‹ Sermons choisis de Bossuet (volume 2)Chapitre 111 sur 139 · SUR LE PÉCHÉ · texte numérisé non relu

SUR LE PÉCHÉ

Et ne me demandez pas , chrétiens , de quelle sorte se fer» ce grand changement de nos plaisirs en supplices; la chose est prouvée par les Écritures. C'est le véritable qui le dit, c'est 1» Tout-Puissant qui le fait. Et toutefois, si vous regardez la nature des passions auxquelles vous abandonnez votre cœur, vous comprendrez aisément qu'elles peuvent devenir un supplice intolérable. Elles ont toutes en elles-mêmes des peines CDuelies , des dégoûts , des amertumes. Elles ont toutes une infinité qui se fâche de ne pouvoir être assouvie ; cequi mêle dans elles toutes des emportements qui dégénèrent en une espèce de fureur non moins pénible que déraisonnable. L'amour impur, s'il m'est

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permis de le nommer dans cette chaire, a ses incertitudes , ses agitations violentes, et ses résolutions irrésolues, et Tenfer de ses jalousies : Dura sicut in/emus œmulatio ' : et le reste que je ne dis pas. L'ambition a ses captivités, ses empressements , ses défiances et ses craintes, dans sa hauteur même-, qui est souvent la mesure de son précipice. L'avarice , passion basse, passion odieuse au monde, amasse non-seulement les injustices, mais encore les inquiétudes avec les trésors. Eh ! qu'y a-t-ii donc de plus aisé que de faire de nos passions une peine insupportable de nos péchés , en leur ôtant , comme il est très-juste , ce peu de douceur par où elles nous séduisent , et leur laissant seulement les inquiétudes cruelles et l'amertume dont elles abondent? Nos péchés contre nous , nos péchés sur nous , nos péchés au milieu de nous : trait perçant contre notre sein , poids insupportable sur notre tête , poison dévorant dans nos entrailles.

( Sermon pour le troisième dimanche de rivent, )

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