‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 116 sur 223 · ft. xna. li · texte numérisé non relu

ft. xna. li

SDR LES JUGEMENTS HUMAINS 28v

rez ensuite descendre au détail de vices particuliers dans (esauels nous tambons oar dos jugceinents

Cette merveiïieuse lumière que J'ai aujourd'hui à vous proposer, c'e*t, messieurs, cette vérité, que nous devons ssuivre Dieu, et juger autant qu'il décide; car ce beau commandement de ne juger pas., si souvent répété dans les {écritures, ne s'étend pas jusqu'à nous défendre de condamner ce que Dieu condamne ; au contraire, c'est notre devoir de conformer notre jugement à célUi de sa vérité. Non, non, ne croyez pas, chrétiens, que ce soit le dessein de notre Sauveur de faire un asile au vice, que l'on épargne le vice, ni qu'il triomphe; de le mettre à couvert du blâme, et de le laisser triompher sans contradiction: il veuJ qu'on le trouble, qu'on l'inquiète, qu'on le blâme, qu'op le condamne. Il faut condamner hautement les crimes publics et scandaleux ; bien loin qu'il nous soit défendu de les condamner, il nous est commandé de les reprendre, et d'aller quelquefois en les reprenant jusqu'à la dureté et à la rigueur, a Reprends-les durement, » dit le saint Apôtre : Increpa illos dare^ ; c'est-à-dire, qu'il faut presser les pécheurs, et leur jeter, pour ainsi dire, quelquefois au front des vérités toutes sèches, pour les faire rentrer en euxmêmes ; parce que la correction, qui a deux principes, la «harité et la vérité, doit emprunter ordinairement une certaine douceur de la charité, qui est douce et compatissante; mais elle doit aussi souvent emprunter quelque espèce ds rigueur et de dureté de la vérité, qui est inflexible.

Vous voyez donc qu'il nj3U3 est permis, bien plus, qu «J nous est ordonné de condamner hardiment les condu':ei scandaleuses des pécheurs publics; parce que, le juge'nent de Dieu précédant le nôtre, nous ne craignons pas ôfi noua égarer. Mais voici la règle immuable que nous de' ons observ^er : c'est de suivre Dieu simplement, sans rie'i usurper

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