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Difle^ntes espèces d'bonoeur. Estime (|ué nous devons faire de la bonne opinion des hommes : combien et comment noas devons tfirvailler à nous la concilier et à nous y maintenir.
L'honneur peut être considéré en deux manières : 1^ il peut être pris pour le crédit et l'autorité que donnent les emplois , les charges , la faveur des grands ; T pour la bonne opinion que
' II. Macb. vm. 3&. — » Mach. ix. 8.
2ri2 SUR L HONNEUR.
Von a de nous. Cette dernière sorte d'honneur est un moyen assez ordinaire pour parvenir à l'autre; et la première nous donne de grands avantages pour entretenir celle-ci.
Cest de cette dernière espèce d'honneur que je prétends parler, et rechercher quelle estime nous en devons faire, jusques à quel point nous sommes obligés de nous le conserver, comment nous nous y devons maintenir, lorsqu'on nous le veut ravir.
rappelle Thonneur, eu ce sens, l'estime que les hommes font de nous pour quelque bien qu'ils y considèrent ; mais il faut ici user de distinction ; car ou ils se trompent dans Fopinion qu'ils en ont, ou ils jugent véritablement. Ils jugent véritablement , et l'estime qu'ils font de nous est bien fondée , lorsque la chose qu'ils prisent en nous nous convient effectivement , et qu'elle est digne de louange ; c'est là le véritable et solide honneur : par exemple , lorsqu'on nous estime, ou pour les bonnes qualités du corps , comme la force, la disposition ; ou pour les dons de l'esprit, comme l'éloquence, la vivacité , la science. Mais comme ces avantages d'esprit et de corps sont de telle nature qu'ils peuvent être appliqua au mal, et qu'il n'y a que la vertu seule dont personne ne peut mal user, parce qu'elle ne serait plus vertu si l'on en faisait un mauvais usage, il s'ensuit que la vertu seule est essentidlement digne de louange , et par conséquent que le véritable honneur est attaché par nécessité à la pratique que nous en faisons. Aussi estce pour cette raison que les autres avantages de corps et d'esprit sont dignes d'honneur, par la disposition et facilité qu'ils nous donnent pour mettre en pratique ce que la vertu ordonne, comme la bonne disposition du corps pour être en état de s'employer plus utilement à la défense de sa patrie : tellement que le véritable honneur est attaché à la vertu seule , ou bien se rapporte à elle. Après avoir considéré cet honneur que l'on nous défère fondé sur un jugement véritable , il faut maintenant regarder celui qui est appuyé sur l'erreur.
Il n'y a qu'une vérité et qu'un droit chemin , mais on peut s'égarer par diverses voies; tellement qu'à cet lionnenr