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faut-il qu° violer !ps plus saints devoirs que la religion nous impose? Posmmm, nous le pouvons; nous pouvons tout pour notre fortune, nous pouvons tout pour nous agrandir : mais s'il faut servir Jésus-Christ, s'il faut nous résoudre de nous séparer de ces objets qui nous plaisent trop, s'il faut rompre ces attachements et briser ces liens trop doux, c'est alors que nous commençons de ne rien pouvoir : Non possumus : « Nous ne pouvons pas. » Que sert donc de dire aujourd'hui à la plupart de mes audi> teurs : « N'éteignez pas l'esprit de la grâce? » Il est éteint, il n'y en a plus; cet esprit de fermeté chrétienne ne se trouve plus dans le monde : c est pourquoi les vices ne sont pas repris ; ils triomphent, tout leur applaudit ; et de ce grand feu du christianisme, qui autrefois a embrasé touf le monde, à peine en reste-t-il quelques étincelles. Tâchons donc de les rallumer en nous-mêmes, ces étincelles à demi éteintes et ensevelies sous la cendre.
Chrétiens, quoi qu'on nous propose, soyons fermes en Jésus-Christ, et dans les maximes de son Évangile. Pourquoi veut-on nous intimider par la perte des biens du monde? Tertullien a dit un bon mot, que je vous prie d'imprimer dans votre mémoire : Non admittit status fidei nécessitâtes * : « La foi ne connaît point de nécessités. » Vous perdrez ce que vous aimez. Est-il nécessaire que je le possède ? Votre procédé déplaira aux hommes. Est-ii nécessaire que je leur plaise? Votre fortune sera ruinée. Estil nécessaire que je la conserve? Et quand notre vie même serait en péril ; mais l'infinie bonté de mon Dieu n'expose pas notre lâcheté à des épreuves si difficiles : quand notre vie même serait en péril, je vous le dis encore une fois, la foi ne connaît pas de nécessités; il n'est pas même nécessaire que vous viviez: mais il est nécessaire que vous serviez Dieu : et quoi qu'on fasse, quoi qu'on entreprenne,