‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 128 sur 223 · P<. CXTIII · texte numérisé non relu

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■i. Pt. MkV. 1.

laquelle l'emportera dans ce dernier jour? C'est ce que l'on ne peut savoir ; et, pour vous dire mon sentiment, ce sera plutôt la seconde.

Vous pensez peut-être, mes îïêres, que pendant que la mort nous enlève tout, on se résout assez aisément à tout quittai-) et qu'il n'est pas difficile de se détacher de ce qu'on va perdre. Mais si vous entrez dans le fond des cœurs, vous verrez qu'il faut craindre un effet contraire. En effet, il est naturel à l'homme de redoubler ses efforts pour retenir le bien qu'on lui ôte. Oui, mes frères, quand on nous arrache ce que nous aimons, on ressent tous les jours que cette violence irrite nos désirs; et l'âme, faisant alors un dernier elîort pour courir après un bien qu'on lui ravit, produit en elle-même cette passion que nous appelons le regret et le déplaisir. C'est ce qui fait qu'Agag, ce roi d'Amalec, qui wous est représenté dans les Écritures comme un homme de plaisir et du bonne chère, Agag pinguissimus, au moment de perdre la vie qu'il avait trouvée si délicieuse, pousse cette plainte du fond de son ccîur : Siccme séparât amara mors^? Est-ce ainsi que la mort amère sépare de tout? Vous voyez comme à la vue de la mort, qui lui arrache de vive force ce qu'il aime, tous ses désirs se réveillent par ses regrets mêmes, et qu'ainsi la séparation effective augmente dans ce moment l'attache de la volonté.

Qui ne craindra donc, chrétiens, que notre âme fugitive rj!^^ se retourne tout à coup en ce dernier jour à ce qui lui r- ^lu dans le monde désordonnément; que notre dernier soupir ne soit un gémissement secret de perdre tant de plaisirs; et que ce regret amer d'abandonner tout ne confirme, !)0ur ainsi dire, par un dernier acte, tout ce qui s'est passé rlans la vie? 0 regret funeste et déplorable, qui renouvelle en un moment tous les crimesj qui efface tous les regrets de la pénitence, et qui livre notre âme malheureuse

\. I Réf., XT, 3SL

et captive à une suite éternelle de regrets furieax et désespérants, qui ne recevront jamais d'adoucissement ni de remède ! Au contraire, un homme de bien, que les douleurs de la pénitence ont détaché de bonne foi des joies sensuelles, n'aura rien à perdre en ce jour; le détachement des plaisirs le désaccoutume du corps; et ayant depuis fort longtemps, ou dénoué, ou rompu ces liens délicats qui nous y attachent, il aura peu de peine à s'en séparer. Un tel homme dégagé du siècle, qui a mis toute son espérance en la vie future, voyant approcher la mort, ne la nomme ni cruelle ni inexorable ; au contraire, il lui tend les bras, il lui montre lui-même l'endroit où elle doit frapper son dernier coup. Omort! lui dit-il d'un visage ferme, tu ne me feras aucun mal, tu ne m'ôteras rien de ce qui m'est cher. Tu me sépareras de ce corps mortel; ô mort! je t'en remercie : j'ai travaillé toute ma vie à m'en détacher. J'ai tâché durant tout son cours de mortifier mes appétits sensuels; ton secours, ô mort ! m'était nécessaire pour en arracher jusqu'à la racine : ainsi, bien loin d'interrompre le cours de mes desseins, tu ne fais que mettre la dernière main à l'ouvrage que j'ai commencé. Tu ne détruis pas ce que je prétends; mais tu l'achèves. Achève donc, ô mort favorable l et rends-moi bientôt à celui que j'aime.

BVB NOS DISPOSITION»

i L'ÉGARD DES NÉCESSITÉS DE LA YIE

Objet des soins paternels de la Providence envers nous. A qui Dieu promet la subsistance nécessaire : étendue et nature de ses promesses. Quelles doivent être les dispositions de ses enfants à l'égard de cette vie mortelle, et de tout ce qui y a rapport. Nécessité de réprimer les désirs d'une cupidité insatiable : excès qu'elle produit dans le monde. Maximes qui doivent régler les sentiments des chrétiens au sujet de la grandeur : combien elles sont peu suivies. En qnelle manière Dieu confond les vaines pensées de l'ambitieiix.

Cum Bublevoiiet ergo oculos Jerut, et vidisiet quia vadiitudo maxima venit ad fi, dixit ad Philip fium : Unde ememu$ t ut manducent M ?

iéaut, ayant éleré sa vue et découvert nn frand people qui était Tenu à lui daus le dé- Mrt, dit à Philippe : D'en achèterons-nous des pains pour Boarrir tout ce monde qoi nous r

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