‹ SermonsChapitre 4 sur 37 · LI · texte numérisé non relu

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pek>ns-nous donc que nous sommes chrétiens et non Israélites^ cherchons dans la Bible des vérités, des préceptes, des espérances, des consolations, et non des prodiges ^ si Hénoch, si Élie sont au ciel, nous les y trouverons^ il sera temps alors de chercher à savoir pourquoi ils y sont arrivés par un autre chemin que nous ^ mais il n'y a dans leur sort rien qui ressemble au nôtre, rien qui nous instruise, nous rassure, nous console... Voilà, mes Frères, une critique ordinaire que le monde dans sa piété superficielle fait de ces antiques miracles. Pour y répondre, je vous propose Tépreuve la plus décisive. Essayons de découvrir ce qu'Élie, prêt à monter aux cieux, pouvait dire à Elisée. Le récit sacré rapporte que comme ils marchaient s*entretenant ensemble, Ëlie fut enlevé. Essayons de découvrir quels peuvent avoir été les derniers discours du prophète à son disciple, et voyons si Élie en ce moment a pu dire un seul mot que nous, disciples de Christ, nous ne saurions répéter. Voici les conseils et les adieux qu'Élie aurait pu adresser à son ami : « Je rends grâce à Dieu n que j'ai servi avec une conscience pure ; je rappelle « en mon esprit ta foi sincère, et je t'exhorte de rani- « mer le don de Dieu qui est en toi; car Dieu ne nous « a pas donné un esprit de timidité, mais un esprit de a force, de charité, de prudence. Je sais en qui j'ai « cru, et ce solide fondement de Dieu subsiste tou- « jours, que Dieu connaît ceux qui sont' siens. Re- (( cherche donc la justice, la foi, la paix et Tamour « avec ceux qui invoquent d'un cœur pur le Seigneur. « Tu as pleinement compris ma doctrine, ma conduite, « mes desseins, et tu sais quelles persécutions, quelles

« affltctiOH» me sont arrivées, et comment le Seigneur « m'a délivré de toutes. Demeure ferme en ces choses a que tu as apprises... le temps de mon départ est n proche. J'ai combattu le bon combat. J'ai achevé la ft course. J'ai gardé la foi. La couronne de justice « m'est réservée ] le Seigneur, juste juge, me la dé^ « cernera. Le Seigneur me d^ivre de toute mauvaise « œuvre et me reçoit dans son royaume céleste. A Jui a soit gloire aux siècles des siècles! »

Vous l'avez reconnu en m'écoutant ^ dans ces discours mis dans la bouche d'Élie et qui etmviennent si bien à sa situation, il n'y a pas un seul mot qui ne soit tiré de la seconde épftre de saint Paul à Timothée, de cette épître si justement nommée le testament de saint Paul, écrite peu de temps avant sa mort, écrite du bord de la tombe, écrite en quelque sorte entre le ciel et la terre. Pensez-y fortement : Élie pouvait-il dire plus? Élie pouvaitril concevoir d'autres idées, nourrir d^autres espérances, offirir d'autres consolations, élever d'autres actions de grâces? Non, les derniers discours, les derniers adieux d'Élie à son disciple Elisée, ne pouvaient être que ceux de Paul à son disciple Timothée. Bfes Frères, quelle sublime idée, que le langage du (^rétien mourant soit le seul qui convienne à un Israélite mcmtant aux cieux! Le trépas de l'un et le tri<Hnphe de l'autre se confondent et ne sont que la même délivrance. Et quelles conséquences en déduire? Il en résulte d'abord que l'Ancien et le Nouveau Testament ne sont pas deux livres, mais un livre; qu'il n'y a pas au fond deux alliances, mais une alliance; qu'il n'y a qu'un Dieu de tous, qu'un baptême et qu'une foi de ce

côté-ci du tombeau, qu'un ciel et qn^une immortalité au delà, et que la communion des saints est fondée tout entière sur cette parole du Sauveur : Je van à mon Père^ qui est voire Père y et à mon Dieu qui est votre Dieu! Ensuite, si toutes ces pensées, ces consolations, ces espérances d^un chrétien près de mourir sont les seules qui omvieflnent à un Élie près d^être transporté aux cieux, qui peut soutenir qu'un tel exemple ne nous garantisse et ne nous apprenne rien? mes Frères, il nous garantit ce qu'il y a de plus précieux, Timmortalitéi, et il nous apprend ce qu'il y a de plus difficile, il nous apprend à nous quitter.. • Vous donc qui craignez la mort pour vous-mêmes, qui redoutez les ténèbres, le silence, le froid de la tombe, songez qu'Élie, au moment de son triomphe, ne pouvait rien dire de plus que vous, et n'était pas plus sût du ciel que vous ne l'êtes... Et vous qui redoutez surtout de survivre à ceux que vous aimez et qui frémissez à l'idée même éloignée de ces séparations, songez qu'Élie au moment de son triomphe aurait cessé de le mériter, s'il avait cru que le ciel n'était que pour lui, s'il avait douté d'y retrouver ceux qu'il laissait en ce monde... Et vous enfin qui avez gémi déjà de quelque perte cruelle... car c'est à vous qu'appartiennent à juste titre les dernières pensées de ces deux méditations... Mes Frères, ils étaient chrétiens ces amis, ces parents que vous pleurez, et encore une fois, Élie triomphant ne pouvait rien dire de plus qu'un vrai chrétien ; vous avez droit dès lors de vous représenter ces objets si chers comme des Hénoch, comme des Élie, jouissant de la paix du Seigneur! Quelle puissante et facile consolation! Oui, vous êtes

au rang des Hénoch et des Élie, fidèles serviteurs de Christ qui nous avez précédés! Vous êtes au rang des Hénoch et des Élie, pères et mères vénérés, dont nous avons fermé les yeux et qui nous avez conduits à Jésus î Vous êtes au rang des Hénoch et des Élie, amis, parents, bienfaiteurs, à qui nous devons tout ce que nous possédons et tout ce que nous sommes ! Vous êtes au rang des Hénoch et des Élie, enfants innocents et purs, qui nous avez été redemandés, et dont l'âme maintenant se développe et se complète dans les cieux... Travaillons donc à les rejoindre dans la gloire, en nous souvenant, au milieu des fatigues de nos pèlerinages^ quHl reste un repos pour le peuple de Dieu.

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