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moi et les miens il en est d'autres! Que faire pour sauver ces déshonnorantes et dangereuses contradictions? Jéroboam fait déguiser son épouse. La reine d'Israël se couvre d'humbles vêtemens. Une mère se cache pour aller demander la santé de son enfant, et a honte de ce qu'elle fait. Voilà bien, M. F., comment les méchans s'embarrassent dans leurs propres oeuvres et font une bonne action en secret, parce que ce jour seul de leur vie en condamnerait tous les autres î Mais le prophète avait été divinement averti, et dès qu'il entendit approcher la reine d'Israël, qui arrivait avec confiance, se croyant loin d'être reconnue, il lui dit: Entre , femme de Jéroboam; pourquoi fais -ta semblant d'être quelque autre? Elle se présente interdite et confondue, et alors le prophète lui trace le tableau déchirant de la ruine de sa maison et de la chute de sa dynastie; mais de cette condamnation générale, un seul de sa race est excepté; un seul, ce fils de Jéroboam, ce jeune Abija entrera honorablement et paisiblement au sépulcre, parce que Dieu en lui seul, de toute la maison de son père, a trouvé quelque chose de bon; et l'infortunée et coupable mère repartit, sûre, selon la parole du prophète, de revenir à temps pour voir expirer son fils.
Quelle scène étonnante, M. F.! N'est-ce pas ici un de ces tableaux où Dieu dévoile sa providence à nos yeux., et nous permet d'approcher des bords de ses voies? Où avez-vous vu la gloire de la vertu
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et la confusion de l'iniquité se toucher de plus près? Vous aimeriez à rechercher, avant d'aller plus loin, en quoi a consisté cette vertu du jeune Abija, que Dieu récompense d'une façon si éclatante? M. F., elle ne reçoit qu'un seul éloge, un seul témoignage, et tout ce que nous en savons est ce que le prophète en a dit; mais cet éloge, ce témoignage est assez et suffit pour en juger. C'est une approbation de Dieu même, le souverain juge de toute vertu; c'est une approbation transmise par la voix d'un prophète. Que désirer de plus, et quand aucune circonstance accessoire ne nous permettrait d'ajouter une seule idée à ce favorable jugement, que manquerait-il à la gloire d'Abija, lorsque Dieu même prend sa défense et déclare son intégrité? Comptez cependant les traits qui rehaussent sa vertu et le rendent digne de plus d'admiration. Il était jeune! . . . . , M. F., à Dieu ne plaise que je vienne vous peindre sous de trop vives couleurs les séductions qui nous assaillent dans l'âge des passions, et courir le risque de vous faire croire qu'à cette époque de la vie les devoirs sont trop difficiles! Ce serait là une dangereuse erreur: chaque âge a ses périls; il y a des écueils dispersés sur tout le chemin de nos pèlerinages. Toutefois, sans tomber en de vaines exagérations, il faut reconnaitre qu'au milieu des ardeurs de la jeunesse, les passions ont plus d'empire, les délices du mondé plus d'attrait, les occasions du mal plus de retours; des scandales répugnent à la maturité de l'âge, et des péchés
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couronnent si tristement des cheveux blancs , qu'on est toujours tenté de croire qu'une grande vieillesse
est accompagnée d'une grande vertu La pureté,
la foi, la piété, au milieu de l'effervescence et de la gaîté de l'adolescence, sont les meilleurs auspices pour prendre rang parmi ses concitoyens, et un jeune homme, véritablement vertueux, qui vit comme Jonathan ou qui meurt comme Etienne, est l'un des plus beaux spectacles que ce monde puisse offrir aux célestes intelligences qui le regardent
