‹ Sermons (volume 3)Chapitre 56 sur 61 · DU CHRISTIANISME. 2(J · texte numérisé non relu

DU CHRISTIANISME. 2(J

nationale, sans prosélytisme et sans avenir; il n'a pu passer les âges de durée que Dieu lui avait comptés d'avance; il n'a pu sortir du pays qui lui avait été donné pour sanctuaire, parce qu'il ne pouvait emporter avec lui le climat et le ciel de sa terre natale; il n'avait qu'un temple et qu'un sacerdoce, comme il n'avait qu'un peuple; et quand le Soleil de justice s'est levé sur le monde, il a dû s'éteindre, ainsi que s'éteignent dans le temple aux premiers feux de l'aurore les lampes qui ont veillé pendant la nuit... Il y a plus encore: le mosaïsme suppose une théocratie; sans une providence spéciale, sans une révélation continue, sans un oracle divin toujours prêt à répondre, il se réduit à rien, et quand on étudie de près son histoire, on le voit lentement dépérir, à mesure que la théocratie se retire et que Dieu ramène Israël sous les lois de sa providence ordinaire. Aussi, ce qui reste du judaïsme aujourd'hui, n'est pas une religion fausse, et ce serait en parler faussement; non, le judaïsme moderne est une religion impossible, qui n'est rien et qui se réfugie dans le déisme pour se croire quelque chose, une religion qui n'est encore debout que pour aider à soutenir celle qui sera debout à jamais... Ah! c'est que Moïse a reçu un petit nombre de siècles en partage, et que Jésus-Christ seul est le même aujourd'hui, hier, éternellement.

Aussi, quel esprit sincère peut se défendre d'admirer combien le christianisme s'élève audessus de toutes les petites difficultés, de toutes les petites

variations terrestres? Il est toujours hors de leur atteinte. Que sont pour lui les différences de climats? Il est la religion de toutes les zones. Aux fables poétiques des mythologies du midi, il faut de délicieux printemps chaque année, un sol tout semé de fleurs, des nuits étincelantes d'étoiles et un ciel d'azur; aux sombres rêveries des bardes du Nord, il faut les longues nuits du pôle, les vapeurs flottant au front des montagnes, les neiges, les torrens et les orages; ces religions ne sont possibles que là; ailleurs, les peuples ne sauraient les comprendre et les croire. Le Christianisme seul est possible partout; partout, audelà du ciel visible, serein ou nuageux, il montre le ciel véritable, vu seulement des yeux de la foi. Le christianisme annonce le même Dieu et le même Sauveur, dicte les mêmes prières, impose les mêmes devoirs, inspire les mêmes espérances, et promet la même immortalité, à vous, les privilégiés du monde à qui Dieu confie les doux climats du blé, de l'olivier et de la vigne, et au pauvre nègre haletant sous les feux d'un été des tropiques, et au pauvre Esquimau mourant de faim sous la triple enceinte de sa hutte de neige.... Et que fait au christianisme la différence de gouvernemens? Certes, il est ami de la liberté, non de cette liberté trompeuse et cruelle, qui ne voit son chemin qu'à la lueur des incendies et sème des ruines pour jalons de sa route; mais de cette liberté qui se reconnaît à de pacifiques bienfaits et et qui seule est de droit divin; et le christianisme

