‹ Sermons (volume 3)Chapitre 5 sur 61 · SERMON SUR 1 ROIS XIV · texte numérisé non relu

SERMON SUR 1 ROIS XIV

Tout Israël mènera deuil sur lui et l'ensevelira, et lui seul de la maison de Jéroboam entrera au sépulcre, parce (m'en lui seul , de toute la maison de Jéroboam , l'Etemel , le Dieu d'Israël, a trouvé quelque chose de bon.

Jftes Frères,

C'est d'un jeune homme presque inconnu que je viens aujourd'hui vous entretenir; il n'a pas eu le temps de laisser une longue mémoire dans ce monde, avant d'en sortir; toute son histoire se réduit presque au peu que je viens de vous lire; il n'a pas eu de jour dans sa vie plus remarquable que le dernier, et cependant, je vous l'avoue, dans les annales de l'ancien peuple de Dieu, je ne connais pas de récit plus attendrissant, de leçon plus salutaire, d'événement qui donne plus à réfléchir. C'est d'immortalité qu'il s'agit ici, et l'exemple de ce jeune homme est un de ceux qui l'expliquent et la garantissent le mieux.

On a beaucoup disputé , vous le savez, sur ce que T Ancien-Testament enseigne de l'immortalité, et sur

ce point comme sur tant d'autres, on est tombé dans les extrêmes les plus contraires et les opinions les plus exagérées. Des incrédules, et, chose plus étrange! des croyans ont été j'usqu'à soutenir qu'il n'y avait aucune trace d'immortalité ni dans les doctrines des patriarches, ni dans les livres des prophètes; que cette grande vérité y est, sinon contredite, du moins omise, et que la première alliance ne promettait à ses fidèles que les biens de la terre et les prospérités de cette vie. En vain, ont dit encore les partisans de ce système, en vain cherche-t-on à prendre une foule de passages en un sens allégorique ; en vain veut-on voir les béatitudes célestes dans toutes ces peintures des triomphes d'Israël et des délices de Canaan; non, une allégorie pareille ne peut avoir été continuée à travers tant de siècles par tant d'écrivains différens depuis Moïse jusqu'à Malachie, et quel rapport, au fond, entre ces champs découlans de lait et de miel, ces fruits de la terre, cette abondance et cette fertilité, dont les descriptions remplissent l' Ancien- Testament, et les saintetés, les joies, les émotions de l'immortalité, qui ne peut ressembler à cette vie? Dans ces dernières remarques, sans nul doute, il y a beaucoup de vérité, et l'un des plus dangereux écueils de l'interprétation de l'Écriture est de n'y voir à chaque page que des allégories et des emblèmes. Mais sans tomber dans cette erreur, il est impossible de ne pas reconnaître l'immortalité parmi les doctrines de l'Ancien-Testament et les

AiUJA. 2^

opinions de l'ancien Israël. Elle y est plutôt supposée et admise, que laborieusement prouvée; elle est plutôt dans les faits que dans les enseignemens, et pourquoi? M. F.; parce qu'elle était présente à tous les esprits, parce que personne ne songeait à la révoquer en doute. L'immortalité de l'àme a été l'opinion courante de tous les peuples, et plus on remonte haut dans l'antiquité, plus on l'y trouve. On ne l'a contestée que plus tard, lorsque à force de réfléchir l'esprit humain s'est perdu dans ses propres réflexions; lorsque l'homme, tout adonné aux délices de cette vie, n'en a pas voulu d'autres. Mais avant l'époque de ces excès, l'espoir d'une autre vie a sans nul doute été général, et ce serait donc le seul peuple de Dieu qui aurait fait exception; ce serait la nation élue par celui qui se nommait l'Éternel, qui, seule, aurait oublié l'éternité! Et la race dépositaire des deux grandes vérités de l'unité de Dieu et de la venue d'un Sauveur aurait été laissée dans l'ignorance sur la vérité non moins importante de l'immortalité de l'âme! Non, M. F., ni sous la promesse, ni sous la loi, l'ancienne alliance n'a été si incomplète. Le nom seul de ces grands hommes me parait assez l'attester; vous estil possible de vous représenter un Abraham , un Moïse, un David, un Esaie et tant d'autres, ne sachant rien de l'immortalité, et ne s'attendant à rien après la vie? Pensez-vous qu'on n'ait su tirer en Israël aucune conséquence de deux évènemens aussi extraordinaires que le transport d'Hénoch et cPÉlie?

Page 1