Luc, ziL M
soins, mais non pas à vos vanités. Sa parole y est trôsexpresse : « Votre Père céleste, dit-il, sait que vous avez besoin de ces choses : » ScU enim Pater vesîer quia his omnibus indigetis^. Donc il se restreint dans le nécessaire, et il ne s'étend pas au superflu, et bien moins au délicat ni au somptueux. Il soutient la vie, et non pas le luxe; il promet de soulager la nécessité ; mais il ne se charge pas d'entretenir la délicatesse. Dans une grande famine, dont Dieu affligea les Israélites sous le règne de l'impie Achab, « Va-t'en à Sarephta, dit-il à Élie; c'était une ville des Sidoniens; tu y trouveras une veuve à Inquelle j'ai commandé de te nourrir : ;> Vade in Sarephta Sidonimum^ ei manebis ibi; prœcepi enim ibi mulieri viduœ ut pascat te. Et que demandera-t-il à cette veuve? Da mihi paululum aquœ in vùse ut bibam : <i Donne-moi, dit-il, un peu d'eau ; » et ensuite : « Fais-moi cuire un petit pain sous la cendre, avec un peu de farine : » Foc de ipsa farinula subcinericium pamm parvulum; et après : « Voici ce qu'a dit le Dieu d'Israël : » Hcec dicit Dominus Deus Israël : Eydria farinœ non deficiet, nec kcythus olei minuetur* : « Je ne veux pas, dit le Seigneur, ni que la farine se diminue, ni que la mv'.sure d'huile dépérisse. » Du pain, de l'eau et de l'huile, voilà le festin du prophète. Et au chapitre dix-neuvième il eiivoie un ange au même prophète, qui lui dit : « Lèvetoi, et mange; car il te reste à faire beaucoup de chemin : » Surge, comede; grandis emm tibi restai via^. Le prophète regarde, et voit auprès de lui un pain et de l'eau : Respexit^ et ecce ad caput suum subcimricius paras, et vas aquœ''. Quoil fallait-il envoyer un ange pour un si pauvre banquet? Oui, mes frères, ce banquet est digne de Dieu, parce qu'il juge digne de lui de soulager la nécessité, niais non pas d'en-
J. Matth., -w, 32.