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îiest l'ami et l'allié d'aucune espèce de tyrannie; il les déteste toutes, de quelque prétexte qu'elles s'appuient, et en rendant à l'homme le sentiment de sa dignité, il lui a appris qu'il n'a de maître que Dieu. Mais quand la tyrannie est là, quand il faut la subir comme on pioie sous un inévitable fardeau, le christianisme, mieux encore que la sagesse païenne ne l'apprenait au philosophe, apprend au chrétien à être libre dans les fers. A Césarée, au jour de l'interrogatoire de Paul devant Agrippa, qui était le plus libre, du monarque sur son trône, ou de l'apôtre étendant vers lui ses mains chargées de chaînes, et disant: Plût à Dieu que vous devinssiez tous semblables à moi, à l'exception de ces chaînes!— Et quel degré de civilisation ne convient au christianisme? Quand il rencontre la barbarie, il arrête au passage pour l'adoucir; il sait se faire écouter même du grossier sauvage, qui semble à peine appartenir à, l'humanité, et sans descendre à sa portée, il l'élève lentement vers les hauteurs de la foi; il commence par en faire un homme, en travaillant à en faire un chrétien. Et ce même christianisme, qui peut s'immiscer avec une pieuse prudence dans un état social où les premières lueurs de la civilisation ne font que de naître, ce même christianisme aime la lumière, parce qu'il est une lumière; ses fondateurs inspirés n'ont pas ouvert les premières églises hors du monde civilisé de l'époque; c'est à Jérusalem, à Babylone, à Athènes, a C.orinthe, à Rome, dans les foyers les plus écla-

tans de la science, de la politesse, de la gloire, qu'ils ont porté dès le premier jour cette parole du crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les Grecs; et aujourd'hui, de cette éclatante et douce civilisation dont vous êtes si charmés et si fiers, le christianisme, bien compris et bien professé, ne vous ravira rien; il la rendra meilleure, plus pure, plus généreuse, plus juste; il la partagera mieux entre tous; il y maintiendra l'ordre et la sécurité qui trop souvent y manquent; il y marquera mieux à chacun sa place, son travail, ses droits; et, du trône environné du luxe éblouissant de tous les arts, jusqu'aux plus humbles de nos foyers où il n'arrive qu'un si pâle reflet de cette gloire, le christianisme nous apprendra, comme aux S1. Paul, à être contens de la situation où Dieu nous à placés. Formes de gouvernemens et degrés de civilisation, le christianisme s'est mis dès son origine dans une telle indépendance de ces choses, que dans sa divine prudence, Jésus, n'oubliant jamais que son royaume n'est pas de ce monde, n'a pris aucune part aux questions politiques de son temps, parce que la politique est aussi une de ces choses qui passent et qui changent; les questions immenses de l'esclavage, de la polygamie, de la guerre, de la propriété, Jésus ne les a jamais tranchées violemment; il a semé dans ces vastes champs des querelles humaines les principes de la morale éternelle, sur que ces principes porteraient leurs fruits; il savait bien que les hommes dans leur impatience

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voudraient longtemps encore vider toutes ces querelles par la force, par l'épée; cette épée, il ne l'a point remise en nos mains, et au lieu de créer brusquement un état social nouveau, comme si le monde pouvait mieux que le léopard changer ses taches en un jour, Jésus, au lieu de procéder par voie de bouleversement, s'est confié à la puissance de la vérité qu'il connaissait si bien , et a posé la première pierre, désormais inébranlable, de l'édifice social de l'humanité chrétienne, en disant pour l'oreille des Tibère qui disposaient des trésors du monde, comme pour celle de la pauvre veuve qui donne les deux pites: Aime ton prochain comme

toi-même! Climat, gouvernement, civilisation,

le christianisme est donc par son essence à l'abri de toute blessure mortelle; il n'y a point pour lui de chances de destruction; et pour comble de garantie, il est indépendant de ses sacremens même; ses sacremens peuvent changer dans leurs formes, sans qu'il change; le baptême des enfans à l'aide de quelqnes gouttes d'eau a remplacé le baptême des adultes; la communion dans les temples a remplacé la communion dans les familles.... Qui osera dire que le baptême et la cène ont perdu de leur efficace et de leur sainteté? Non, non; tendres mères, soyez rassurées;... l'eau qui a mouillé un instant le front de vos enfans chéris, symbole touchant et auguste de cette pureté de vie que vous voulez qu'ils conservent, a été aussi sainte devant Dieu que celle du baptême de Jésus lui-même au jour (]c

