I.Eccies., XXI, li 2. [Aie. m, n
rigoureux à nos frères. Quelle indignité et quelle injus tice î nous voulons que Dieu soutïie tout de nous, et nou» ne pouvons rien souffrir de personne. Nous exagérons sans mesure les fautes qu'on fait contre nous ; et l'homme, ver de terre, croit que le presser tant aoit peu du pied, c'est un attentat énorme, pendant qu'il compte pour rien ce qu'il entreprend hautement contre la souveraine majesté de Dieu et centre les droits de son empire I Mortels aveugles et misérables, serons-nous toujours si sensibles et si délicats? jamais n'ouvrirons-nous les yeux à la vérité? jamais ne comprendrons-nous que celui qui nous fait injure est toujours beaucoup plus à plaindre que nous qui la recevons ? que lui-môme, dit saint Augustin *, se perce le cœur pour nous effleurer la peau ; et qu'enfin nos ennemis sont des furieux qui, voulant nous faire boire, pour ainsi dire, tout le venin de leur haine, en font eux-mônies un essai funeste, et avalent les premiers le poison qu'ils nous préparent? Que si ceux qui nous font du mal sont des malades emportés, pourquoi les aigrissons-nous par nos vengeances cruelles, et que ne tâchons-nous plutôt de les ramener à leur bon sens par la patience et par la douceur?
Mais noua sommes bien éloignés de ces charitables dispositions. Bien loin de faire effort sur nous-mêmes pour endurer une injure, nous croyons nous dégrader et penser trop bassement de noûs-mômes, si nous ne nous piquions d'être délicat» dans les choses qui nous touchent, et nou^ pensons nous faire grands par cette extrême sensibilité. Aussi poussons-nous sans bornes nos ressentiments : noixs exerçons sur ceux qui nous fâchent des vengeances impi« toyables, ou bien noue nous plaisons de les accabler par qne vaine ostentation d'une patience et d'une pitié outraqui ne se remue que par dédaiu, et (pii feint d''hUt