SUB LES JUGEMENTS HUMAINS
craignez point de les suivre ; mais croyez que tout ce qui est au delà est un abîme effroyable, où notre audace insensée trouvera un naufrage infaillible.
Ce n*est pas assez , chrétiens , et nous avons remarqué que, même en nous élevant contre les péchés publics , nous tombons dans un autre excès. Nous exerçons surnos frères une espèce de tyrannie, nous prenons contre eux un esprit de dédain , et devenons tellement censeurs, que nous oublions que nous sommes frères. Tel était le vice des pharisiens : ce n*était pas la compassion de notre commune faiblesse qui leur faisait reprendre les péchés des hommes ; Us se tiraient hors du pair; et, comme s'ils eussent été les seuls impeccables, ils parlaient toujours dédaigneusement des pécheurs et des publicains ; ils s'érigeaient en censeurs publics, non point pour guérir les plaies et corriger les péchés , mais pour s*élever au-dessus des autres, et étaler magniOquement leur orgueilleuse justice. (Test pourquoi le Seigneur Jésus , les voyant approcher de lui dans cet esprit dédaigneux, il les confond par cette parole : « Celui , dit-il, qui est innocent, qu'il jette la première « pierre. »
Apprenons de là , chrétiens , en quel esprit nous devons juger, même des crimes les plus scandaleux ; gardons-nous de tirer aucun avantage de la censure que nous en faisons ; car n*aYons-nous pas reconnu que ce n'est pas à nous de rien prononcer, mais de suivre humblement ce que Dieu prononce? La lumière de vérité qui brille en nos âmes, et y condamne les dérèglements que nos frères nous rendent visibles dans leurs actions criminelles , n'est pas une prérogative qui nous soit donnée pour prendre ascendant sur eux ; mais c'est une impression qui se fait en nous de la justice supérieure par laquelle nous serons jugés tous ensemble. Ainsi prononçant par le même arrêt leur condamnation et la vôtre, pouvez-vous en tirer aucun avantage? et ne devez- vous pas au contraire être saisis de frayeur et de tremblement? Considérez le Sauveur, et voyez dans quel esprit de condescendance il dit à la femme adultère : Je ne te condamnerai pas. Si la