>-Ç)^ ta PERPÉTUITÉ

sa manifestation; et quand clans ce temple, aprèti accomplissement du précepte de l'apôtre : Que

chacun s'éprouve soi-même! vous avez participé selon la foi aux symboles du corps et du sang du Seigneur, votre communion a valu devant Dieu celle où le Christ lui-même a dit avec tant d'amitié: J'ai désiré avec ardeur de manger cette Pdque avec vous!.... Chrétiens, il faut le reconnaître; constitué ainsi, le christianisme a pu s'emparer de tous

les siècles de l'humanité! Qu'ils viennent donc

à leur tour et en ordre; qu'ils se lèvent un à un des profondeurs de l'avenir; qu'ils s'engloutissent, comme des flots qui retombent, dans celles du passé! — La foi, sans inquiétude, les regarde venir Jésus-Christ est le même, hier, aujourd'hui,

éternellement.

On insiste cependant. Qui êtes-vous, dit-on encore, pour poser des bornes à la charité, à la puissance de Dieu? quelque admirable que soit le christianisme, qui ètes-vous pour oser soutenir que Dieu ne peut rien donner au monde de plus admirable encore, et que l'Evangile est le dernier mot de sa bonté?... M. F., ceux qui parlent ainsi s'exposent à une réponse qu'il est triste de leur adresser, mais dont leur témérité mérite le juste affront.... Vous qui attendez, qui réclamez quelque chose de meilleur que le christianisme, êtes-vous donc aussi bons que lui? Vous voulez que le monde passe sous l'empire d'une nouvelle religion qui le mène plus loin que le christianisme: a-t-il donc été déjà au bout du progrès

i)li CHRISTIANISME.

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chrétien:' Vous voulez qu'il reçoive une loi nouvelle, plus élevée, plus sublime, plus noble que le christianisme: a-t-il donc si pleinement accompli la loi chrétienne, qu'il ne lui reste rien a faire et qu'il puisse dire à son maître: le travail de la troisième heure, et de la sixième, et de la neuvième et même de la onzième heure, est fait; cette oeuvre est finie; donne-nous une autre oeuvre à faire!.. Ah! si l'humanité était chrétienne, si la foi couvrait la terre comme les eaux de la mer couvrent leur fond, si la grâce avait porté tous ses fruits, si tous les coeurs étaient renouvelés, il y aurait prétexte au moins à demander qu'une autre voie de progrès nous fût ouverte, et à soutenir que le christianisme est dépassé. Mais regardez autour de vous, et jugez le monde, non pas seulement hors de la chrétienté, mais en dedans de ses limites... ou plutôt faites-mieux; rentrons en nous-mêmes et que le jugement porte sur nous-mêmes! Le christianisme est une loi d'humilité: n'y a-t-il aucun orgueil caché dans les derniers replis de notre âme et qui s'en élance souvent avec violence et comme par surprise, qui vient souiller nos prières, s'élever en secret témoin contre nous devant Dieu, nous épier et nous distraire sur le penchant même du tombeau, et troublant nos journées les plus pieuses, rendre amer dans nos bouches le pain de la cène, rendre pesante à nos faibles mains la coupe de bénédiction?... Et le christianisme est une loi de pureté: notre vie est-elle pure, au point que pas

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une jeune vierge, pas une pieuse mère de notre peuple n'a baissé les yeux devant nos yeux: au point qu'aucune turpitude n'a laissé comme un infâme stigmate sa trace dans notre esprit; au point que nous avons plus à fuir ces convoitises qui jont la guerre à l'âme, et qui font cette guerre partout et toujours, durant les heures et de travail et de plaisir et de piété; en un mot, avons-nous sûrement part aux béatitudes promises à ceux qui ont le coeur pur et qui verront Dieu?... Et le christianisme est une loi de charité: l'égoïsme a-t-il lâché prise, et aimons-nous nos frères comme il faut les aimer: leur bien et leur salut nous tiennent-ils vraiment à coeur, et sommes-nous en paix avec tous, de manière à comparaître tous comme une famille devant le trône du Souverain?... Ne sont-ce pas là les trois grandes lois morales de l'Evangile; si on en parcourt les articles, qui de mille articles pourrait fidèlement répondre à un seul? et quand notre conscience nous condamne, quand nous nous sentons si loin encore de la perfection chrétienne, nous oserions demander à ce Dieu, qui est plus grand que la conscience, une autre formule de devoir, une autre mesure de perfection, et lui dire que ce christianisme a cessé de nous suffire!... O M. F., au lieu de nous égarer dans ces folies de l'orgueil humain, rappelons-nous que la dernière limite du progrès selon notre foi n'est pas sur la terre, puisqu'il nous est commandé d'être parfaits comme notre Père qui est aux cieux est parfait, saints comme

