‹ Sermons choisis de Bossuet (volume 2)Chapitre 57 sur 139 · SUB LES DEVOIRS DES BOIS · texte numérisé non relu

SUB LES DEVOIRS DES BOIS

raine , qui doit donner le branle dans les autres choses , n a pas jugé indigue d'elle de ne faire que seconder dans toutes les affaires ecclésiastiques ; et un roi de France , empereur, n'a pas cru se rabaisser trop , lorsqu'il promet son assistance aux prélats « qu'il les assure de son appui dans les fonctions de leur ministère : « afin , dit ce grand roi < , que notre puisai sance royale servant, comme il est convenable, à ce que « demande votre autorité, vous puissiez exécuter vos dé- " crets : » Ut nostro auxUio syffuUi, quod vestra autoritas expoxcit y famulante y ut decet , potestate nostra, perficere valeatis ».

Mais , ô sainte autorité de l'Église , frein nécessaire de la licence, et unique appui de la discipline , qu'es-tu maintenant devenue ? Abandonnée par les uns et usurpée par les autres , ou elle est entièrement abolie , ou elle est dans des mains étrangères. Mais il faudrait un trop long discours pour exposer ici toutes ses plaies. Sire , le temps en éclaircira Votre Majesté. Cette affaire est digne que Votre Majesté s'y applique : et dans la réformation générale de tous les abus de l'État, qui est due à la gloire de votre règne, que l'on attend de votre haute sagesse , l'Église et son autorité , tant de fois blessées , recevront leur soulagement de vos mains royales. Et comme cette autorité de l'Église n'est pas faite pour l'éclat d'une vaine pompe , mais pour l'établissement des bonnes mœurs et de la véritable piété, c'est ici principalement que les monarques chrétiens doivent faire régner Jésus-Christ sur les peuples qui leur obéissent; et voici en peu de mots quels sont leurs devoirs, comme le Saint-Esprit nous les représente.

Le premier et le plus connu , c'est d'exterminer les blasphèmes. Jésus-Christ est un grand roi ; et le moindre respect que l'on doive aux rois^ c'est de parler d'eux avec honneur. Un roi ne permet pas dans ses États qu'on parle irrévéremment même d'un roi étranger, même d'un roi ennemi , tant le nom de roi est vénérable partout où il se rencontre. Eh quoi

■ Lud. Pius. — ' Capit. an 823, cap. iv, t. i , p. 634. (Édit. Baluz. >

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