SUR LA PUISSANCE ECCLÉSIASTIQUE
Da 19 mars I68S.
« Plusieurs s'efforcent de renverser les décrets deTÉglise gallicane , ses libertés qu'ont soutenues avec tant de zèle nos ancêtres , et leurs fondements , appuyés sur les saints canons et sur la tradition des Pères. Il en est aussi qui, sous le prétexte de ces libertés , ne craignent pas de porter atteinte à la primauté de saint Pierre et des pontifes romains ses successeurs , instituée par ié^ sus-Christ, à l'obéissance qui leur est due par tous les chrétiens, et à la majesté, si vénérable aux yeux de toutes les nations, d i siège apostolique , où s'enseigne la foi et se conserve l'unité de l'Église. Les hérétiques , d'autre part^'omettent rien pour présenter cette puissance , qui renferme la paix de l'Église , comme insupportable aux rois et aux peuples , et pour séparer, par cet artifice, les âmes simples de la communion de l'Église et de Jésus- Christ. C'est dans le dessein de remédier à de tels inconvénients que nous, archevêques et évéques assemblés à Paris par ordre du roi , avec les autres députés , qui représentons l'Église gallicane , avons jugé convenable , après une mûre délibération , d'établir et de déclarer :
<« Que saint Pierre et ses successeurs , vicaires de Jésus-Christ, et que toute l'Église même , n'ont reçu de puissance de Dieu que sur les choses spirituelles et qui concernent le salut , et non point sur les choses temporelles et civiles , Jésus-Christ nous apprenant
siasme mêlé de regrets, que mon admiration, impatiente du boobear d'en expliquer toutes les sublimes beautés , comme Je les sens , serait obligée de le copier tout entier. Le moyen de choisir entre tant de pages sublimes qui se succèdent sans interruption ! le moyen d*en rien retrancher, quand tout fournit un commentaire intéressant pour quiconque veut s'instruire, et se connaît en éloquence ! Il faut donc le lire oe disopurs, d'un bout à l'autre, et puis le relire encore, avec la certitude d'y découvrir toujours de nouveaux motifs de l'admirer.
(Éloquence de la chaire, 1. 1, p. 136.)
lyl-méme « que son royaume n*est point de ce monde ; » et en un autre endroit , « qu'il faut rendre à César ce qui est à César, et à « Dieu ce qui est à Dieu ; » et qu'ainsi ce précepte de l'apôtre saint Paul ne peut en rien être altéré ou ébranlé : « Que toute per- « sonne soit soumise aux puissances supérieures ; car il n'y a « point de puissance qui ne vienne de Dieu , et c'est lui qui ordonne « celles qui sont sur la terre : celui donc qui s'oppose aux puisa sances résiste à l'ordre de Dieu. » Nous déclarons en conséquence que les rois et les souverains ne sont somnis à aucune puissance ecdQsiastique par l'ordre de Dieu dans les choses temporelles ; qu'ils ne peuvent être déposés directement ni indirectement par Fautorité des chefs de l'Église ; que leurs sujets ne peuvent être dispensés de la soumission et de l'obéissance qu'ils leur doivent , ou absous du serment de fidélité; et que cette doctrine, nécessaire pour la tranquillité publique, et non moins avantageuse à l'Église qu'à l'État, doit être inviolablement suivie comme conforme à la parole de Diey^ à la tradition des saints Pères , et aux exemples des saints.
« Que la plénitude de puissance que le saint-siége apostolique et les successeurs de saint Pierre, vicaires de Jésus-Christ, ont sur les choses spirituelles, est telle que les décrets du saint concile œcuménique de Constance , dans les sessions IV et Y, approuvés par le saint-siége apostolique , confirmés par la pratique de toute l'Église el des pontifes romains , et observés religieusement dans tous les temps par l'Église gallicane , demeurent dans toute leur force et vertu ; et que l'Église de France n'approuve pas l'opinion (le ceux qui donnent atteinte à ces décrets , ou qui les affaiblisf^ent en disant que leur autorité n'est pas bien établie , qu'ils ne sont point approuves , ou qu'ils ne regardent que le temps du schisme.
•c Qu'ainsi l'usage de la puissance apostolique doit être réglé suivant les canons faits par l'esprit de Dieu, et consacrés par le respect général ; que les règles , les mœurs , et les constitutions reçues dans le royaume , doivent être maintenues , et les bornes po-
flées par hos pères demeurer inébranlables ; qu'il est même â||>1a grandeur du saini-siége apostolique que les lois et coutumes établies du consentement de ce siège respectable et des Églises subsistent invariablement.
« Que , quoique le pape ait la principale part dans les questions de foi > et que ses décrets regardent toutes les Églises , et chaque Église en particulier, son jugement n'est pourtant pas irréformable, à moins que le consentement de l'Église n^intenriennc'.
« Nous avons arrêté d'envoyer à toutes les Églises de France , et aux évêques qui y président par l'autorité du Saint-Esprit , ces maximes que nous avons reçues de nos pères » afin que nous disions tous la même chose , que noua soyons tous dans les mêmes sentiments 9 et que nous suivions tous la même doctrine. »
Cette déclaration fut signée par les #ente-quatre archevêques et évéques , et par les trente-quatre députés ecclésiastiques qui composaient l'assemblée.
> Une des lettres de Bossnet contient cette oheervation remarquable : « Il faut toi^ours en revenir à ne mettre la dernière et irrévocable décision que dans le oonseotement de TÊglise universelle , à laquelle seule BOUS attachons notre foi dans le synSioIe » En effet , rinfaillibilité du (a|w ne peut être que oeUede l'Eglise. ( B. >
SERMON