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il est saint, miséricordieux comme il est miséricordieux, et qu'ainsi, quelque gloire que l'avenir réserve à l'humanité dans ce monde avant qu'il finisse, il sera impossible d'aller plus loin que le christianisme, et de passer le but. qu'il propose... Non; le Seigneur a dit à Paul: Ma grâce te suffit; il est vrai;... et comme la grâce de Dieu suffit à toutes nos oeuvres, nos prières, nos épreuves, nos deuils, nos morts, le christianisme suffit au monde à travers tous les âges de son existence... Jésus-Christ est le même, hier, aujourd'hui, éternellement.

Ce sujet, inépuisable comme le christianisme même, se présente à chaque pas sous de nouveaux aspects; et forcé de le rétrécir, je veux seulement vous montrer encore que par ce que le christianisme a d'immuable dans son essence il répond exactement à ce qu'il y a d'immuable en notre nature; et il faut bien qu'il en soit ainsi, puisque le christianisme a été fait pour nous. Ces dernières considérations répondront victorieusement à la seule objection, spécieuse encore, qui reste à réfuter. L'imprévu, disent encore les disputeurs du siècle, gouverne toutes choses; lisez l'histoire, et surtout l'histoire moderne où la scène est plus grande; ce qu'on attend, n'arrive pas; ce qu'on n'attendait pas, arrive; il semble que la providence de Dieu aime à se jouer de la prévoyance humaine; on ne peut compter sur rien, et qui nous dit. que dans la suite des temps l'humanité ne se trouvera pas jetée dans des circonstances tellement

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nouvelles, tellement différentes de ses destinées antérieures, que le christianisme, utile dans l'ordre de choses actuel, sera impuissant à régir ce monde inconnu de l'avenir?... Inconnu, dites-vous! \ ces craintes sans fondement, à ces prophéties sans autorité, il suffirait peut-être d'opposer cette loi des siècles que Salomon lisait déjà dans son passé, et qu'à plus forte raison nous lisons dans le nôtre: Ce qui a été, sera, ce qui a été fait, se fera encore; il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Mais admettons que l'expérience ne soit pas faite assez complètement; admettons que le génie humain, dont les découvertes et les conquêtes ne sont connues d'avance que de Dieu, achèvera de s'assujétir entièrement la matière, la nature, et mettra l'humanité dans une position tellement améliorée, que l'homme, en regardant dans les âges écoulés, reconnaîtra à peine ses semblables; admettons que la raison prendra un développement si prodigieux qu'elle semblera près de se confondre avec la foi. Certes, voilà d'assez grandes concessions; eh bien! les partisans du système, que le christianisme finira avant l'homme, à ces concessions, ne gagnent rien. Pourquoi? C'est qu'il y a dans les plus intimes et mystérieuses profondeurs de l'être humain des caractères divinement tracés qui ne s'effaceront et ne changeront jamais, et auxquels le christianisme correspond exactement. Il y a la conscience, et croyez-vous que la moralité de l'homme s'éteigne en son sein, qu'il descende du rang élevé d'être