M. F. , Abija était jeune. C'est peu toutefois, et vous me reprocheriez d'oublier un des traits de sa gloire; il était prince, et les séductions du rang suprême se joignaient pour lui à celles de son âge. C'est un sujet usé, que le danger des grandeurs, et je ne saisirai point ce prétexte de le traiter. Que nous importe d'ailleurs, à nous que Dieu a cachés dans l'heureuse médiocrité, des périls que nous ne connaîtrons jamais, et si ce n'est pour bénir Dieu plus ardemment d'être ce que nous sommes, qu'avonsnous besoin de les étudier? Je ne vous suggérerai qu'une idée, qui n'est pas sans importance. Il s'agit ici des climats et des gouvernemens de l'Asie; il s'agit ici, non de notre état de société moderne, où le prince lui-même est soumis et à la loi et à l'opinion, souvent plus forte qu'elle; il s'agit de ces trônes dd l'Orient où ne s'est jamais assis que le despotisme, de ces états où tout était despotique, même les vices, même les impiétés, et où si souvent l'iniquité à été effrontée, parce qu'elle était toute-puis-
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santé. Les exemples de tant de rois d'Israël, les exemples et des fils d'Héli et des fils de Samuel sont là pour montrer jusqu'où l'on peut descendre dans la fange de l'impureté, quand on y tombe pour ainsi dire du haut d'un trône Et pourtant le comble de la gloire d'Abija n'est ni dans son âge ni dans son rang; le comble de sa gloire est dans les mauvais exemples dont il a été sans cesse entouré; nonseulement il était jeune, il était prince; mais il était le seul de sa race, le seul de sa famille qui eût persévéré dans le bien, le seul qui fut resté pur et saint, Je seul qui n'eût point fléchi le genou devant les infâmes veaux d'or, placés par Jéroboam aux deux extrémités du royaume, à Dan et a Bethel, pour attirer et les tribus du nord et celles du midi; le seul qui fût resté fidèle au culte pur et au vrai Dieu, le seul qui se fût souvenu du commandement de la loi: Tu ne te feras pas d? images tailléee et ne te prosterneras point devant elles; tu adoreras V Eternel ton Dieu et le serviras lui seul. En vain il semble que cette idolâtrie soit utile à ce nouveau trône dont il doit hériter, et puisse devenir un des appuis de sa future grandeur. Ce qui est plus important que de régner, c'est de servir Dieu comme il veut être servi; et surtout remarquez que ce ne sont pas des exemples étrangers qu'il rejette, ce ne sont pas des scandales étrangers qu'il fuit; non; chose affreuse à dire! ce sont les voies que suivent ses proches, ses parens, ses frères et son père et sa mère; il reste pur au milieu d'une impureté dômes-
tique, il voit tout les siens se détourner vers le mal, et il ne poursuit que le bien ; il voit tous ceux qu'il aime, et qu'il voudrait respecter, prendre la mauvaise part et quitter la seule chose nécessaire, et il choisit la bonne part... M. F. elle ne lui a point été ôtée! Quel exemple que, même au milieu des médians, on peut être bon ! Quelle preuve que les mauvais conseils sont toujours ensuite une mauvaise excuse; qu'on peut fuir la corruption, de quelque près qu'elle nous touche; éviter le péché, même s'il nous attend à la porte; et quelle preuve enfin que quiconque c'est corrompu pouvait ne pas se laisser corrompre! Il le sait, ce Dieu qui juge de la fidélité en est aussi le rémunérateur. Ses voies quand il bénit sont souvent aussi profondes que quand il afflige, et pour récompense de cet Abija seul approuvé de toute sa race, Dieu déclare que sa maladie est mortelle et qu'il mourra. O M. F.! c'est que Dieu conforme ses récompenses autant que ses jugemens aux circonstances où nous nous trouvons. J'ai cru qu'il était indispensable de commencer par vous montrer combien la vertu de ce jeune homme est brillante et pure, pour relever d'autant le prix qu'elle a reçu, et maintenant je dédaigne, je vous l'avoue, de répondre à cette servile crainte de la mort et à cet amour déraisonnable de la vie, pour qui mourir, comment que ce soit , est le pire des maux, et vivre, comment que ce soit, le meilleur des biens. Nous chrétiens, nous disciples de l'Evangile, nous n'en sommes plus là. Voyons, sans nous
