‹ Sermons (volume 3)Chapitre 38 sur 61 · DE LA. CR1ÎA.TIO.V · texte numérisé non relu

DE LA. CR1ÎA.TIO.V

vers pour se borner à cette terre; il abandonne la création pour s'occuper du genre humain, et comme un pontife levant la main pour bénir dès qu'il a passé le seuil du temple, il entre aussitôt en matière et parle de notre monde. Cette première vérité doit servir de garantie à toutes celles qui vont se dérouler à travers les transformations du globe, et plus tard à travers les âges de l'humanité, et quand les générations des hommes se transmettront de main en main le livre inspiré, chaque fois que renaîtra l'occasion de s'enquérir du créateur de l'univers, il suffira, pour savoir ce que les premiers mortels en ont pensé, d'ouvrir le livre à sa première page, et d'y lire qu'au commencement Dieu créa le ciel et la terre.

Que de siècles, M. F., sont écoulés, et que d'hommes ont passé sur la face de la terre, en répétant avec une humble et profonde conviction cette parole de Moïse, depuis le jour où il l'a écrite, jusqu'à ce jour où je viens vous en entretenir ! La foi qu'elle a obtenue de siècle en siècle est arrivée jusqu'au nôtre, et toute la science incrédule n'a pu ébranler la certitude du dogme, et toute la science fidèle n'a pu éclaircir la profondeur du mystère. On peut dire que sur le fait de la création les études et les méditations de tous les siècles n'ont pas ajouté un seul mot à ce mot de Moïse: au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Aussi, M. F., il serait indigne de ce temple de vous y retenir à entendre discuter l'existence de Dieu ou prouver l'acte de

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sa puissance qui a tiré l'univers du sein du néant, et je viens vous proposer une méditation plus utile. Notre propre vie ne nous étonne pas assez; nous sommes en quelque sorte trop accoutumés à vivre, et nous laissons couler nos jours sans demander pourquoi nous les avons reçus; nous admirons la nature, sans nous informer pourquoi elle a été faite, et souvent nous nous contentons d'être, sans nous enquérir pourquoi nous sommes. Cependant l'Etre Suprême a-t-il créé sans motif! Non sans doute; et par quel motif Dieu a-t-il résolu la création? Voilà, M. F., la grande question que je viens vous engager à méditer. Si nous pouvons y trouver une réponse satisfaisante pour la raison et la foi, ce sera sans nul doute un nouveau sujet de reconnaissance, d'admiration et d'amour, et j'espère vous montrer que le but de la création s'accorde parfaitement avec les miséricordes de Dieu dans la rédemption du monde et avec les douces prescriptions de la charité chrétienne.

Il importe de commencer par lever un scrupule qui peut avoir alarmé un moment votre piété. Les pensées de l'Éternel ne sont pas nos pensées, ses voies ne sont pas nos voies, et lui-même a dit à Job: où étais-tu, quand je fondais la terre? Dis-le-moi , si tu as de l'intelligence? M. F., à Dieu ne plaise qif 'obscurcissant le conseil par des paroles sans science, nous oublions jamais que si les choses révélées sont à nous et à nos enfans , les choses ca-

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