POUB LA FÊTE DB TOUS LES SAINTS
thiens, il £ûtce beau commentaire : « Dieu, dit-il , sera toutes « choses à tous les esprits bienheureux , parce qu'il sera leur • commun spectacle, il sera leur commune joie, il sera leur « commune paix : » Commune spectaculum erit omnibus Deu$; commime gaudium erit omnibus Deus; communis pax erit omnibus Deus ' .
Et certes pour être heureux , selon les maximes de ce même saint, il faut n*être poiot trompé, ne rien souffrir, ne rien craindre. Car, comme la vârité est si précieuse; quelque bien que rhomme possède d'ailleurs , il n'est pas assez riche s'il est trompé , et il manque d'un grand trésor : encore qu'il connaisse la véhté , sans doute il n'est point content pour cela s'il souffire ; et quoiqu'il ne souffre pas , il n'est point tranquille s'il craint. Là donc , dans le royaume des deux, dans la céleste Jérusalem , il n'y aura point d'erreur, parce qu'on y verra Dieu ; il n'y aura point de douleur, parce qu'on y jouira de Dieu ; il n'y aura point de crainte ni d'inquiétude , parce qu'on s'y reposera à jamais en Dieu : si bien que nous y serons éternellement bienheureux , parce que nous aurons dans cette vue le véritable et le plus noble exercice de nos esprits ; nous goûterons dans cette jouissance le parfait contentement de nos cœurs; noqs posséderons dans cette paix l'immuable affermissement de notre repos. Voilà trois sublimer vérités que saint Augustin nous propose , et que je tâcherai de rendre sensibles, si vous me donnez vos attentions; afin que vous soyez convaincus que comme il n'y a rien de plus libéral que Dieu qui nous offre de si grands dons, il n'y a rien aussi de plus ingrat, ni de plus aveugle, que ^' homme qui ne sait pas profiter d'une telle munificence.
PREMIER POINT
Si l'apôtre saint Paul a dit que les fidèles sont un spectacle au monde, aux anges et aux hommes *, nous pouvons encore ajouter qu'ils sont un spectacle à Dieu mêoie. Nous appreqous
» s. Aug. inPs. Lxwiv, n. m, tom. fv, roi. Ro". — ' 1. Cor. iv a.