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pleine de science et de verlu ! mais qu^elle est belle dans sou tout ^ qui est TÉglise catholique! et qu^elle est belle saintement et inviolablement unie à son chef, c'est-à-dire au successeur de saint Pierre ! O que cette union ne soit point troublée ! que rien n'altère cette paix et cette unité où Dieu ha-
Jbite!
Esprit saint. Esprit pacifique, qui faites habiter les frères unanimement dans votre maison, affermissez-y la paix. La paix est Tobjet de cette assemblée : au moindre bruit de division , nous accourons effrayés , pour unir parfaitement le corps de l'Église , le père et les enfants, le chef et les membres, le sacerdoce et Tempire. Mais puisqu'il s'agit d'unité , commençons à nous unir par des vœux communs , et demandons tous ensemble la grâce du Saint-Esprit par l'intercession de la sainte Vierge. Ave,
Messeigneubs,
« Regarde, et fais selon le modèle qui t'a été montré sur tt la montagne ; » c'est ce qui fut dit à Moïse lorsqu'il eut ordre de construire le tabernacle '. Mais saint Paul nous avertit * que ce n'est pointée tabernacle bâti de main d'homme, qui doit être travaillé avec tant de soin, et formé sur ee beau modèle ; c'est le vrai tabernacle de Dieu et des hommes ; c^est l'Église catholique, où Dieu habite, et dont le plan est fait dans le ciel. C'est aussi pour cette raison que saint Jean voyait dans l'Apocalypse « la sainte cité de Jérusalem^, » et l'Église qui commençait à s'établir par toute la terre; il la voyait , dis-je , descendre du ciel. C'est là que les desseins en ont été pris : « Regarde , et fais selon le modèle qui fa R été montré sur cette montagne. »
Mais pourquoi parler de saint Jean et de Moïse? écoutons Jésus-Christ lui-même. Il nous dira « qu'il ne fait rien que « ce qu'il voit faire à son Père*. » Qu'a-^il donc vu, chrétiens, quand il a formé son Église.^ Qu'a-t-il vu dans la lu-
' Exocl. XXV. 40. — = Hebr. vin. 9—3 Apoc. xxi. lO. — * Joan. v. ï9.
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inière éternelle et dans les splendeurs des saints; où il a ét^ engendré devant Taurore? Cest le secret de rÊpoux , et nul autre que TÉpoux ne le peut dire.
« Père saint , je vous recommande ceux que vous m*avez « donnés , • je vous recommande noon Église ; « gardez-les « en votre nom , afin qu'ils soient un comme nous ' ; « et encore : « Comme vous êtes en moi, et moi en vous , 6 mon « Père, ainsi qu'ils soient un en nous. Qu'ils soient un comme « nous ; qu'ils soient un en nous *. » Je vous entends, 6 Sauveur ! TOUS voulez faire votre Église belle, vous oomafiencez par la faire parfaitement une; car qu'est-ce que la beauté, sinon un rapport, une convenance, et enfin une espèce d'unité? Rien li'est plus beau que la nature divine , où le nombre même, qui ne subâste que dans les rapports mutuels de trois Personnes égales , se termine en une parfaite unité. Après la Divinité rien n'est plus beau que l'Église, où l'unité divine est représentée. « Un comme nous, un en nous ; regardez , « et faites suivant ce modèle. »
Une si grande lumière nous éblouirait ; descendons , et considérons l'unité avec la beauté dans les chœurs des anges. La lumière s'y distribue sans se diviser ; elle passe d'un ordre à un autre, d'un chœur à un autre, avec une parfaite correspondance, parcequ'il y a une parfaite subordination. Les auges ne dédaignent pas de se soumettre aux archanges , ni les archanges de reconnaître les puissances supérieures. C'est une armée où tout marche avec ordre , et, comme disait ce patriarche : « C'est ici le camp de Dieu 3. » C'est pourquoi, dans ce combat donné dans le ciel, on nous représente « Miciicl « et ses anges contre Satan et ses anges 4. » il y a un chef dans chaque parti *, mais ceux qui disent avec saint Michel ; « Qui égale Dieu? » triomphent des orgueilleux , qui disent : Qui nous égale ? et les anges victorieux demeurent unis à leur Créateur, sous le chef qu'il leur a donné. G Jésus, qui n'êtes pas moins le chef des anges que celui des hommes 9 « regar-
' Joan. XVII. II. — » Ibid. xvii. 21, 22. — 3 Gènes, xxxii 2. — * Apoc. xii. 7.
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« dez, et Élites selon ce modèle ', » que la sainte hiérarchie de votre Église soit formée sur celle des esprits célestes. Car, comme dit saint Gr^irc \ « si la seule beauté de Tordre fait « qu'il se trouve tant d'obéissance où il n'y a pomt de péché , « combien phis doit-il y avoir de subordination et de dépen- « danee parmi nous , où le péché mettrait tout en confusion « sans ce secours ? »
Sdon cet ordre admirable , toute la nature angélique a ensemble une immortelle beauté ; et chaque troupe , chaque choeur des anges a sa beauté particulière , inséparable de celle du tout. Cet ordre a passé du del à la terre ; et je vous ai dit d^abord qu'outre la beauté de l'Église universelle , qui consiste dans l'assemblage du tout , chaque Église placée dans un si beau toiift, avec une justesse parfaite, a sa grâce particulière. Jusqu'ici tout nous est commun avec les saints anges ; mais saint Grégoire nous a fait remarquer que le péché n'est point parmi eux ; c'est pourquoi la paix y règne éternellement. Cette dté bienheureuse, d'où les superi)es et les factieux ont été bannis, où il n'est resté que les humbles et les pacifiques, ne craint plus d'être divisée. Le péché est parmi nous; malgré notre infirmité, l'orgueil y règne ; et, tirant tout à soi , il mus arme les uns contre les autres. L'Église donc , qui porte en son sein , dans ce secret principe d'orgueil qu'elle ne cesse de réforme dans ses enfants , une étemelle semence de divi* ^on, n'aurait point de beauté durable , ni de véritable unité, si elle ne trouvait dans son unité des moyens de s'y affermir , quand elle est menacée de division.
Écoutez, voici le mystère de l'unité catholique, et le principe immortel de la beauté de l'Église. Elle est belle et une dans son tout ; c'est ma pi^mière partie , où nous verrons la beauté de tout le corps de l'Église : belle et une en chaque membre ; c'est ma seconde partie , où nous verrons la beauté particulière de l'Église gallicane dans ce beau tout de l'Église universelle : belle et une d'une beauté et d'une unité durables \
' s. Greg. Episl. lib. y, Epist. Liv, lom. il , col. 784.