‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 130 sur 223 · I Tint., VI, S · texte numérisé non relu

I Tint., VI, S

que nous disons, quand nous prions Dieu comme notre père de nous donlper notre pain quotidien. C'est pourquoi il est nécessaire que nous tâchions aujourd'hui de l'apprendre, puisque roccasion en est toute née dans l'évangile qui se présente.

Pour exécuter un si grand dessein, et si fructueux au salut des âmes, il faut remarquer, avant toutes choses, trois degrés des biens temporels marqués distinctement dans notre évangile. Le premier état, chrétiens, c'est celui de la subsistance qui regarde le nécessaire ; le second naît de l'abondance qui s'étend au délicieux et au superflu ; le troisième, c'est la grandeur qui embrasse les fortunes extraordinaires : voyons tout cela dans notre évangile. Jésus nourrit le peuple au désert, et voilà ce qu'il faut pour la subsistance : Accepit ergo Jesvs panes, et distribuit discumbentibus^. Après qu'ils furent rassasiés, il resta encore douze paniers pleins : ColUgerunt et impleverunt duodecim c(yphinos fragmentorum, * ; et voilà manifestement le superflu. Enfin ce peuple, étonné d'un si grand miracle, accourt au Fils de Dieu pour le faire roi : Ut râpèrent eum, et facerent eum regern^; où vous voyez clairement la grandeur marquée. Ainsi nous avons dans notre évangile ces trois degrés des biens temporels, le nécessaire, le superflu, l'extraordinaire. La subsistance, c'est le premier; l'abondance, c'est le second; la fortune éminente, c'est le troisième.

Mais c'est peu de les trouver dans notre évangile, si nous ne sommes soigneux d'y chercher aussi quelque instruction importante pour servir de règle à notre conduite à l'égard de ces trois états ; et en voici, messieurs, de très-" importantes qu'il nous est aisé d'en tirer. Il y a troii vices

t. Joann., iv, il.

î. Ibid., 13.

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