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BOUS sommes frères de quiconque veut être notre frère; nous ne croyons pas que toutes les religions soient également vraies, ce qui serait absurde, mais nous croyons que Ton peut être sauvé dans toutes les religions, pàrc« que Dieu est trop juste pour punir les erreurs involontaires, parce qu'une religion sincère est bonne devant lui, qu'ainsi plusieurs chemins mènent au ciel, que chacun doit suivre celui que sa conscience, sa foi et sa raison lui indiquent et qu'au fond il n y a qu'un chemin qui n'y mène point et qui mène ailleurs, celui du mensonge et de l'hypocrisie. N'allez pas nous soupçonner de considérer la vérité comme indifférente, de ne pas croire à sa valeur religieuse et morale, de dire : Qu'importe ce qu'on croit? 11 faut être un Pilate, pour s'écrier avec dédain : Qu'est-ce que la vérité? ISon^ mes Frères, à Dieu ne plaise! Mais nous ne confondrons pas l'erreur et le mensonge; l'erreur est un nfalheur, le mensonge est autre chose; le mensonge est un péché : Dieu fera grâce à l'une, il montrera sajustice à l'autre; et nous, placés sur la brèche pour la défense de ce que nous prenons pour la vérité, et du culte que nous croyons c>élébrer en esprit et en vérité, et de la foi qui nous paraît seule conforme à l'Évangile , nous usons ici du seul prosélytisme qui nous convienne, c'est celui de l'ange qui passe et repasse sur notre monde, en portant de peuple en peuple V Evangile éternel; c'est celui des apôtres de Jésus-Christ qui, ayant les premiers honoré le Seigneur, disaient à leurs frères : Venez^ et voyez ; c'est celui dont saint Paul usait auprès des Corinthiens, en leur disant : Je vous parle comme à des personnes intelligentes j juges vous-mêmes de ce que je
VOUS dis \ c'esty en un mot, le prosélytisme qui nous tait ouvrir nos portes, monter en chaire, déployer, devant vous TÉvangile, vous dire : // est écrit! parler alors selon notre ferme persuasion, et alors..... notre tâche est finie... la vôtre commence, eiqiie celui qui a des oreilles^ entende ce que V Esprit dit aux Églises ! Voilà, mes Frères, nos armes et nos attaques, voilà notre ardeur de convertir, voilà la franchise de nos cœurs et la simplicité de nos paroles! Et je suis si profondément convaincu que notre christianisme est le vrai christianisme, que les deux et la terre passeront et que les paroles du Christ ne passeront points et que force, gloire, admiration, appartiendront de plus en plus à . cette douce et sainte religion qui veut seulement notre bonheur en ce mcHide et dans Fautrè, que je repousserais de toute Ténergie de mon esprit toute autre voie de prosélyti&me, tout autre moyen de conquêtes. Pour se faire connaître, la lumière brille ^ la vérité qui est la lumière de Pâme doit faire comme l'autre lumière. Béni donc soit le jour qui lui ouvre un nouveau sanctuaire!... Je me suis réjoui à cause de ceux qui me di^ saient inous irons à la maison de r Éternel!
La liberté de notre foi répondra à la modération de notre prosélytisme. Ce temple, je bénis Dieu de pouvoir le déclarer en sa présence, dès le premier jour où il s'ouvre, ce temple est fondé sur le principe d'une ea<tière liberté de foi. Il n'y a pas de chaînes autour de cette chaire, nul n'a à en revêtir pour y monter ; on n^a dit à tous ceux qui ont été appelés à y paraître que ce m^tseul : a Voulez-vous y prêcher TÉvangile? » Et quand ils ont demandé selon quelle foi, la réponse a été facile.
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on leur a dit a Selon la Tôtre !» A ce peu de mots sur ce grave sujet, je ne veux rien ajouter. Nous nous réjouissons aujourd'hui à cause de ceux qui nous ont dit : r^ous irons à la maison de VÉtçrnell Évitons de mêler une ombre de tristesse à notre joie, et veuille le Seigneur que dans ce temple domine à toujours le seul principe d^union qu*il a fondé lui-même, le principe de garder V unité de V esprit par le lien de la paix.
