‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 138 sur 223 · S. Petr. Chrysol., serm. cxxv, de Villic. iniq · texte numérisé non relu

S. Petr. Chrysol., serm. cxxv, de Villic. iniq

A L'ÉGARD DES NÉCESSITÉS DE LA VIE 33 î

exemple de l'Écriture : Dieu avait marqué aux Israélites une certaine mesure pour prendre la manne ; tout ce que l'avidité entassait au-dessus se trouvait le matin changé en vers ^ Pour nous apprendre, mes frères, que de se vouloir remplir par-dessus la juste mesure ce n'est pas amasser, mais perdre et dissiper entièrement. En vain t'es-tu soûlé à cette table, tu as pris, dit saiut Ghrysostome », plus ie pourriture-, et non pas plus de substance ni plus d'aliment : la nature connaît ses bornes, et tout le reste la surcharge. La simplicité de ce logis suffisait pour te mettre à couvert ; toute cette pompe, que l'ambition y a ajoutée, ne sert plus de rien à la nature ; tout cela est perdu pour elle, ce n'est plus qu'un amusement et un vain spectacle des yeux. Je laisse, messieurs, toutes ces pensées, et voici à quoi je m'arrête.

Il n'y a rien qui ne soit plus perdu que ce que vous employez à contenter un insatiable. Or, telle est votre convoitise : c'est un gouffre toujours ouvert, qui ne dit jamais : « C'est assez '^; » plus vous jetez dedans, plus il se dilate; tout ce que vous lui donnez ne fait qu'irriter ses désirs. Il n'est donc rien qui ne soit plus perdu que ce que vous jetez dans cet abîme; il n'est rien de plus perdu que ce que vous donnez pour la contenter, puisque jamais elle ne se contente. C'est ce qu'il nous faut méditer. Je vous prie, messieurs, de me suivre pendant que je m'en vais vous représenter la prodigieuse dissipation que lait l'excès de nos convoitises.

Le première chose qui nous fait connaître son avidité snfinie, c'est qu'elle compte pour rien tout le nécessaire. Cela est trop commun, et par conséquent ne la touche pas. ïl est venu dans le monde une certaine bienséance imagi'

l. K.rod , iv:, 16, 19, 20.

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