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libre au rang inférieur d'être instinctif; et croyezvous que le bien et le mal s'échangent jamais l'un pour l'autre, perdent, l'un sa gloire et sa joie; l'autre, sa honte et son amertume, ou deviennent équivalans devant Dieu? Non, dans la balance éternelle il n'y a pas de poids qui varient; d'âge en âge à travers les temps, comme de inonde en monde à travers les sphères, le bien restera le bien, et le mal, le mal: parce que le bien, c'est ce que Dieu veut; le mal, c'est ce qu'il ne veut pas; et sa volonté morale est immuable, et le christianisme

en est l'expression pour notre monde Et il y

a en nous l'amour, qui ne change pas plus que la conscience. Tendresse paternelle, piété filiale, affection conjugale, fraternel dévouement, Dieu a fait ces choses de manière qu'elles ne peuvent changer; la dernière famille qui vivra sur la terre s'aimera comme s'est aimée la première; voilà des milliers d'années que cette chaîne sainte se prolonge, et toutes les solennités nuptiales n'ont pas ajouté un seul mot à la parole sacramentelle qui institue le mariage et la famille au milieu de l'innocence d'Héden; et par la raison du contraire, la haine se ressemble d'âge en âge autant que l'amour, et tous les frères ennemis n'ont pu se haïr autrement que Cain haïssait Abel; et le christianisme est venu, sanctifiant toutes ces affections par la foi en un Sauveur qui a aimé comme nous aimons, et qui, occupé sur sa croix du salut du monde, s'y occupait aussi du sort de sa mère; le christianisme

3o/| Là PERPÉTUITÉ

est venu, enseignant aux mortels que la mort seule rend tous ces liens indissolubles, parce que l'amour

qui les forme se retrouve dans les cieux La

mort! ai-je dit... M. F., ce qui ne changera pas non plus, c'est la mort. Et comment pourrait-elle changer, puisque, telle que nous la connaissons, par le péché elle est venue dans le monde , et elle est venue sur tous les hommes, parce que tous ont péché? Ses ténèbres et ses mystères, l'angoisse de la lutte dernière qui l'amène, l'amertume de ses séparations et de ses deuils, et le vide qu'elle laisse dans le cercle de famille, et le jugement, le jugement de cet inévitable tribunal dont la tombe est la première marche, tout cela ne finira que lorsque la mort sein engloutie en victoire; elle est C ennemi qui sera vaincu le dernier. Mais grâces et gloire à celui qui seul était maître de donner, et maître de reprendre sa vie! Le christianisme durera autant que la mort, pour émousser un à un tous ses aiguillons, jusqu'à ce qu'ils se brisent; pour consoler et soutenir par les mêmes espérances et celui qui meurt et ceux qui regardent mourir; pour leur montrer le ciel qui se découvre à mesure que ce monde se voile; et pour dire à l'esprit, qui se débat sous l'enveloppe mortelle prête à se déchirer, quel Père céleste l'attend et le reçoit M. F., n'en est-ce point assez!

En faveur de la perpétuité du christianisme, j'ai fait déposer devant vous et la vie et la mort; confiez-vous en ces témoignages, que la nature même de votre être fournit. Dites à ceux qui croient voir

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finir le christianisme ou du moins entendre de loin les premiers frémissemens de sa chute, dites-leur d'ôter à l'homme ses passions et de le rendre saint sans combats à livrer, heureux sans mécomptes à prévoir, immortel sans mort à franchir, et alors nous nous déferons du christianisme comme on jette son armure après la victoire et son manteau de voyage au jour de l'arrivée. Mais on ne remplira pas, même pour les crédules, ces douces et superbes espérances, et le monde aura toujours besoin de l'Évangile, et le christianisme a eu droit et raison de s'approprier d'avance tous les siècles de l'humanité. Dans la ferme tranquilité de votre foi, persuadés que nul ne peut poser d'autre fondement que celui qui a été mis, savoir, Jésus-Christ , vous vous avancerez dans la vie le regard fixé sur le jour où l'humanité tout entière se relevant de ses sépulcres dira: Jésus-Christ est le même aujourd'hui, hier, éternellement, et au-delà des domaines de la mort, vous vous avancerez dans l'éternité en reconnaissant à votre union avec lui, qu'il est le même toujours, le même dans sa gloire, le même dans sa bonté, le même dans son amour.

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