DU TEMPLE I>£ BATIGNOLLES
à ses frères pour emprunter au psalmiste un de ses transports de pieuse joie et pour répéter avec lui : Je me suis réjoui à cause de ceux qui me disaient ; Nous irons à la maison de l* Etemel !
Pour l'ami de la patrie et pour Tami de la religion, il y a dans notre solennité de cejour de justes sujets d'allégresse. Suivons, mes Frères, ces deux idées. Voyons comment la joie du citoyen doit s'unir dans nos cœurs à celle du fidèle, et Dieu veuille que la première méditation religieuse du culte de ce temple contribue puis* samment par sa grâce à resserrer les liens qui nous unis* sent comme citoyens de la même patrie, comme disciples du même Sauveur/ comme enfants du même Dieu !
I. Pour un citoyen qui ent^id les vrais intérêts de sa patrie et qui sait l'aimer, ce doit être un sujet de joie que la fondation d'un sanctuaire où Dieu sera servi comme le père commun des hommes, où Jésus-Christ sera annoncé comme le Sauveur commun des pécheurs, où son Évangile sera lu comme le livre qui justifie ou condamne tous les livres, comme la loi divine qui sanctionne ou abroge toutes les lois humaines, comme la charte religi^se, intellectuelle et morale de Thuma- * nité.
Cette joie, j'en conviens, ne sera point ressentie par ces esprits dont la légèreté présomptueuse n'a encore rien découvert de sérieux dans la vie, qui la considèrent comme un drame frivole, tantôt amusant et tantôt ennuyeux, où ils jouent de leur mieux un rôle bientôt oublié, et qui traversent^ leur inutile existence sans que
rien leur fasse comprendre que noire terrestre pèlerinage n'est pas un vain amusement.
Cette joie ne sera pas ressentie par ces indifférents en religion pour qui la piété et la foi, la croyance en Dieu et les questions immenses de la mort, du jugement et de Téternité, sont des questions sans intérêt, dignes à peine d'efïleurer un moment l'attention ; qui réduisent leur christianisme à quelques actes extérieurs dont le sens réel souvent leur échappe, et qui disent et redisent avec l'accent d'un froid dédain : A quoi sert habituellement la religion?
Cette joie ne sera point ressentie par ces tranquilles et durs matérialistes qui n'accordent à l'homme que l'existence des plantes et des animaux, rien de mieux, rien de plus ^ qui se persuadent à plaisir que l'homme, roi de ce monde, n'est qu'une machine organisée avec un peu plus de délicatesse que les autres, et n'entrevoyant de suites à la mort que de servir de pâture aux vers du sépulcre, courbent leurs affections devaàt cette nécessité et disent à leurs proches : Aimons-nous bien auparavant *, car nous ne nous aimerons plus après.
Et cette joie ne sera point ressentie par les honunes qui ne songent qu'à la prospérité matérielle de leur pays, et qui, pourvu que le pauvre travaille et que le riche jouisse, pensent que la société est en voie de progrès, ne cherchent rien au delà, et, sans le savoir, ravalent ainsi la société humaine au niveau d'une société d'assurance, d'ime part pour le plaisir, et de l'autre contre la faim.
Mes Frères, ces esprits frivoles ou indifférents, incrédules ou mondains, ont>-ils raison dans leur indiffé-