‹ Sermons choisis de Bossuet (volume 2)Chapitre 127 sur 139 · DIEU · texte numérisé non relu

DIEU

« Que ne peut-on dire de Dieu, dit saint Augustin.^ mais <« que peut-on dire de Dieu dignement.^ » Omnia possttnt

' De Civ. Dci, ÎJb. xi, cap. xxvii; lom. vu, col. 293.

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dici de Deo, et nihil digne dicitur de Deo >. Il est tout ce que nous pouvons penser de grand , et il n'est rien de ce que nous pouvons penser de plus grand , parce que sa perfection est si éminente , que nos pensées n'y peuvent atteindre , et que nous ne pouvons pas même dignement comprendre jusques à quel point il est incompréhensible.

NATURE mCOMPRËHERSIBLE DE DIEU.

Celui que nous confessons être inconcevable dans sa nature, nous ne laissons pas toutefois de le vouloir comprendre dans ses pensées , et dans les desseins de sa sagesse. Quelques-uns ont osé reprendre Tordre du monde et de la nature. Plusieurs se veulent faire conseillers de Dieu , du moins en ce qui regarde les choses humaines ; mais tous , presque sans exception, lui demandent raison pour eux-mêmes, et veulent comprendre ses desseins en ce qui les touche. Les hommes se sont formé une certaine idole de fortune que nous accusons tous de nous être injuste; et, sous le nom de la fortune , c*est la Sagesse divine dont nous accusons les conseils, parce que nous ne pouvons pas en savoir le fond. Nous voulons qu'elle se mesure à nos intérêts , et qu'elle se renferme dans nos pensées. Faible et petite partie du grand ouvrage de Dieu , nous prétendons qu'il nous détache du dessein total , pour nous traiter à notre mode, au gré de nos fantaisies; comme si cette profonde Sagesse composait ses desseins par pièces , à la manière des hommes ; et nous ne concevons pas que si Dieu n'est pas comme nous, il ne pense pas non plus comme nous, il ne résout pas comme nous, il n'agit pas comme nous ; tellement que ce qui répugne à notre raison s'accorde nécessairement aune raison plus haute que nous devons adorer , et non tenter vainement de la comprendre.

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