Enfin, de tous ces points de vue trop restreints de notre solennité de ce jour, élevez, élevez vos esprits à des pensées plus vastes. Jetez les regards dans Favenir ^ voyez vos enfants et les enfants de vos enfants se succéder sous les humbles voûtes de ce temple, et demandezvous de quelles bienfaisantes vérités ils viendront s'y entretenir. Ah! si un homme se trouvait, ne sachant rien de Dieu, de sa Providence, de Jésus-Christ et de sa rédemption, rien de la mort et de la tombe, rien du jugement où il s'agit de comparaître, rien de l'immortalité où il s'agit d'entrer, rien de son âme qu'il s'agit de sauver, rien des gloires et des joies du ciel, rien du bonheur d'y retrouver et d'y chérir de nouveau les amis qu'il aurait pleures, et si, d'une voix puissante, tandis que cet homme s'en irait follement à travers la vie sans amsidérer son chemin, oh pouvait le saisir au passage et lui crier : « Arrête, où vas-tu ? arrête et regarde ! « Voilà la mort devant toi et au-delà le suprême tribun nal. Arrête ! Tu es enfant de Dieu ^ il ne veut que ton « bonheur; tu es racheté de Jésus; il ne veut que ton « salut ; arrête , tu es immortel , et l'éternité t'at-
<c tend » oh! alors, interdit, inquiet, ému, étonné,
il s'arrêterait sans doute dans sa course rapide ; il di^
rail : où peut-on m'entretenir de ces choses, où peut* on m^éclairer sur ces grands intérêts? Où est la source de ces eaux vives, qui jaillissent en vie éternelle? Conduisez-moi où Ton me parlera de mon Père céleste qui m'a aimé le premier ; conduisez-moi où l'on me parlera de ce Jésus qui est mort pour moi, qui m'a rouvert les cieux, qui a recueilli tous ceux que j'ai aimés, qui a
préparé ma place près delà leur Conduisez-moi
Mes Frères , c'est ici qu'on parle de ces ravissantes et magnifiques espérances, c'est ici que se trouve cette paix qui surpasse tout entendement, qui ne se trouve point ailleurs, qui n'est pas telle que le monde la donne. Vous qui m'écoutez, vous êtes les enfants de ce Père céleste; vous êtes les élus de ce Sauveur généreux; vous, vous êtes les disciples de cet Évangile où ces choses sont écrites, et ici, ici votre P^^e vous couronnera de sa grâce ; ici votre Sauveur vous invitera à sa table; ici son Évangile vous sera proposé. Réjouissezvous donc à cause de ceux qui diront : Nous irons à la maison de C Etemel ! Réjouissez- vous, pères et mères, car vos fils et vos filles ont dès ce jour une occasion de plus d'apprendre à ne pas déshonorer votre amour et faire descendre avec douleur vos cheveux blancs au sépulcre. Réjouissez-:Vous, jeunes gens ; voici un trésor de plus où venir j)uiser ces pures joies qui ne laissent point d^amertume après elles ; réjouissez-vous, vieillards, voici un degré de plus pour monter vers les cieux qui se préparent à s'ouvrir pour vous, et vous aussi, vous dont le deuil attriste la vie, vous qui du seuil de ce temple voyez de près ou de loin des tombes chéries, vous qui viendrez dans ce temple nouveau peut-être parce qiie
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VOUS n'y retrouvez pas la place vide qui vous fait pleurer dans les autres, réjouissez-vous aussi du milieu de votre tristesse, car voici un sanctuaire de plus d'où vous pouvez entrevoir dans les cieux la gloire de ceux
qui vous ont précédés Dans ces espérances, danà ces
sentiments, élevons nos âmes à Dieu et consacrons ce temple à celui qui est le seul et vrai Dieu^ et à Jéstis- Christ quHl nous a envoyé. Dans ces sentiments... Éternel, Dieu tout puissant, tout sage, et tout bon. Père commun de tous les hommes, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, nous, disciples de ton divin Fils, prosternés en ce moment devant toi, pasteurs, conducteurs et fidèles, nous consacrons ce temple à ton service à jamais ! Fais-y régner à jamais, pour tous ceux qui de génération en génération passeront ses portes, ta grâce et ta paix! Laisse venir à toi tous les petits enfants qui y recevront le signe du baptême ! Laisse venir à toi tous les époux qui y prononceront en ta présence leurs vœux solennels ! Laisse venir à toi tous les fidèles qui y participeront aux symboles sacrés du corps et du sang du Seigneur, les gages du salut, et qu'ainsi d'âge en âge, longtemps après que tous ceux qui te consacrent aujourd'hui ces parvis seront entrés dans ton re[)0s, ce temple soit à toujours ton temple, afin qu'il se trouve toujours une voix pour y dire : Grâce et gloire à toi, notre Père ! Grâce et gloire à Jésus, notre Sauveur !