‹ Sermons choisis de Bossuet (volume 2)Chapitre 19 sur 139 · SUR L'UNITÉ DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

SUR L'UNITÉ DE L'ÉGLISE

Qvam pulchra iabêmtieultk tua, Jaeob, *t tentoria tua, Israël!

Que vos tentes sont belles , 6 enfants de Jacob r que vos pavillons , ô Israélites . sont merveillêax! Ceat ce que dit Balaam, inspiré de Dieu, à la vue du camp d'Iraél dans le dé^ sert, ( Au livre des Nombres y mv, 1 , 2, 3, 8. ):

Messeigneubs ,

CestsaDsdoute un grand spectacle de voir rÉgllse chrétiennefigurée dans les anciens Israélites ; la voir, disje, sortie de TÉf^jpte et des ténèbres de l'idolâtrie, cherchant la terre promiseà travers d'un désert immense , où elle ne trouve que d'affreux rochers et des sables brûlants : nulle terre, nulle culture, nui fruit ; une sécheresse ef&oyable ; nul pain qu'il ne lui faille envoyer du ciel ; nul rafraîchissement qu'il ne lui faille tirer par miracle du sein d'une roche ; toute la nature stérile pour ell^ et aucun bien que par grâce. Mais ce n'est pas ce qu'elle a da plus surprenant. Dans l'horreur de cette vaste solitude, on 1» voit environnée d'ennemis ; ne marchant jamais qu'en bataille ^ ne logeant que sous des tentes : toujours prête à déloger et à combattre : étrangère que rien n'attache, que rien ne contente ; qui regarde tout en passant, sans vouloir jamais s'arrêter; heureuse néanmoins dans cet état, tant à cause des eonsolations. qu'elle reçoit durant le voyage, qu'à cause du glorieux et immuable repos qui sera la fin de sa course. Voilà l'image de TÉ* ^ise pendant qu'elle voyage sur la terre.

< L*abbé Deforis dit qa*on avait longtemps attribué- ce sermon à Bos-^ soet . mais qu'il n'est pas de lui. S*il eût consulté l'édition des-sermons de Fénelon publiée en 474S, in-f2, il aurait vu que le manuscrit orignal de Fénelon existait à cette époque , et que l'éditeur Ramsay l'a publié sur cet autographe. Cest à Tobligeance de M. l'abbé Caron , ce savant et scrupuleox éditeur des Œovres de Bossuet et de Fénelon, que nous devons cette* remarque. A. F. iv

88 SUB l*unit£

Balaam la voit dans le désert : son ordre, sa discipline, ses douze tribus rangées sous leurs étendards ; Dieu , son chef invisible, au milieu d*elle; Aaron, prince des prêtres et de tout le peuple de Dieu , chef visible de l'Église sous Tautorité de Moïse , souverain législateur et figure de Jésus- Christ ; le sacerdoce étroitement uni avec la magistrature ; tout en paix par le concours de ces deux puissances ; Coré et ses sectateurs , ennemis de Fordre et de la paix , engloutis , à la vue de tout le peuple, dans la terre soudainement entr'ouverte sous leurs pieds, et ensevelis tout vivants dans les enfers. Quel spectacle! quelle assemblée! quelle beauté de TÉglise! Du haut d'une montagne, Balaam la voit tout entière ; et au lieu de la maudire , comme on Fy voulait contraindre , il la bénit. On le détourne , on espère lui en cacher la beauté , en lui montrant ce grand corps par un corn d'où il ne puisse en découvrir qu'une partie ; et il n*est pas moins transporté, parce qu'il voit cette partie dans le tout, avec toute la convenance et toute la proportion qui les assortit Fun avec Fautre. Ainsi , de quelque côté qu'il la considère, il est hors de lui ; et, ravi en admiration, il s'écrie : Quam pulchra (nbema-cula tua y Jacob, et tentoria tua, Israël! « Que vous êtes- « admirables sous vos tentes , enfants de Jacob ! » quel ordre dans votre camp! quelle mervdlleuse beauté parait dans ces pavillons si sagement arrangés ! et si vous causez tant d'admiration sous vos tentes et dans votre marche, que sera-ce quand vous serez établis dans votre patrie l

Il n'est pas possible , mes frères , qu'à la vue de cette auguste assemblée , vous n'entriez dans de pareils sentiments. Une des plus belles parties de FÉglise universelle se présente à vous. C'est l'Église gallicane qui vous a tous engendrés ea Jésus-Christ; Église renommée dans tous les siècles, aujourd'hui représentée par tant de prélats que vous voyez assistés de Félite de leur clergé , et tous ensemble prêts à vous bénir , prêts à vous instruire, selon Fordre qu'ils en ont reçu du- cieF. Cest en leur nom que je vous parle ; c'est par leur autorité que je vous prêche. Qu'elle est belle , cette Église gallicane y

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