‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 136 sur 223 · Ueift., XI, a · texte numérisé non relu

Ueift., XI, a

.*>i SERMON SUR NOS DISPOSITIONS

tout à l'heure, mais qu'il nous veut mettre encore au-dessus de ce que le monde estime le plus nécessaire. Car il n« nous prêche pas seulement le mépris du luxe et des vani' tés, mais encore de la santé et de la vie. C'est pourquoi Tertullien a dit que la foi ne connaît point de nécessité Non admittit status fidei nécessitâtes^. Si elle ne craint pas la mort, combien moins la faim? « Si elle méprise la vie, combien plus le vivre? » Bidicit non respicere vitam, quanta magis victum^^ Il importe peu à un chrétien de mourir de faim ou de maladie, par la violence ou par la disette. « Ce genre de mort, dit Tertullien, ne lui doit pas être plus terrible que les autres : » Scit famem non minus sibi contemnendam esse propter Deum, qimm omne mortis genus^ : pourvu qu'il meure en Notre-Seigneur, toute manière de mourir lui est glorieuse; l'épée ou la famine, tout lui est égal, et ce dernier genre de mort ne doit pas être plus terrible que tous les autres.

Ne craignons donc pas d'avouer que les plus fidèles serviteurs peuvent être exposés à mourir de faim; et s'il est ainsi, chrétiens, ce serait une erreur de croire que ce fût l'intention de notre Sauveur de les garantir de cette mort plutôt que des autres. Mais pourquoi donc leur a-t-il promis qu'en cherchant soigneusement son royaume, toutes les autres choses leur seront données? ses paroles sontelles douteuses? sa promesse est-elle incertaine ? A Dieu ne plaise qu'il soit ainsi ! mais voici ce qu'il faut entendre : nous sommes enfin arrivés au fond de l'affaire. Donnez-moi de nouveau vos attentions.

Comme il y a on l'homme deux sortes de biens, le bien de l'âme et le bien du corps, aussi il y a deux genres d.» promesses que je remarque dans r'évangile : Itâ aafîs ^)*

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