‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 135 sur 223 · Matth., y, 4ft · texte numérisé non relu

Matth., y, 4ft

A L'ÉGARD DES NÉCESSITÉS DE LA VIE v5Î23

mets la main sur ta conscience : as-tu cherché le royaume de Dieu? as-tu fait ton affaire principale de sa vérité et de sa justice? N'as-tu pas au contraire employé tes biens, ou pour opprimer l'innocent, ou pour contenter tes mauvais désirs par les voluptés défendues? Dieu a maintenant retiré sa main, et te laisse dans l'indigence; ne murmure pas contre lui, ne dispute pas contre sa justice, tu n'as point de part à sa promesse.

Troisièmement, messieurs, et voici ce qu'il y a de plus important, ce n*est pas le dessein de notre Sauveur de donner même à ses fidèles une certitude infaillible de ne souffrir jamais aucune indigence. Lorsque Dieu, irrité contre son peuple, appelait la famine sur la terre, comme parle l'Écriture sainte : Vocavit Dominus famem super terram^^ pour désoler toutes les familles, nous ne lisons pas, chrétiens, que les justes fussent exempts de cette affliction Mniverselle : au contraire, vous avez vu le prophète Élie réduit à demander un morceau de pain ; et saint Paul, racontant aux Corinthiens ses incroyables travaux, leur dit qu'il a souffert la faim et la soif, et le froid et la nudité ; In famé et siti... in frigore etnuditat,* : et le môme, parlant aux Hébreux de ces fidèles serviteurs de Dieu dont le monde n'était pas dign-e, et dont la vertu était persécutée, nous les représente affligés, dans la pauvreté et dans la misère : EgenteSj angustiati, affUcti^. Par conséquent, il est clair que Dieu ne promet pas à ses serviteurs qu^ils ne souffriront point de nécessité, puisque le contraire nous paraît par tant d'exemples. Et en effet, si nous entendons toute la suite de l'évangile, il nous est aisé de connaître que ce n'est pas assez au Sauveur de nous détacher simplement de l'agréable et du superflu, comme je voua ctisaid

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