‹ Sermons choisis de BossuetChapitre 141 sur 223 · ConU JuL, lib. IV, cap. xi\, n · texte numérisé non relu

ConU JuL, lib. IV, cap. xi\, n

Mais, dites-vous, je l'ai amassé ce superflu justement : tt fallait donc le dépenser de même. [Il ne suffisait pas de ne] point [faire] de rapines : « Vous avez tué ceux que vous n'avez pas assistés : » Occidisti quia non pavisti^. ^âaiis ceuxci faisaient de la sorte : aussi voyez-vous qu'ils sont cités pour le même fait, et tremblent avec vous devant le Juge. Jusques à quand m'alléguerez-vous de mauvais exemples? Ah ! qu'il est nécessaire d'y bien penser ! prenez garde, messieurs, à ce superflu qui vous écoule des mains si facilement. Mais nous reste-t-il encore assez de temps pour parler de la grandeur extraordinaire ? Tranchons ce discours en un mot, pour dégager notre parole.

TROISIÈME POINT

J'ai encore à vous proposer deux maximes très-importantes pour régler les sentiments des chrétiens sur le suje* de la grandeur. J'ai appris l'une de saint Augustin, et l'autre du grand pape saint Léon ; et toutes deux sont tirées de leurs épîtres. Pour ne vous être point ennuyeux, je vous les rapporterai simplement, sans ajouter que fort peu de choses aux paroles de ces deux grands hommes, seulement pour en faire entendre le sens; je laisserai à vos dévotions, de le méditer à votre loisir. Saint Augustin, mes frères, dans son épître, instruisant la veuve sainte Probe, cette illustre dame romaine, de quelle sorte les chrétiens pouvaient désirer pour eux ou pour leurs enfants les charges et les dignités du siècle, le décide par cette belle distinction. Si on les désire non pour elles-mêmes, mais pour faire du bien aux autres qui sont soumis à notre pouvoir : Si ut per hoc consulant eis qui vivunt sub eis, ce désir peut être permis ; que si c'est pour contenter leur ambiMon par une

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