le fondateur de tant d'éghses, le docteur dont l'opinion triomphe au premier concile de Jérusalem, X instrument délite, choisi pour porter la parole de Christ devant les gentils, les rois et les enfans cV Israël, qui transmet ici ses instructions et ses ordres; c'est Paul qui s'entretient avec Timothée, et qui, tout étonné des vérités magnifiques qui s'offrent une à une à son esprit, s'humilie le premier et invite son ami à s'humilier avec lui devant les merveilles de la religion ,