I Tim.y
t. De Serni. Dom, m monte, lib. II, cap. XTiu, n* SO.
sons est si clairement précédée par celle qui est ettipreiiiie dans ia malice de l'acte, que le jugement que nous en portons, ne pouvant jamais être faux, ne peut par conséquent être téméraire. Mais il y a d'autres actions dont les motifs sont douteux et les intentions incertaines, qui peuvent être expliquées, ainsi que je l'ai dit, d'un bon ou d'un mauvais sens; de telles actions, dit l'Apôtre, ne portent pas bd elies-mêmes leur jugement, parce qu'il ne nous pkraît pas dans quel esprit on les fait : si bien que dans le jugement que nous en faisons, nous accommodons ordinairement non point notre pensée à la chose, mais la chose à notre pensée. Ainsi, dit le saint Apôtre, le jugenient ne précède pas dans la chose môme; nous ne recevons pas la loi, mais nous la donnons sans autorité. La sentence que noua prononçons n'est donc qu'une pure idée, le songe d'un homme qui veille, le jeu ou l'égarement d'un esprit qui bâtit en l'air, et qui feint des tableaux dans les nues ; mais le jugement véritable suivra en son temps.
Car viendra le grand jour de Dieu , où tous les sécréta des cœurs seront découverts, tous les conseils publiés, toutes les intentions éclaircies ; et en attendant, chrétiens, le jugement du Seigneur n'ayant pas encore paru, celui que nous porterions, en cela môme qtlt- très-souvent il pourrait être douteux et trompeur, serait toujours nécessairement téméraire et dangereux. Voilà les deux états de notre prochain, sur lesquels nous pouvons juger. 0 Dieu! que d'excès dans l'un et dans l'autre I que de soupçons téméraires, que de préjugés iniques! que de jugements précipités! Delicta quis intelligit^? Qui pourra entendre tous ces crimes? qui pourra démêler tous ces embarras? Pour vous en donner l'ouverture, je vous propose, en un mot, une maxime générale que je mets devant votre vue comme un flambeau Iwmineux, sous la conduite duquel vous pour