De ver. Rel., o» 91 t. Prov., XVI, Î
Z, Matth., xym. IS,
sente pressé de se corriger, et que, confondu par vos reproches, il se rende enfin digne de louanges.
Mais, avec cette fermeté et cette vigueur, gardez-vous bien de sortir des bornes de la discrétion : je hais ceux qui se glorifient des avis qu'ils donnent, qui veulent sV.n faire honneur plutôt que d'en tirer de l'utilité, et triompher de leur ami plutôt que de le servir. Pourquoi le reprenez-vous ou pourquoi vous en vantez-vous devant tout le monde? C'était une charitable correction, et non une insulte oatrageuçe que vous aviez à lui faire. Le Maître avait commandé ; écoutez le Sauveur des âmes : « Reprenez, dit-il *, entre vous et lui ; » parlez en secret, pariez à l'oreille. N'épargnez pas le vice, mais épargnez la pudeur, et que votre discrétion fasse sentir au coupable que c'est un ami qui parle.
Mais surtout venez animé d'une charité véritable ; pesez cette parole du Sauveur des âmes : « S'il vous écoute, ditil», vous aurez gagné votre frère. » Quoiqu'il se fâche, quoiqu'il s'irrite, ne vous emportez jamais. Faites comme les médecins; pendant qu'un malade troublé leur dit des injures, ils lui appliquent des remèdes: Audiunt eonvitium, 'prœbenf medicamentum, dit saint Augustin *. Suivez l'exemple de saint GypHeu, dont le môme saint Augustin a dit ce beau mot : qu'i\ reprenait les pécheurs avec une force invincible, et aussi qu'il les supportait avec une patience infatigable : Et veritatis libertate redarguU, et chavitatis «<••tuie sustinuit ^ .
Mais, pendant que le Fils de Dieu nous prépare avec tant de soin des avertissements autant charitables que termes et vigoureux, songeons à les bien recevoir. Apprenons de iuJ à connaître nos véritables amis et à les distinguer <ï'a-