SATAN DÉGUISÉ £N AN6£ DE LUMIÈRE
mort vienne les faire évanouir ; attachons-nous fermement au bien, en nous rappelant qu^il n'y en a qu'un ; choisissons la bonne part^ en nous rappelant qu'elle ne se trouve qu'auprès de Jésus, et jamais auprès des es-^ prits de ténèbres les plus brillants d'une fausse splendeur ; sachons, avec force d'esprit et calme de foi, nous transporter d'avance à notre dernier jour, pour être sûrs de bien juger nos jours actuels. «. Dieu est lumière^ et il n'y a point en lui de ténèbres^ et si nous le voulons bien, il n'y en aura pour nous ni dans les détours de la vie, ni dans les défilés du sépulcre, ni dans les profondeurs de l'éternité.
NATHANAEL.
Philippe rencontra Nathenaël et loi «lit : Nous avons trouvé celui dont la loi de Moïse et les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. Nathanael lui dit : Peut-il sortir quelque chose de bon de Nazareth? Philippe lui répondit : Viens et vois ! Jésus voyant s^approcher Nathanael dit de lui : Volet vraiment un Israélite en qui il n'y a point de fraude. Nathanael lui dit : IVoù me connais-tu? Jésus lui dit : Avant que Philippe t'eût appelé, quand tu étais sous le figuier, je te voyais. Maître, lui répondit Nathanafil, tu es le fils de Dieu, tu es le roi d'Israël !
Saint Jean, l, 45-50.
Mes Frères,
C'est un pouvoir bien étonnant et bien admirable que celui de lire au fond des cœurs. Ce pouvoir, vous le savez, n'appartient qu^à Dieu, et doit être compté parmi ses attributs les plus merveilleux et les plus redoutables. Lire au fond des cœurs, connaître chaque pensée à rinstant où elle est conçue, entendre chaque parole avant qu'elle s'échappe de nos lèvres, voir de loin nos sentiments et nos désirs et surprendre jusque dans les derniers replis de la conscience tons les secrets de honte et
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de gloire, c^est là sans doute un mystère que nous, ne pouvons pénétrer, et c'efet en vain que nous chercherions à découvrir comment Dieu possède cette science; mais qu'il la possède et la déploie sans cesse, il est impossible d'en douter. Créateur, il connaît les créatures; c'est un des droits de son essence infinie; c'est un des moyens par lesquels il gouverne le monde, et si le cœur des mortels n'était pas à nu et à découvert devant Dieu, la Providence serait impossible. Il ne sert donc de rien de disputer sur les obscurités de cette doctrine, et il est également vain de vouloir expliquer comment l'œil de Dieu voit tout, comment aucun désir de notre cœur, aucun détail de notre conduite, aucun mot de notre bouche ne lui échappe; le fait est là, évident comme l'existence de Dieu, et quiconque nie cette doctrine, nie Dieu, ou se fait un Dieu qui n'en est pas un et que vous ne voudriez pas adorer. Mais personne, j'ose le dire, personne ne tombe aujourd'hui dans une erreur si absurde et si vaine. Nous ne sommes plus au temps où, dans leur témérité déplorable^ emportés par la hardiesse de leur génie, quelques hommes égarés se plaisaient à environner de mensonges la vérité de l'existence de Dieu, et ont reconnu qu'il existait à condition de lui disputer ses indispensables attributs. De nos jours, ceux qui croient en Dieu (et qui n'y croit pas?) se le représentent tel qu'il est, et je ne sais si, dans la multitude des croyants, vous en trouveriez un seul qui vous dirait : « Il y a un Dieu, mais ce Dieu ne sait pas ce qui se passe dans mon cœur. »
La raison universelle admet l'idée d'un Dieu qui sait tout, et sur ce point comme sur tant d'autres le témoi-*
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gnage de la révélation s'accorde avec l'assentiment de la raison. La doctrine de la toute-science du Seigneur est répandue et en faits et en paroles à travers toute la révélation ; on peut dire que la révélation n^est qu'une grande scène, où la toute-science de Dieu se déploie de mille manières et se manifeste en action. Les premières pages des annales saintes vous montrent comment Dieu trouve une différence entre les sacrifices de deux frères là où l'œil humain ne pouvait voir aucune inégalité ^ comment Dieu sonde le cœur de Caïn avant son crime et l'avertit, lorsqu'il en est temps encore. La doctrine dominante de la religion des patriarches est toujours cette idée : « L'Éternel est ici; Dieu est avec nous! » Ouvrez la Genèse : un sourire même d'incrédulité, sous les tentes d'Abraham, n'échappe pas à cette attention infatigable et suprême*, et certes, il croyait bien fermement que Dieu lisait au fond des cœurs, cet Abraham qui demandait la grâce des villes de la plaine, s'il s'y trouvait cinquante, quarante, trente, vingt, dix, enûn cinq justes.La même vérité est partout vivante dans les missions et les discours des prophètes; il y croyait aussi cet Élie, qui, après s'être enfui au désert, loin d'Israël qu'il voit entièrement tombé dans l'idolâtrie, s'en revient consolé, parce que Dieu lui a dit que sept mille hommes de reste n*ont pas fléchi le genou devant Baal* Aussi, mes Frères, cette doctrine est une de celles qui ont exercé le plus d'empire sur Tesprit des fidèles de l'ancienne alliance, et le mieux inspiré ses chantres et ses poètes. Cette pensée est exprimée avec autant de force que de simplicité dans le livre de Job : Les yeux du Seigneur sont sur les mies des hommes^ et il regarde
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tous leurs ptis^ et il ny a ni ténèbres ni ombre de mort oè se puissent cacher les ouvriers d'iniquité ^ et de cette pensée surtout les Psaumes sont remplis. C'est une des .vérités religieuses que préférait, pour ainsi dire, l'âme sensible et pieuse, le génie élevé de David; il l'opposait comme un bouclier impénétrable aux traits de la calomnie ; elle est son refuge, sa ressource, sa consolation, sa gloire -, il en a tiré quelques-uns de ses tableaux les plus sublimes, et vous vous rappelez surtout cet admirable cantique où il se représente prenant les ailes de Vaube du jour pour sortir de la présence et de la vue de Dieu...., et n'en sortant pa$.
. Cette doctrine indispensable à la religion, cette doctrine d'un Dieu qui assiste à tout, qui voit tout, et qui sait tout, cette doctrine a passé de l'ancienne alliance dans la nouvelle sans rien perdre de sa force et de sa beauté; seulement, elle est comine rapprochée de nous; elle nous est montrée de plus près; elle devient en quelque sorte plus familière et plus visible. Les apôtres, comme les prophètes, ont été revêtus, selon les besoins de leur ministère, de cette étonnante faculté de lire dans les cœurs. Saint Pierre, parmi les aumônes apportées à ses pieds pour les pauvres de l'Église naissante, reconnaissait du premier coup d'œil les aumônes mensongères des Ananias et des Saphira ; saint Paul, sans craindre un démenti, pouvait dire au dernier roi des Juifs : Crois-tu atix prophètes? Je sais que tu y crois ! Et du Christ, vous lisez partout ces mots simples et sublimes : Or^ il connaissait leurs pensées. Oui, très certainement, il connaissait les pensées du monde, celui qui venait sauver le monde. Fils de Dieu, image