LE RICHE £T L£ PAUVRE CHEFS DE FÂMU.LE
celle qui souvent a sa place naturellement marquée au bout de la vie, celle dont la Providence choisit l'instant et trace autour de nous le désert d'un jour, celle où Ton trouve une compagne au moins, lespérance, le doigt levé vers les cieux. De ces deux solitudes, quelle est la plus complète? Ce n'est jamais celle qui n'est que le dénouement temporel de la vie de famille, gardant jusqu'au bout toutes ses consolations autant que ses saintetés. Le père dont la voix affaiblie murmure une dernière prière en faveur de ses enfants, le mari dont la 'main glacée serre d'une dernière étreinte la main de sa femme honorée et chérie qui vient de recueillir sa dernière larme, ces jeunes gens et ces jeunes filles qui s' inclinent pour recevoir une bénédiction suprême, savent tous que la mort commence ainsi et prépare une de ces solitudes inévitables qu'elle crée autour d'elle ; ils savent tous qu'un lien de famille va se rompre... Mais tous savent aussi que pour le voir se reformer à l'instant et se compléter de nouveau, il sufSt de se dégager des choses visibles qui finissent et de s'élancer vers ces oicux immortels où toutes les affections sont immortelles comme eux.... Chrétiens, jetez donc les yeux en avant vers la fin de vos jours, et choisissez la solitude que vous voulez vous préparer d'avance... La véritable vie de famille a deux périodes pour deux tendresses: celle de la vie qui finit, celle de la vie du ciel, qui reprend pour ne finir jamais; mes Frères! il faut savoir ^ivre et travailler pour les deux.