arrêter à ces vaines pensées, voyons comment cette mort était pour Abija une récompense. Au premier aspect, mourir, mourir sur un lit de maladie, mourir à la fleur de l'âge, au milieu de toutes les espérances de la jeunesse, et au pied d'un trône où l'on croyait monter, semble, à en juger sans réflexion, un malheur de plus, et non le prix d'une intégrité éclatante. Il n'en est pas ainsi, et d'abord convenez que Dieu, en retirant à lui son jeune serviteur, le garantissait de tout mal; aucune affliction ne nous suit et ne nous menace dans le tombeau; toutes les épreuves y finissent, toutes les larmes s'y arrêtent, toutes les anxiétés y sont à leur terme, et de là vient que vous trouvez profondément empreint dans l'esprit de tous les peuples que la mort est un repos; un repos! c'est-à-dire ce que nous pouvons nous imaginer de plus doux; un repos! et il y a tant de paix, tant de bonheur, et une joie si sûre et si calme, dans cette idée! Le plaisir est une fatigue d'ordinaire, mais le repos emporte l'idée d'un plaisir sans fatigue, sans peine, sans effort, et tout cela est si vrai que la religion même s'est emparée de ces pensées et de ces termes, et que nous disons d'un frère qui n'est plus: Dieu l'a retiré dans son repos. Ce n'est pas seulement loin des malheurs que Dieu appelait ainsi Abija; c'est loin des transgressions et des impiétés; il le mettait à l'abri de tout péché et hors de la vue de toute idole; il lui faisait terminer son bon combat au milieu de la victoire; il lui accordait de mourir,
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sans avoir de poignans remords à éprouver, de mourir pur encore, et avec toute sa vertu. OM.F.! c'est là un bienfait auquel nous ne pensons pas assez, quand l'occasion en vient. Les péchés, comme les malheurs, finissent à la tombe; ce repos, comme il est sans douleur, est aussi sans iniquité, et le sépulcre est le seul lieu de ce monde où le péché ne pénètre pas. Enfin, pensez que Dieu retirait Abija loin des malheurs, des opprobres, des châtimens de sa famille; il ne verrait pas sa maison détruite et exterminée, ce trône nouveau teint du sang de ses fondateurs, cet empire qui date d'hier déjà ébranlé , une immense armée de son père détruite en une fois, sa puissance abaissée; il ne verrait pas le lit de mort où son père, accablé de tous ces chagrins qu'il s'était faits, a traîné une longue agonie; il ne verrait pas le cruel Bahasa conspirer contre sa famille, la massacrer tout entière, et au milieu de ses flots de sang ramasser le sceptre d'Israël tombé de leurs mains. Oh! quelle pitié, quelle bonté que de le transporter loin d'un tel avenir dans un paisible tombeau! Et j'en appelle à votre propre expérience: combien de morts dont nous sommes témoins sont, pour qui sait y réfléchir, des délivrances de tous malheur, de tout péché, et surtout des calamités qu'ont à subir ceux qui survivent. Ce sont là des pensées tristes et qui peutêtre vous affligent; mais ce sont des pensées graves et salutaires. Combien peut-être de ceux qui nous ont précédés dans la tombe sont morts à la veille
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de quelque grande séduction qu'ils auraient mal repoussée, à l'approche de quelque grand péché qu'ils n'auraient pas évité, au moment de quelque changement de fortune en mal ou en bien, qui aurait été au-dessus des forces ou de leur humilité, ou de leur résignation? Mais quoi! me crierezvous, nous n'avons pas le droit de faire ces tristes suppositions. Il est vrai, nous n'avons pas le droit de nous livrer à ces conjectures, si rien ne les amène, si ce ne sont que les chimères d'une imagination exaltée, mais si l'expérience les suscite, comme le lendemain de la mort d' Abija; si notre propre vie a été ainsi agitée ou malheureuse depuis la perte de nos proches, notre vie qu'ils auraient partagée; si ces tentations, ces épreuves, ces changemens de fortune qui leur ont été épargnés sont là; si nous avons combattu ces séductions qu'ils auraient eu a combattre, subi ces épreuves qu'ils auraient subies à nos côtés, et passé par ces vicissitudes où ils seraient passés avec nous, oh! alors, sont-ce là de vaines conjectures, et la mort n'a-t-elle pas été une véritable délivrance pour ceux que nous regrettons, puisque Dieu par ce moyen leur a épargné et ces occasions de péché et ces occasions de pleurs? Croyez-moi, le nombre est immense des exemples qui confirment ces réflexions, et vous ne pouvez regarder autour de vous sans voir çà et là des familles qui en sont la preuve; des familles frappées d'un deuil cruel, et l'on a beaucoup pleuré, et l'on ne comprenait pas cette dis-