STIR LA DIVINITÉ DE LA HELIGÏOW
n'est qu'une feinte douleur et un repentir imaginaire. ISe vous trompez pas, chrétiens, ir n'est pas si aisé de se repentir. Pour produire un repentir sincère , il faut renverser son cœur jusqu'aux fondements , déraciner ses inclinations avec violence, s'indigner implacablement contre ses faiblesses , s'arracher de vive force à soi-même. Si vous prévoyiez un tel repentir, il vous serait im frein salutaire. Mais le repentir que vous attendez n'est qu'une grimace ; la douleur que vous espérez, une illusion et une chimère : et vous avez sujet de craindre que , par une juste punition d'avoir si étrangement renversé k nature de la pénitence, un Dieu méprisé et vengeur de ses sacrements profanés ne vous envoie , en sa fureur, non le Feccavi d'im David, non les regrets d'un saint Pierre, non la douleur amère d'une Madeleine; mais le regret politique d'un Saiil , mais la douleur désespérée d'un Judas , mais le repentir stérile d'un Antiochus; et que vous ne périssiez malheureusement dans votre fiausse contrition et dans votre pénitence impénitente. Vivons donc, mes frères, de sorte que la rémission des péchés ne nous soit pas un scandale. Rétablissons les choses dans leur usage naturel. Que la pénitence soit pénitence, un remède et non un poison; que Fespérance soit espérance, une ressource à la faiblesse, et non un appui à l'audace ; que la douleur soit une douleur; que le repentir soit un repentir, c'est-à-dire l'expiation des péchés passés, et non le fondement des péchés futurs. Ainsi nous arriverons par la pénitence au Ijeu où il n'y a plus ni repentir ni douleur, mais un calme perpétuel et une paix immuable [ que je vous souhaite ] au nom, etc.
SERMON