De Orat., QO
S. De Civ. Dei, lib. I, cap. >izu
avant toutes choses à vous réduire simplement au pain, c'est-à-dire à vous contenter du nécessaire. Ah ! direz-vous, que cela est dur! C'est Févangile; le Fils de Dieu n'a dit .jue cela, n'en attendez pas davantage : Scit enim 'Pater vester quia his omnibus indigetis * : « car votre Père sait que vous avez besoin de toutes ces choses. »
Secondement, à qui promet-il cette subsistance nécessaire? est-ce à tout le monde indifféremment, ou particulièrement à ses fidèles? Écoutez la décision par son évangile : Quœrite primum regnum Bei^ : « Cherchez d'abord le royaume de Dieu; » il veut dire : Le royaume de Dieu est le principal, les biens temporels ne sont qu'un léger accessoire, et je ne promets cet accessoire qu'à celui qui recherchera ce principal : Quœrite primum. C'est pourquoi, dans rOraison dominicale, il ne nous per^aet de parler du pain qu'après avoir sanctifié son nom et demandé le royaume, pour vérifier cette parole : Cherchez premièrement le royaume ; c'est une remarque de Tertullien'. Ainsi la vérité de cette promesse ne regarde que ses fidèles. Ce n'est pas que je veuille dire qu'il refuse généralement aux pécheurs les biens temporels, lui « qui fait luire son soleil sur les bons et sur les mauvais, et qui pleut sur les justes et sur les injustes* : » et pourquoi nourrit-il si soigneusemenl ce grand peuple qui le suit? Mais, quoiqu'il donne beaucoup à ses ennemis, remarquez, s'il vous plaît, messieurs, qu'il ne s'engage qu'à ses serviteurs. Quœrite primum regnum Dei : et la raison en est évidente, parce qu'il n'y a qu'eux qui soient ses enfants et qui composent sa famille ; ils ont cherché le royaume, il leur a voulu ajouter le reste. Toi donc, mon frère, qui te plains sans cesse de la ruine de ta fortune et de la pauvreté de ta maison,
i. Maitb., VI, 32.
î. Ibid., 33.